TRIPP va redéfinir la géopolitique du Caucase du Sud : un article de l’Atlantic Council des États-Unis met en évidence les avantages du projet

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Un article rédigé par Andrew D’Anieri, directeur du Centre Eurasie de l’Atlantic Council, et Joseph Epstein, directeur du centre de recherche « Turan », a été publié sur le site de l’Atlantic Council des États-Unis. L’article présente en détail le projet « La voie de Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP), son impact régional, ses bénéfices économiques et géopolitiques, ainsi que les risques potentiels liés à sa mise en œuvre.

Selon Armenpress, dans leur article intitulé « Comment une victoire de Trump pourrait favoriser les intérêts américains dans le Caucase du Sud », les auteurs soulignent que le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et le président de l’Azerbaïdjan, en signant l’accord relatif au projet TRIPP, ont protégé sa composante la plus sensible en faisant des États-Unis un facteur de dissuasion.

« Le tronçon terrestre de 27 miles traversant le sud de l’Arménie est prêt à redéfinir la géopolitique du Caucase du Sud. Le 13 janvier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan ont annoncé les modalités de mise en œuvre du programme “La voie de Trump pour la paix et la prospérité internationales” (TRIPP). Ce corridor, construit sous médiation américaine et promis à devenir un lien vital entre l’Europe et l’Asie, pourrait entrer dans l’histoire comme l’un des accomplissements les plus marquants de la politique étrangère du président Donald Trump durant son second mandat », écrivent les auteurs.

Selon l’article, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a lié son avenir politique à l’accord sur le projet TRIPP, ce qui pourrait également permettre à l’Arménie d’accéder à une indépendance réelle.

« Comprenant que l’accord de paix avec l’Azerbaïdjan constitue le seul moyen d’éliminer les leviers russes et, par conséquent, d’obtenir une véritable indépendance, le Premier ministre arménien a lié son avenir politique à un tel accord. Les États-Unis sont la seule puissance capable d’offrir à l’Arménie une véritable émancipation de la domination russe. En menant les négociations de paix sous l’égide américaine et en mettant en avant les intérêts des États-Unis dans le cadre de TRIPP, Pachinian et Aliyev ont protégé la partie la plus sensible de l’accord, en faisant des États-Unis un facteur de dissuasion », souligne l’article.

Les auteurs notent que ces développements interviennent à un moment crucial pour l’Arménie, à l’approche des élections législatives prévues en juin 2026.

« À l’approche des élections législatives de 2026, Pachinian devra démontrer que ses efforts en faveur de la paix et du renforcement des liens avec l’Occident ont porté leurs fruits », écrivent-ils.

L’article indique également que la Russie a commencé, avant ces élections, à mener des actions contre le Premier ministre arménien à travers des campagnes informationnelles et de désinformation, prévoyant que Moscou intensifiera ces efforts à l’approche du scrutin.

Les auteurs analysent en détail l’importance et la portée de la déclaration signée le 13 janvier à Washington concernant la mise en œuvre du projet TRIPP, estimant que sa réalisation sert les intérêts tant d’Erevan que de Washington.

« Cet accord devrait être bénéfique pour les deux parties. La Maison-Blanche pourra rassurer les Américains sur le fait que l’engagement diplomatique des États-Unis dans le Caucase du Sud génère des bénéfices économiques et ouvre de nouvelles opportunités aux entreprises américaines. De son côté, Pachinian pourra présenter l’accord comme un moyen d’attirer des investissements occidentaux de haute qualité dans les infrastructures, objectif qu’il poursuivait déjà à travers son initiative “Carrefour de la paix”, permettant à l’Arménie de se positionner comme un hub régional de transport tout en conservant le contrôle sur son territoire », précisent les auteurs.

L’article souligne également que le projet TRIPP pourrait apporter des bénéfices indirects non seulement à l’Arménie et aux États-Unis, mais aussi à l’ensemble de la région caspienne.

« Le gouvernement américain soutient discrètement le Corridor médian, une route commerciale multimodale reliant l’Asie centrale à la Turquie et à l’Europe via la mer Caspienne et les infrastructures de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie. Washington et ses partenaires européens considèrent ce corridor comme un moyen de contourner la Russie dans le commerce terrestre avec l’Asie, notamment pour l’exportation de minerais stratégiques et de terres rares en provenance d’Asie centrale. Les pays du Caucase du Sud et de l’Asie centrale aspirent à la prospérité par une meilleure intégration aux marchés mondiaux. TRIPP offre une route supplémentaire à travers le Caucase, augmentant la capacité des systèmes de transport, alors que l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan s’emploient à étendre leurs capacités portuaires pour répondre à la demande commerciale. La réussite du projet TRIPP accélérera et réduira les coûts d’acheminement des marchandises et des matières premières stratégiques de l’Asie centrale vers l’Europe et au-delà. »

Les auteurs concluent que la mise en œuvre de cet accord et du projet permettra tant à l’Arménie qu’à l’Azerbaïdjan de disposer d’une plus grande liberté d’action pour exercer leur souveraineté et mener des politiques répondant aux intérêts de leurs peuples.

 

 

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