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«Jeansem : Maître de la ligne vivante» – L’exposition dédiée au jubilé du peintre éminent réunit plus de 120 œuvres

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«Jeansem : Maître de la ligne vivante» – L’exposition dédiée au jubilé du peintre éminent réunit plus de 120 œuvres

«Jeansem : Maître de la ligne vivante» – L’exposition présente plus de 120 œuvres de Jean Jansem (Hovhannes Semerdjian), l’une des figures marquantes de l’art contemporain français. Les travaux exposés reflètent les approches singulières de l’artiste envers la vie et abordent des thèmes qui ont toujours été au cœur de son œuvre.

Selon Armenpress, la cérémonie d’ouverture officielle de cette exposition, organisée dans le cadre du 120e anniversaire de l’artiste, a eu lieu le 24 juillet à la Galerie nationale d’Arménie.

La directrice de la Galerie nationale, Marina Hakobyan, a rappelé qu’il y a vingt ans, en 2005, Jean Jansem avait fait don d’environ 400 œuvres à la République d’Arménie. Ces créations ont été confiées à la Galerie nationale d’Arménie.

«En 2005, nous avions promis à Jansem que l’exposition de ce don aurait lieu de son vivant. Malheureusement, pour des raisons à la fois objectives et subjectives, cela n’a pas été possible. Ce don portait principalement sur des feuilles graphiques, conservées au département de graphisme du musée, où je venais tout juste d’être embauchée. Je me souviens qu’année après année, je retrouvais dans nos programmes cette rubrique : “Les derniers dons de Jansem”. Enfin, vingt ans plus tard, cette exposition rétrospective a vu le jour», a-t-elle déclaré.

Elle a également souligné que l’exposition est le fruit et le symbole des solides liens entre l’Arménie et la France.

L’exposition rassemble plus de 120 feuilles graphiques, principalement réalisées selon la technique de la lithographie, l’une des techniques les plus complexes du graphisme. Le dessin est d’abord créé sur pierre, puis transféré sur papier.

Selon la ministre de l'Éducation, des Sciences, de la Culture et des Sports de la RA, Zhanna Andreasyan, l’art de Jean Jansem ne peut laisser personne indifférent :
«C’est un univers de sensations profondes, qui trouve un écho propre chez chacun. C’est aussi l’une des caractéristiques fondamentales de l’art social : la capacité de parler de questions publiques majeures à travers des expériences personnelles», a-t-elle affirmé.

L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Arménie, Olivier Decottignies, était également présent à l’exposition. Il a souligné que certaines personnes mènent une vie à la fois esthétique et spirituelle – Jean Jansem, tout comme Komitas, faisait partie de ces êtres rares :
«Descendant de survivants du génocide arménien de 1915, il a grandi dans une extrême pauvreté à Issy-les-Moulineaux, en banlieue parisienne, où se trouve aujourd’hui son atelier. Dans ses mémoires, Jansem raconte qu’il a appris à dessiner dans la rue, en reproduisant ce qu’il voyait autour de lui. C’est en France qu’il a trouvé une patrie artistique et une terre d’accueil. Formé à l’Académie de Montparnasse, puis à l’École supérieure des beaux-arts de Paris, il a su forger son propre style et palette.»

L’ambassadeur a également noté que les toiles de Jansem sont souvent peuplées de figures courbées, dont les visages portent les marques profondes de la douleur et du chagrin.

Olivier Decottignies, l’ambassadeur de France en Arménie, a souligné que le message que Jean Jansem souhaitait transmettre est universel. Il a rappelé que l’artiste n’était pas seulement peintre, mais aussi illustrateur de livres, ayant collaboré avec des auteurs aussi éminents que Camus, Cervantès, Baudelaire et d'autres.

L’exposition unique a été commissariée par Nune Tadevosyan et Vigen Galstyan.

Selon Tadevosyan, bon nombre des œuvres exposées sont montrées pour la première fois. L’exposition comprend plusieurs séries thématiques : corridas, danseuses, modèles féminins, scènes de carnaval, souvenirs d’Italie, ainsi que des représentations de la vie urbaine.

«Jeansem était un artiste pour qui la ligne était un absolu. Ses traits rappellent des vaisseaux sanguins : ils vibrent, ils palpitent. Les couleurs sont mélancoliques, souvent sombres. Lorsqu’il travaillait sur sa série Le Carnaval, Jansem a avoué être fatigué de la tristesse – il aspirait aux applaudissements et aux rires. C’est pourquoi nous voyons dans ces œuvres des arlequins, des pierrots, des personnages masqués déambulant joyeusement dans les rues», a-t-elle expliqué.

La commissaire a également souligné que Jansem a mené une vie difficile : s’imposer en terre étrangère, être reconnu et atteindre les sommets n’a pas été chose aisée. Pourtant, il a fini par recevoir la Légion d'honneur, l’une des distinctions les plus prestigieuses de la République française.

«Jean Jansem était un homme réservé et introverti, mais il s’est transformé en Arménie : il a voyagé dans les villages, fait la connaissance de familles arméniennes et est tombé amoureux du pays, admirant le fait que les traditions y soient encore préservées», raconte Nune Tadevosyan.

Elle ajoute : «Jansem venait toujours en Arménie avec des dons.

En 1973, il a offert des peintures et des œuvres graphiques, en 1992, 50 illustrations de la Bible, et en 2005, un ensemble de 400 œuvres. Il aimait jouer du violon, et ce n’est pas un hasard si sa toute première œuvre exposée au Salon des Indépendants s’intitulait Le Violoniste.»

Jean Jansem a laissé une empreinte inoubliable en tant que représentant majeur de l’art figuratif dans l’histoire de la culture française et arménienne de la diaspora au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

À partir des années 1950, Jean Jansem s’est profondément investi dans le domaine du graphisme, en se concentrant tout particulièrement sur la lithographie en couleurs. Le choix de ce médium n’était pas uniquement motivé par des considérations esthétiques : pour un artiste déjà largement reconnu, il était essentiel de donner à son art une mission humaniste et éducative.

La lithographie lui permettait de rendre ses œuvres plus accessibles et abordables pour un public plus large, élargissant ainsi la portée de son message artistique.

Fidèle aux principes de l’art social, Jansem s’inscrivait dans la continuité idéologique des grands artistes graphistes franco-arméniens Edgar Chahine, Tigran Polat et Heran Shabany. Il portait un regard attentif et compatissant sur les groupes les plus vulnérables et souvent invisibles de la société : les pauvres, les prostituées, les femmes, les enfants, les personnes âgées.

Son œuvre explore aussi les rites, les objets et les gestes du quotidien, transformant l’ordinaire en sujet de réflexion esthétique et sociale. Chez Jansem, l’art devient une voix pour ceux que la société tait, un miroir de la dignité dans la fragilité humaine.

Cette conception est clairement résumée dans les plus de 120 œuvres présentées lors de cette exposition.

Les lignes nerveuses, oscillant entre des nuances douces et aquarellées, dessinent un monde fragile fondé sur les principes d’amour et de bienveillance. L’artiste considère ce monde comme une civilisation menacée par le processus implacable de la modernité, une mémoire et une empreinte qu’il cherche à immortaliser souvent à travers ses dessins au trait empreints de pathos.

Le regard critique et traditionaliste de Jansem envers la modernité s’est aussi nourri de ses liens étroits avec la culture arménienne. Depuis les années 1960, il a exposé régulièrement en Arménie, influençant indéniablement le développement de l’art soviétique arménien.

Au fil des années, l’artiste a fait don de plus de 500 œuvres à l’Arménie, dont ce don constitue le cœur de l’exposition actuelle.

 

 

 

 

 

 

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