Ararat Mirzoyan: les infrastructures fonctionneront dans le cadre de la souveraineté et de la juridiction de la République d’Arménie, sans aucun contrôle d’une tierce partie
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Le ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie, Ararat Mirzoyan, considère comme historique l’événement qui a eu lieu à la Maison-Blanche, notamment la signature préliminaire de l’accord sur la paix et l’établissement de relations interétatiques, qu’il estime être une étape essentielle dans le processus de normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Selon lui, cette signature préliminaire marque, en substance, le début de la phase d’institutionnalisation de la paix. Comme le rapporte « Armenpress », Ararat Mirzoyan a fait cette déclaration lors d’une interview accordée à Washington, revenant sur les résultats des rencontres dans la capitale américaine.

Question - Comment évaluez-vous les résultats des rencontres à Washington ?
Réponse - Pour être bref, ce qui s’est passé à la Maison-Blanche est, bien sûr, un événement historique. Je fais avant tout référence à la signature préliminaire de l’accord sur la paix et l’établissement de relations interétatiques, qui a constitué une étape majeure dans le processus de normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Par cette signature préliminaire et les déclarations publiques orales qui ont suivi, il a été annoncé que la paix, dans le sens de l’absence d’escalades à la frontière, est déjà établie et que, de fait, commence la phase d’institutionnalisation de la paix.

Dans l’ensemble, on peut dire la même chose au sujet du déblocage et de la remise en service des infrastructures. Je ne voudrais pas créer une fausse impression : une étape très importante et fondamentale des négociations sur les principes généraux de mise en service des infrastructures vient de s’achever, mais ce n’est qu’une seule étape. Il reste un énorme travail à accomplir pour préciser et convenir des conditions plus concrètes et des solutions techniques.
Je tiens également à ajouter que les accords consignés dans la Déclaration de Washington acquièrent manifestement encore plus de poids grâce à la participation de la partie américaine et à la signature du Président des États-Unis en tant que témoin.
Question - En parlant des infrastructures, on constate, notamment autour du point 3 de la Déclaration de Washington, des divergences d’interprétation et des commentaires variés de la part d’experts et de représentants de différents courants politiques. Quelle est votre perception ?
Réponse - Mais il n’y a pas lieu à diverses interprétations. Ce qui est convenu, c’est ce qui est écrit, il faut lire ce qui est écrit, le comprendre tel que c’est écrit, ni plus ni moins.
Et ce qui est écrit, c’est que la mise en service des infrastructures, y compris celles qui seront construites sur le territoire de l’Arménie en partenariat avec nos partenaires américains, s’effectue dans le respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de la juridiction des pays, et qu’elle garantit des avantages mutuels.
Encore une fois, quelles que soient les solutions techniques, qui doivent encore être discutées, elles ne pourront pas sortir du cadre que je viens d’indiquer.
Les autres commentaires sont le fruit de l’imagination ou bien une tentative de tromper les gens. On ne peut qu’être surpris de voir comment, avec l’obstination bien connue d’un certain animal, certains « experts indépendants » ou partis « dépendants » continuent de propager des termes qui, en réalité, n’ont jamais été acceptés par nous par le passé, et qui ne figurent pas non plus aujourd’hui dans la Déclaration de Washington.
Je tiens encore une fois à souligner ce qui est écrit noir sur blanc : toutes les infrastructures fonctionneront dans le cadre de la souveraineté et de la juridiction des États, et il n’y aura aucun contrôle de la part d’une tierce partie. Je pense qu’il est impossible de dire les choses plus clairement que cela.
Mais je proposerais de constater encore une autre réalité essentielle, que j’oserais qualifier de pierre angulaire : grâce à l’accord obtenu dans la Déclaration de Washington, l’Arménie est désenclavée, un objectif que la République d’Arménie poursuit depuis 35 ans. Désormais, l’Arménie obtient un accès et pourra utiliser les infrastructures ferroviaires de l’Azerbaïdjan pour son commerce international.
Question - Il y a également des spéculations concernant l’Accord de paix.
Réponse - Nous avons eu à plusieurs reprises l’occasion de dire que le contenu de l’Accord de paix est, pour l’essentiel, déjà connu du public ; nous avons indiqué ce qu’il contient et ce qui, assurément, n’y figure pas. Le 11 août, comme convenu avec la partie azerbaïdjanaise, le texte de l’accord préalablement signé sera rendu public. Avec la présomption de bonne foi, à partir de ce moment-là, toutes les spéculations cesseront tout simplement.
Question -Au cours de la visite, il y a également eu des rencontres bilatérales et des mémorandums ont été signés. Qu’est-ce que cela signifie, notamment pour le partenariat stratégique entre l’Arménie et les États-Unis ?
Réponse - Effectivement, la visite a également été importante du point de vue de l’avancement des relations bilatérales entre l’Arménie et les États-Unis. Lors de la rencontre entre Pashinyan et Trump, il a été possible d’aborder un certain nombre de questions inscrites à l’ordre du jour du partenariat stratégique, et trois mémorandums ont été signés.
Le mémorandum sur le développement des capacités du projet « Carrefour de la Paix » exprime le soutien des États-Unis au projet « Carrefour de la Paix », souligne le rôle important de l’Arménie en tant que carrefour régional de transport et réaffirme le soutien sans équivoque des États-Unis à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’inviolabilité des frontières internationalement reconnues de l’Arménie. Il vise à promouvoir les infrastructures et la sécurité frontalière de l’Arménie. Il inclut également la promotion des investissements privés et le renforcement des capacités douanières et frontalières.
Le mémorandum sur l’intelligence artificielle et l’innovation dans le domaine des semi-conducteurs vise à approfondir considérablement la coopération dans le secteur des hautes technologies, en développant l’écosystème des semi-conducteurs et les applications de l’intelligence artificielle. Il souligne l’importance des investissements privés et du partenariat public-privé, ainsi que des partenariats académiques. Les parties s’engagent à promouvoir la formation de la main-d’œuvre et à renforcer la coopération technologique. Elles ont également l’intention de travailler à la création des conditions nécessaires pour améliorer le statut de l’Arménie dans le cadre du contrôle des exportations des États-Unis.
Le mémorandum sur la sécurité énergétique a pour objectif de soutenir la stabilité énergétique de l’Arménie et la modernisation de son système énergétique, de favoriser les investissements du secteur privé, ainsi que de développer la coopération nucléaire civile. Le document prévoit également la promotion de la coopération énergétique régionale et le développement des capacités professionnelles, renforçant ainsi l’autosuffisance énergétique de l’Arménie.
En ce qui concerne la mise en œuvre de ces accords et d’autres volets du partenariat stratégique, il a été convenu avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio d’intensifier prochainement le travail conjoint.
En résumé, il faut noter que l’atteinte de cette étape a nécessité des mois de travail minutieusement planifié, et que, dans la phase actuelle, l’ampleur et le contenu des travaux devront être encore élargis. Hier, le président Trump a signé le décret créant un groupe de travail chargé de la mise en œuvre du programme « Voie Trump pour la paix et la prospérité internationales ». Dans un avenir proche, nous attendons à Erevan des discussions de haut niveau à ce sujet, afin de saisir ce moment important pour léguer aux générations futures un Caucase du Sud plus interconnecté.


