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«Je suis heureux de présenter l’héritage du grand chansonnier»: Titiano, «La voix d’Aznavour», évoque l’Arménie, ses concerts et ses projets

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«Je suis heureux de présenter l’héritage du grand chansonnier»: Titiano, «La voix d’Aznavour», évoque l’Arménie, ses concerts et ses projets

Le jeune chanteur français Titiano a découvert très tôt qu’il pouvait interpréter les chansons du célèbre auteur-compositeur-interprète Charles Aznavour d’une manière telle que même les grands admirateurs du maître avaient parfois du mal à distinguer leurs voix.

Comme Aznavour en son temps, Titiano a dû beaucoup travailler et frapper à de nombreuses portes afin d’être reconnu à sa juste valeur. Aujourd’hui, il est connu comme « la voix d’Aznavour ».

Avec une approche singulière, un grand sens des responsabilités et beaucoup d’amour, le chanteur interprète les grands succès d’Aznavour en leur donnant une nouvelle interprétation. Il se prépare également à sortir ses propres chansons, avec l’espoir qu’elles sauront elles aussi conquérir le public.

Titiano se rend régulièrement à Erevan. Il est récemment revenu en Arménie afin de se produire en concert dans plusieurs régions du pays.

La correspondante d’Armenpress n’a pas manqué l’occasion de rencontrer l’artiste et d’échanger avec lui.

-En France comme en Arménie, vous êtes connu comme « la voix d’Aznavour ». Quand avez-vous découvert que vous pouviez chanter comme le grand chansonnier ?  

- Dès mon plus jeune âge. Mais un jour, j’ai publié l’une de mes interprétations sur les réseaux sociaux, et quelqu’un m’a dit : « Tu as le timbre de voix de Charles Aznavour, tu dois chanter ».  Alors j'ai essayé hier encore la chanson « Hier encore » sur TikTok. Et là, ça a fait boum. J'ai eu un million de vues en quelques jours. Et depuis, je me suis « Aznavourisé » comme on dit en France. J'ai fait que du Charles Aznavour.  

-Si je ne me trompe pas, les membres de votre famille écoutaient beaucoup les chansons d’Aznavour. Peut-on dire que cela explique également votre attachement à son œuvre ?

-  Oui, bien sûr. Dans ma famille, tout le monde aime Charles Aznavour. Que ce soit mon grand-père, mes grands-parents, mes parents et mes oncles, tantes.J'ai grandi avec Charles Aznavour. C'est ma jeunesse.  

Malheureusement, mon père ne m’a pas beaucoup soutenu dans cette voie, mais ma mère et ma sœur m’ont toujours encouragé et poussé  à faire ce que j’aime.

-Les chansons d’Aznavour sont d’une grande sincérité et profondément émotionnelles, ce qui lui a permis de toucher l’âme et le cœur des gens. Quelle chanson de son répertoire occupe une place particulière pour vous ?

-  Les chansons de Charles Aznavour sont très profondes. Ce sont même des poètes pour moi. Charles Aznavour est un poète.

Et celle qui me plaît le plus, peut-être parce que j'ai commencé par elle, c'est « Hier encore ». Plus je grandis, plus je la comprends. Parce que mes 20 ans sont déjà loin. Hélas ! Tu parles de « I love » ? « Hier encore » a été créé par Aznavour quand il était déjà au sommet de sa carrière.

- Aznavour était au sommet de sa gloire lorsqu’il a écrit Hier encore. Dans le film qui lui est consacré, il y a une scène où il dit qu’il est arrivé à un moment de sa vie où il a l’impression d’avoir tout, et qu’il lui est difficile de vivre ainsi, car il aime se battre. Il est étonnant que cette chanson, qui reflète une expérience aussi personnelle, soit justement celle qui vous correspond…

-  Oui, en effet. J'aime les vieilles chansons françaises, mais pour moi c'est celles qui ont le plus d'âme. Notamment cette chanson « Hier encore ». Pour moi c'est une chanson qui perdura pendant les années. On le voit encore maintenant, les jeunes comme moi l'aiment. Donc je suis très content d'aimer encore ce genre de musique. J'adore cette musique parce que j'aime les chansons anciennes, mais elles ont une âme.

-Avant de conquérir les scènes internationales, Aznavour a dû traverser de nombreuses épreuves. À quelles difficultés êtes-vous confronté ?

-   Charles Aznavour a longtemps galéré, c'était un galérien. Il est sorti tard. Mais moi aussi, on peut dire que j'ai un peu eu cette situation.  Ça fait plus de 10 ans que j'essaye de chanter.

 En fait, j'ai été à l'armée quand j'avais 19 ans. Et ensuite, juste après l'armée, j'ai décidé d'être chanteur.

Donc j'ai tout fait pour, j'ai chanté, j'ai fait des vidéos, j'ai vu des personnes faire de la télé, j'ai vu plein de monde pour essayer, mais c'est dur, tous les jours, tous les jours. Donc à côté de ça, j'ai fait du travail difficile, du travail manuel, enfin plein de travail, j'ai touché à tout. Donc maintenant, j'y arrive enfin, petit à petit. 

Donc je suis très heureux de ne pas avoir abandonné et d'avoir continué de croire en moi et en mon rêve.

-C’est la première fois que vous vous êtes produit en concert solo en Arménie il y a deux ans. Pouvez-vous nous raconter comment est née votre collaboration avec notre pays et notre orchestre ?

- Lorsque je suis venu en Arménie pour la première fois, je me suis un peu stressé, je ne connaissais pas l'Arménie. J'avais juste entendu parler de l'arménie grâce à Charles Aznavour.

Je savais simplement qu’il était éloigné de la France et situé près de la Russie. Donc ma famille avait peur pour moi,elle disait où tu vas tout seul, parce que j'étais tout seul, mais  

je suis venu ici,  elle disait où tu vas tout seul, parce que j'étais tout seul, mais je suis venu ici, j'ai été agréablement surpris par votre accueil, votre chaleureux accueil, votre amour pour votre pays, pour Aznavour, et tout s'est très bien passé avec l'orchestre et l'orchestre, tout s'est très bien passé avec les musiciens, avec l'équipe, avec la manager Maria maintenant, c'est grâce à elle que je suis là aujourd'hui, vraiment je ne pensais pas que j'allais tomber amoureux de votre pays.

-Ces dernières années, vous avez même essayé de vivre en Arménie. Comme nous l’avons compris au début de notre entretien, vous avez également appris l’arménien. Qu’est-ce que vous appréciez particulièrement dans notre pays et dans notre ville ?

- En hiver, il fait très froid ici, mais j’aime malgré tout être en Arménie, car les Arméniens sont des gens très chaleureux, et cela compense largement le froid et les conditions météorologiques.

J’apprécie beaucoup de choses dans votre pays, mais ce que j’aime le plus, c’est votre hospitalité, votre sens de l’accueil, votre culture, ainsi que votre amour, notamment votre attachement aux Arméniens, à votre peuple, votre fierté et votre capacité à être fiers de ce que vous êtes. Je prends exemple sur vous.

- Merci pour ces paroles chaleureuses. Comment est née l’idée de vous produire dans les régions d’Arménie ?

- Je souhaite vraiment mieux connaître votre pays. Erevan ne représente pas toute l’Arménie. Pour moi, il est important de découvrir toutes vos régions, leur culture locale, leur cuisine et leur mode de vie.

Je veux voir tout cela de mes propres yeux, car je pense que c’est quelque chose de très beau.

J’ai déjà visité de magnifiques villes, comme Kapan et Goris. Le Syunik est une région unique.

Dans les régions, il n’est probablement pas fréquent d’entendre la voix d’Aznavour. Je souhaite que les habitants de ces territoires puissent eux aussi vivre cette émotion.

- J’espère que le public des régions vous accueillera avec autant de chaleur que celui d’Erevan. En dehors des œuvres d’Aznavour, quelles autres chansons allez-vous interpréter ? Je me souviens que lors de votre précédent concert, vous aviez chanté en arménien.

-Je vous remercie beaucoup d’avoir assisté à mon concert. J’espère qu’il vous a plu.

Comme je l’ai dit précédemment, j’apprends l’arménien et j’apprends également des chansons arméniennes, comme Khent Aghjik, Hayi Acher et d’autres encore.

J’ai aussi prévu de créer une chanson arménienne sur Erevan. Donc j'attends le bon moment, mais ça va être la surprise. J'ai la chance de collaborer avec l'orchestre symphonique de Gyumri, avec le chef d'orchestre Armen Karchyan.

Donc je pense que c'est une incroyable opportunité pour moi de me faire connaître dans les régions et de vivre une expérience unique avec des professionnels et d'être soutenu.  

-Et sur votre coopération avec Eric Wilm, vous allez enregistrer un album ensemble. Votre collaboration avec Éric Wilms, le pianiste de Charles Aznavour et le chef de son orchestre, est particulièrement intéressante. Quelles chansons trouverons-nous là-bas ?

-Éric Wilms a été pendant 25 ans le pianiste et le chef d’orchestre de Charles Aznavour. Il a été l’un des premiers à reconnaître mon talent professionnellement. Du coup, à force de collaborer avec lui, nous allons créer ensemble un album dans le style de Charles Aznavour, parce que c'est ce qui me va le mieux. J'espère que les gens vont l'accepter, tout autant qu'ils acceptent mes chansons de Charles Aznavour.

- Et quand pouvons-nous espérer vous revoir en concert à Erevan ?

- J’ai l’opportunité de travailler étroitement avec l’Orchestre national philharmonique d’Arménie.  J'espère faire très prochainement un autre grand concert, mais peut-être que cet été il y aura un concert sur le rooftop de l'Aram Khachatryan.

- Je vous remercie encore une fois d’avoir accepté notre invitation. Je vous souhaite des salles combles et beaucoup de succès.    

- Merci à vous.

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