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Porte-parole du Premier ministre: la République d’Arménie n’a jamais discuté, ne discute pas et ne discutera avec quiconque la terminologie mentionnée par le président de l’Azerbaïdjan

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Porte-parole du Premier ministre: la République d’Arménie n’a jamais discuté, ne discute pas et ne discutera avec quiconque la terminologie mentionnée par le président de l’Azerbaïdjan

La porte-parole du Premier ministre, Nazeli Baghdasaryan, a commenté, à la demande d’« Armenpress », les dernières déclarations du président de l’Azerbaïdjan.

Madame Baghdasaryan, lors d’un forum international des médias, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, a de nouveau développé le discours sur le soi-disant « corridor de Zanguezour », affirmant que « les cargaisons azerbaïdjanaises et les citoyens azerbaïdjanais ne devraient pas rencontrer les services de garde-frontières arméniens ou toute autre autorité », et que cette voie de communication est considérée par la partie azerbaïdjanaise comme un lien libre et sécurisé entre les territoires de l’Azerbaïdjan. Selon lui, cette question a également été soulevée lors d'une réunion avec le Premier ministre arménien à Abu Dhabi.  Il a également ajouté qu’aucun opérateur, aucune location ou concession de territoire ne sera autorisé sur leur sol. Comment commenteriez-vous cette déclaration ? Quelle est la position de l'Arménie à ce sujet ?

– La République d’Arménie n’a jamais discuté, ne discute pas et ne discutera jamais de la terminologie évoquée par le président de l’Azerbaïdjan, ni de la logique qui en découle.

Avec l’Azerbaïdjan comme avec ses autres partenaires internationaux, la République d’Arménie examine le projet intitulé « Carrefour de la paix ».

La République d’Arménie attend également la levée du blocus des voies de communication à travers le territoire de la République d’Azerbaïdjan, entre la région du Syunik de la République d’Arménie et le reste du pays, ainsi qu’en provenance et à destination de pays tiers

De son côté, la République d’Arménie est prête à assurer, à travers son territoire, la communication de transport entre les régions occidentales de l’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan, ainsi qu’entre l’Azerbaïdjan et des pays tiers, dans les deux sens.

Tout cela doit se faire dans le strict respect des principes de souveraineté, d’intégrité territoriale, de juridiction complète et de réciprocité entre les deux États.

Lors de la rencontre du 10 Juillet de cette année à Abou Dhabi, et ni avant ni après celle-ci, la République d’Arménie n’a discuté, ni ne discutera, d’aucune autre formule.

La déclaration du président azerbaïdjanais selon laquelle les citoyens azerbaïdjanais ne devraient pas rencontrer les services de garde-frontières arméniens n’est pas conforme à la logique des discussions qui ont effectivement eu lieu. Il s’agit, en substance, d’une revendication territoriale dissimulée à l’encontre de la République d’Arménie, ce qui est inacceptable et contraire à l’esprit et à la lettre des négociations et accords menés jusqu’à présent.

Comme l’a souligné le Premier ministre Nikol Pashinyan lors de sa conférence de presse du 16 juillet de cette année, tout transport, y compris en transit, de marchandises ou de personnes entrant sur le territoire de la République d’Arménie doit obligatoirement être soumis à un contrôle douanier et frontalier, conformément aux normes internationalement reconnues.

 La République d’Arménie ne peut être privée du droit fondamental de savoir qui entre sur son territoire, et si, après y être entré, l’individu ou la cargaison en est sorti. 

L’identité des personnes ainsi que la validité des documents qu’elles présentent doivent impérativement être vérifiées, et en cas de non-conformité, l’entrée sur le territoire arménien ne peut être autorisée.

La République d’Arménie ne peut pas ne pas disposer d’informations concernant la sortie effective ou non, de son territoire, des marchandises ou biens entrés à des fins de transit ; à défaut, cela pourrait ouvrir une source incontrôlable de contrebande et de circulation de produits interdits

La République d’Arménie ne peut pas ne pas avoir connaissance des cargaisons transitant par son territoire, car, par exemple, en cas d’accident impliquant un wagon ou un camion transportant des substances chimiques, ce serait notre pays qui en subirait les conséquences et ce seraient les services compétents de la République d’Arménie qui devraient intervenir pour remédier à la situation.

Il n’existe aucun scénario dans lequel le territoire de la République d’Arménie pourrait être traversé sans interaction avec les services compétents de notre pays. Comme l’Arménie, l’Azerbaïdjan a également des obligations internationales, notamment en matière de prévention et de lutte contre diverses formes de criminalité transnationale sur son propre territoire. De telles obligations sont mises en œuvre, entre autres, par les services douaniers et de contrôle aux frontières des États. Par conséquent, à cet égard également, la déclaration de l’Azerbaïdjan demeure incompréhensible pour l’Arménie.

Cela étant dit, et le Premier ministre Pashinyan l’a indiqué lors de sa conférence de presse du 16 Juillet,  ces interactions aux postes frontaliers et douaniers de la République d’Arménie peuvent s’effectuer à l’aide de technologies modernes, parfois sans contact, grâce à l’utilisation de passeports biométriques, de déclarations électroniques des marchandises et de systèmes de scan.

Ce format est aujourd’hui couramment accepté dans de nombreux pays à travers le monde. Quoi qu’il en soit, les wagons traversant le territoire de la République d’Arménie doivent être scellés afin d’exclure toute possibilité d’introduction de marchandises de contrebande.

Par ailleurs, le transit est soumis à des frais reconnus au niveau international. Ces frais varient selon le mode de transport : ils sont différents pour les chemins de fer, les pipelines, les poids lourds sur les routes ou encore les véhicules de tourisme. Parfois, les pays conviennent mutuellement des tarifs selon le principe de réciprocité.

Dans tous les cas, les frais applicables doivent être payés, et le budget de l’État arménien doit percevoir des revenus de la réactivation des communications de transport.

En ce qui concerne la sécurité, la République d’Arménie assure elle-même la sécurité des routes, des marchandises, des moyens de transport et des passagers traversant son territoire.

Dans le cadre du projet « Carrefour de la Paix », des mécanismes de sécurité supplémentaires ont été prévus pour les corridors de transport, y compris la création, au sein du Service de sécurité nationale (NSS) de la République d’Arménie, d’une unité spéciale dédiée à cet objectif.

La République d’Arménie est prête à garantir la sécurité du transit, qu’il s’agisse de marchandises, de véhicules, de pipelines, de câbles ou bien entendu des passagers.

Quant aux investissements nécessaires à la réouverture des voies de communication dans les deux pays, chaque État est libre de déterminer les schémas d’investissement qui lui conviennent.

Le Premier ministre Pashinyan a clairement indiqué lors de sa conférence de presse du 16 juillet que tout schéma d’investissement sur le territoire de la République d’Arménie ne saurait être mis en œuvre en dehors du respect de son intégrité territoriale, de sa souveraineté et de sa juridiction.

En évoquant la construction du chemin de fer du côté azerbaïdjanais jusqu'à la frontière entre l'Arménie et l'Iran, Ilham Aliyev a déclaré que leur partie du projet est presque achevée, et que, probablement dans moins d’un an,  peut-être même au printemps prochain,  la section azerbaïdjanaise sera terminée. Il a affirmé qu'aucun travail n’a été entrepris du côté arménien au cours des cinq dernières années et que cette question aurait été délibérément écartée de l’agenda. Selon Aliyev, dans ce contexte, les chances pour que l’Arménie devienne un jour un pays de transit sont quasiment nulles, et si elle continue d’entraver le processus, elle se retrouvera non seulement dans une impasse en matière de transport, mais également dans une forme d’isolement politique. Comment commentez-vous de telles affirmations de la partie azerbaïdjanaise ?

– Le Gouvernement de la République d’Arménie a constamment proposé à l’Azerbaïdjan des solutions pour le déblocage des voies de transport dans la région. De plus, l’année dernière, une nouvelle proposition a été faite à l’Azerbaïdjan, selon laquelle les locomotives arméniennes, conduites par des machinistes arméniens, pourraient assurer les transports ferroviaires entre les régions occidentales de l’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan, ainsi qu’entre la province de Syunik et les autres régions de la République d’Arménie, dans le cadre des principes mentionnés précédemment. Le Premier ministre Pashinyan a évoqué publiquement cette proposition lors de la conférence « Dialogue d’Erevan ».

Cependant, l’Azerbaïdjan ignore ou rejette ces propositions. Je suis mandaté pour réaffirmer la volonté de la République d’Arménie de mettre en œuvre toutes les solutions susmentionnées.

En ce qui concerne la construction du chemin de fer, la voie ferrée en cours de construction en Azerbaïdjan a également une fonction interne (elle relie Bakou aux régions occidentales de l’Azerbaïdjan). La République d’Arménie n’aura de raison de construire un chemin de fer de 42 km dans la province de Syunik qu’avec l’accord de l’Azerbaïdjan, car cette voie ne pourra pas être utilisée, même pour le transport intérieur arménien, sans cet accord.

Ainsi, l’accusation portée à l’encontre de l’Arménie d’avoir délibérément écarté le déblocage des communications régionales de l’agenda n’est pas fondée.

La construction du chemin de fer débutera immédiatement après la conclusion d’un accord avec l’Azerbaïdjan, et des travaux préparatoires sont déjà en cours, notamment la construction d’une nouvelle route pour le village de Nrnadzor, dont la communication routière se fait actuellement via l’ancienne plateforme ferroviaire.

La République d’Arménie est intéressée par le déblocage de toutes les voies de transport avec ses voisins, ce dont témoigne le projet « Carrefour de la paix » mis en place par le gouvernement arménien, que les représentants officiels de l’Arménie présentent presque partout.

Le président de l’Azerbaïdjan a également évoqué un accord de paix, affirmant que Erevan et Bakou sont proches de sa signature. Cependant, dans le contexte de la pré-signature de cet accord, il continue de poser comme conditions préalables la modification de la Constitution arménienne et la dissolution du Groupe de Minsk. La pré-signature de cet accord est-elle une option acceptable pour la partie arménienne à ce stade ?

– Le Premier ministre de la République d’Arménie a également déclaré qu’Arménie et Azerbaïdjan sont très proches de la signature d’un accord de paix.

Concernant la dissolution des mécanismes du Groupe de Minsk et la possible pré-signature de l’accord de paix, cette question fait partie de l’agenda compréhensible de l’Arménie, et des discussions actives sont en cours sur les conditions dans lesquelles cela pourrait se réaliser.

Quant à la question constitutionnelle, le Premier ministre a déclaré à plusieurs reprises que si, après la signature de l’accord de paix, la Cour constitutionnelle de la République d’Arménie reconnaît cet accord contraire à la Constitution, il initiera lui-même des modifications constitutionnelles en Arménie.

Jusqu’à présent, cela n’est pas nécessaire, car par sa décision de septembre 2024, la Cour constitutionnelle a établi qu’il n’existe aucune revendication territoriale envers un autre pays dans notre Constitution.

Le Premier ministre Pashinyan a abordé ces sujets en détail lors des débats sur le rapport d’exécution du programme gouvernemental 2021–2026 en 2024, ainsi que dans son allocution lors de la conférence « Dialogue d’Erevan ».

Il est également connu que le Premier ministre Pashinyan a lancé des discussions sur la nécessité d’adopter une nouvelle Constitution de la République d’Arménie en 2018-2020, et cette question est actuellement en phase de discussion institutionnelle active. Mais cela relève de l’agenda interne de l’Arménie et n’a rien à voir avec les négociations avec l’Azerbaïdjan.

Dans le contexte de la signature ou de la pré-signature de l’accord de paix, la question de la libération des prisonniers et celle des personnes dont le lieu de détention est inconnu sont-elles abordées ?

Dans le contexte de la signature ou de la pré-signature de l’accord de paix, la question de la libération des prisonniers de guerre et des personnes portées disparues est-elle également discutée ?

– Le Premier ministre Pashinyan a déclaré que ces questions sont abordées dans toutes les discussions, et les négociations en cours ne font pas exception.

 

 

 

  

  

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