L’Iran réaffirme la nature pacifique de son programme nucléaire et espère des négociations mutuellement bénéfiques – EXCLUSIF
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Téhéran n’a jamais quitté la table des négociations sur le programme nucléaire iranien et n’a jamais craint le dialogue. Toutefois, il doit être convaincu que ces négociations ne seront pas une perte de temps.
Selon la partie iranienne, les discussions doivent être ciblées, orientées vers des résultats concrets, et fondées sur le principe du "gagnant-gagnant", dans lequel toutes les parties concernées bénéficient des résultats et en sortent satisfaites.
Dans une interview accordée à « Armenpress », le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, M. Esmaïl Baghaei, a abordé la possibilité de reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis sur le dossier nucléaire, ainsi que les discussions en cours avec les pays du groupe E3.
Lors de cet entretien réalisé à Téhéran, le 29 juillet, le porte-parole a également évoqué la dernière agression israélienne contre l’Iran, soulignant que cette attaque constituait un acte d’agression selon toutes les définitions du droit international et de la Charte des Nations unies.« Il s’agissait d’une violation flagrante de l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies, qui interdit le recours à la force », a déclaré M. Baghaei.
À la question de savoir quelles mesures le gouvernement iranien a prises pour surmonter les conséquences de cette attaque, il a répondu que des démarches diplomatiques intensives avaient été engagées et que le dossier avait été porté devant les instances internationales compétentes.
L’entretien a eu lieu à Téhéran, le 29 juillet.
— Bonsoir, Monsieur Baghaei. Merci d’avoir accepté notre invitation à cet entretien. Pourriez-vous nous présenter la situation post-conflit dans la région après l’agression d’Israël contre l’Iran ? Quelles mesures le gouvernement iranien a-t-il prises pour faire face aux conséquences de cette attaque ?
— Merci. Il s’agit d’un acte d’agression au regard de toutes les définitions du droit international et de la Charte des Nations Unies. C’est une violation flagrante de l’article 2, paragraphe 4 de la Charte, qui interdit le recours à la force. Ainsi, cette attaque armée contre l’Iran était illégale et criminelle sous tous les aspects.
Ce qui est important, c’est que cette agression a été perpétrée au cours d’un processus diplomatique. Nous étions en négociation avec les États-Unis. Une rencontre était prévue pour le 15 juin, mais deux jours avant cette date, l’attaque a commencé. C’est pourquoi nous la considérons comme une trahison à l’égard de la diplomatie, et personne ne peut imaginer que cette agression ait été menée sans coordination ni collaboration avec les États-Unis.
À présent, nous cherchons à transformer ce moment, issu de cet acte illegal, en une opportunité pour renforcer l’unité de notre peuple. Ce fut une catastrophe. Personne n’aime la guerre ni les affrontements. Mais dans le même temps, cette agression a permis au peuple iranien de s’unir davantage et de comprendre que le régime israélien est son véritable ennemi. Cela nous rend plus forts, plus préparés et plus unis pour faire face à toute attaque future.
-Monsieur Baghaei, existe-t-il une situation dans laquelle Téhéran serait prêt à reprendre les négociations avec les États-Unis concernant le programme nucléaire iranien ?
– Nous étions en train de négocier. Comme je l'ai dit, nous étions engagés dans un processus diplomatique. Ils ont agi de manière à transformer une confiance déjà nulle en une méfiance active. Actuellement, il n'existe littéralement aucune confiance, car ils ont abusé de ce processus diplomatique.
Mais, comme nous l’avons toujours affirmé, l’Iran n’a jamais quitté la table des négociations, car nous avons une confiance totale dans la nature pacifique de notre programme nucléaire.
Nous sommes convaincus que notre programme nucléaire est légal, légitime et soumis à un contrôle strict de l’AIEA.
Veuillez noter qu’à l’heure actuelle, nous sommes en pourparlers avec le trio européen (ndlr : la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni).
Vendredi dernier à Istanbul, nous avons tenu un autre cycle de négociations avec le trio européen. Ainsi, nous n’avons pas peur des négociations. Cependant, nous devons également être sûrs que ces négociations ne seront pas une simple perte de temps. Elles doivent être ciblées, orientées vers des résultats et fondées sur le principe du "gagnant-gagnant" (ndlr : une situation dans laquelle les deux parties à un conflit ou à une négociation en tirent des bénéfices et se déclarent satisfaites).
– Comment évaluez-vous les négociations avec les pays du trio européen à Istanbul ?
– Je n’étais pas présent, mais mes collègues m’en ont informé. Ils m’ont dit que les discussions ont été franches et directes, car nous avons profité de cette occasion pour rappeler aux Européens qu’ils se sont très mal comportés lors de l’agression israélo-américaine contre l’Iran. En effet, il est du devoir de tout État membre des Nations Unies de prendre une position ferme contre une attaque illégale envers un autre État membre. C’est là le fondement de la sécurité collective, tel qu’établi par la Charte des Nations Unies. Ils ne l’ont pas fait.
Notre attente minimale était que, lorsqu’ils ont été témoins des attaques illégales menées par le régime israélien contre notre programme nucléaire pacifique, ils réagissent. C’était leur obligation générale au regard de la Charte des Nations Unies, mais aussi leur obligation spécifique en tant que parties à l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA, ndlr : accord signé en 2015 entre l’Iran, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie, la Chine, ainsi que l’UE et l’ONU). Ils devaient réagir. Ils devaient condamner ces attaques. Ils sont parties prenantes à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée par consensus en 2015, avec la participation du trio européen. Ils avaient le devoir de réagir face à ces actions illégales d’Israël et des États-Unis.
Mais ils ne l’ont pas fait. Pire encore, certains pays européens, y compris l’Allemagne, ont tenté de justifier cette agression. C’est totalement inacceptable. Mes collègues ont saisi cette opportunité pour leur rappeler qu’ils n’ont pas respecté leurs obligations juridiques au titre de la Charte de l’ONU, qui les engage à condamner tout acte d’agression.
Concernant le dossier nucléaire, les parties ont échangé des idées sur la manière de reprendre les négociations et de relancer le dialogue autour de deux aspects concrets : premièrement, la levée des sanctions, et deuxièmement, les mesures de transparence prises par l’Iran pour garantir que notre programme nucléaire conserve un caractère exclusivement pacifique. En substance, ils ont discuté de différentes propositions et sont convenus de se rencontrer à nouveau prochainement.
– Quand aura lieu cette prochaine rencontre ?
– Je ne sais pas. Ils restent en contact. Aucune date précise n’a encore été fixée, mais je suis sûr qu’elle n’aura pas lieu trop tard.
– Voyez-vous un risque que des opérations militaires contre l’Iran reprennent ?
– Écoutez, nous devons être prêts. Nous comprenons que le régime israélien s’est toujours appuyé sur le terrorisme et la guerre. Si vous étudiez l’histoire du régime israélien au cours des huit dernières décennies, vous verrez qu’ils n’ont jamais hésité à déclencher des guerres et des actes d’agression contre les pays de la région.
C’est pourquoi, forts de notre expérience, nous avons appris que nous devons être prêts à tout scénario à tout moment.
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