Le soutien de la France à l’Arménie est inconditionnel, il est entier, et il est constant: la Fête nationale française célébrée en grande solennité à Erevan
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À l’Ambassade de France en République d’Arménie, la Fête nationale de la République française, marquant la prise de la Bastille, a été célébrée avec une grande solennité.
Selon Armenpress, la cérémonie a réuni l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Arménie, Olivier Decottignies, le vice-Premier ministre arménien Mher Grigoryan, les chefs des missions diplomatiques étrangères accréditées en Arménie ainsi que de nombreux autres responsables.
Souhaitant la bienvenue aux invités et les remerciant de leur présence à l’occasion de la Fête nationale, l’ambassadeur de France a souligné que celle-ci coïncidait cette année avec le dixième anniversaire de l’attentat meurtrier perpétré par l’organisation terroriste Daech dans les rues de Nice, le 14 juillet 2016.
"Le 14 Juillet 1789, le peuple de Paris prenait la prison de la Bastille, emblème de l’arbitraire de l’Ancien régime. Ce jour-là, la Révolution française prenait conscience d’elle-même. Depuis, le 14 Juillet, devenu en France Fête nationale, symbolise notre Révolution et en synthétise les principes : la liberté, l’égalité et la fraternité.
Ces principes ne sont pas l’apanage du peuple français. Ils sont l’aspiration de tous les peuples et la conquête, fragile, de toutes les démocraties. Nos amis Arméniens le savent. Ils ont secoué bien des chaînes, fait tomber bien des Bastilles. Leur nation arrachée au génocide, leur Etat soustrait à la domination des empires, leur démocratie affermie par la volonté du peuple sont un trésor pour le monde et un espoir pour la région. Leur République est pour nous, Français, une République sœur." a indiqué Olivier Decottignies.
Selon l’ambassadeur, la France aime l’Arménie et l’Arménie aime également la France.
" La France aime l’Arménie, et l’Arménie aime la France. Rassurez-vous : je ne vous conterai pas les amours de nos chevaliers avec les princesses arméniennes de Cilicie. Je rappellerai simplement l’accueil d’une immense générosité que le peuple arménien a réservé au Président de la République lors de sa visite d’Etat, et à travers lui, à notre pays. Nous vous en sommes profondément reconnaissants.
Il y a entre nos deux nations un pacte de fidélité, qui s’est noué et renoué à travers l’histoire. En 1915, quand les marins de l’amiral Dartige ont arraché au génocide les résistants arméniens de Musaler. Sous l’Occupation, quand des Arméniens, qui pour beaucoup n’étaient pas Français, ont rejoint la Résistance ou la France libre et ont contribué à nous rendre notre honneur et notre liberté.
Alors, quand l’Arménie, abandonnée par son alliée historique et menacée dans sa souveraineté et son intégrité, s’est tournée vers la France, la France a répondu présent. Beaucoup de pays ont préféré détourner le regard. Pas la France. Notre soutien à l’Arménie, le Président de la République l’a dit, « est inconditionnel, il est entier, et il est constant. » Ce sont ses mots. C’est notre boussole." a dit Olivier Decottignies.
L’ambassadeur a également évoqué la coopération militaire entre Erevan et Paris, soulignant que la France a été le premier pays occidental à établir un partenariat dans le domaine de la défense avec l’Arménie.
"La France a été la première nation occidentale à nouer une relation de défense avec l’Arménie. Elle forme, équipe et conseille l’armée arménienne. Vous avez vu défiler le 28 mai, dans les rues d’Erevan, les matériels de défense fournis par la France. Vous avez vu les soldats français s’exercer, en Arménie, aux côtés de leurs camarades arméniens, américains et grecs. C’est une fierté pour nous.
Nos entreprises n’ont jamais été aussi présentes. Elles agissent dans des secteurs clés comme l’eau, l’agriculture, les infrastructures, l’intelligence artificielle. Elles nouent des partenariats avec les entreprises arméniennes, à l’instar de Thalès avec Bootech. Et en trois ans, les engagements de l’AFD en Arménie sont passés de 250 à 877 millions d’euros. Ils approcheront le milliard à la fin de l’année. Car en Arménie, la France met ses moyens là où sont ses convictions.
La culture et la francophonie restent le socle de notre amitié. Le Louvre a exposé ses trésors au Musée d’Histoire de l’Arménie. Le Centre Pompidou s’associe à la Galerie nationale. Les archéologues français et arméniens viennent de faire une découverte majeure sur le site d’Erebouni. 60.000 élèves arméniens apprennent le français. 2.200 étudiants fréquentent l’Université française en Arménie. 3.000 étudient en France. Le succès de la campagne « Merci Heto Kases » a montré l’engouement que suscite notre langue dans la jeunesse."
Selon l’ambassadeur, les relations bilatérales ont pris un nouveau tournant.
" Marquées au sceau de l’histoire et de la mémoire, nos relations ont pris un nouveau tournant. C’est le sens du partenariat stratégique qu’ont conclu, ici à Erevan, le Président de la République et le Premier ministre Pachinian. C’est le socle des coopérations à venir entre nos diplomaties, nos armées, nos entreprises, nos institutions culturelles, de recherche et d’enseignement, nos collectivités
Car la France restera engagée au côté de l’Arménie. Pour renforcer sa sécurité. Pour sceller la paix et rendre à ce pays sa vocation de carrefour entre l’Europe, le Moyent Orient et l’Asie. Pour accompagner le formidable potentiel de l’économie arménienne. Pour soutenir la diversification de ses exportations, quand d’autres cherchent à prendre en otage son agriculture. Pour préparer les grands événements qu’accueillera l’Arménie : la COP17 sur la biodiversité et les Jeux de la Francophonie. Pour appuyer ses aspirations européennes. Car une grande majorité d’Arméniens regardent aujourd’hui vers l’Europe. N’en déplaise à ceux qui voudraient priver le peuple arménien du choix de son destin.
Nous avons aussi beaucoup à apprendre de l’Arménie. La tech y tire l’économie. L’intelligence artificielle y est enseignée dans les écoles. Les centres TUMO ont essaimé à Marseille et Paris, où nos jeunes s’initient aux technologies créatives. L’industrie de défense arménienne, forgée aux dures réalités du front, impressionne par ses réalisations, qui ont été dévoilées au Salon Eurosatory de Paris. Dans tous ces domaines, et dans bien d’autres, l’Arménie nous inspire."
Il a également annoncé que, après trois années de mission en Arménie, ce 14 Juillet serait le dernier qu’il célébrerait dans le pays.
" Après trois ans de mission en Arménie, ce 14 Juillet est aussi le dernier pour moi parmi vous.
J’ai vécu à vos côtés les bons et les mauvais jours. J’ai parcouru vos routes, par tous les temps et par toutes les saisons. J’ai arpenté vos frontières. J’ai mesuré les blessures de l’histoire et les espoirs pour l’avenir. J’ai fait des milliers de rencontres, passionnantes, drôles ou émouvantes. J’ai admiré votre art de survivre à la mort et de boire à la vie. J’ai étanché ma soif aux sources de votre culture.
Partout, chez les plus puissants comme chez les plus humbles, j’ai reçu le même accueil, généreux et bienveillant. J’ai ressenti la même amitié pour la France, que j’ai eu l’honneur de représenter ici." a-t-il souligné.
À son tour, félicitant la France à l’occasion de sa Fête nationale, le vice-Premier ministre arménien Mher Grigoryan a déclaré qu’il y a plus de deux siècles, à cette même date, avait eu lieu la Révolution française, qui a transmis à l’humanité les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité.
«Ces valeurs continuent encore aujourd’hui d’inspirer les peuples à défendre leur souveraineté et à construire des sociétés justes et dignes. L’Arménie partage également ces principes et les considère comme des repères importants pour le développement de son État.
La France a toujours été un ami fidèle de l’Arménie. Nous apprécions avec gratitude notre solidarité. La visite d’État du président Emmanuel Macron en Arménie, en mai de cette année, avec son programme riche et substantiel, a constitué un événement historique. Durant ces journées, nous avons été témoins de l’accueil chaleureux de toute une nation dans les rues d’Erevan et de Gyumri. Cela a été la meilleure expression de la confiance et du respect mutuel établis entre nos deux peuples », a déclaré Mher Grigoryan.
Il a rappelé qu’à l’occasion de la visite du président français, une déclaration conjointe sur le partenariat stratégique avait été signée avec l’Arménie, ouvrant de nouvelles perspectives pour une coopération durable.
« Nous attachons également une grande importance au soutien de la France au rapprochement de l’Arménie avec l’Union européenne. Notre souhait sincère est de voir la France poursuivre son progrès et sa prospérité. Nous souhaitons également que le partenariat franco-arménien se renforce davantage d’année en année, dans l’intérêt du bien-être de nos peuples », a conclu le vice-Premier ministre de la République d’Arménie.