Économie

Les perspectives d’intégration de l’Arménie dans différents systèmes économiques ont été examinées

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Les perspectives d’intégration de l’Arménie dans différents systèmes économiques ont été examinées

Lors d’une table ronde organisée le 14 octobre par la Fondation Konrad-Adenauer et le Club des journalistes économiques, les résultats d’une étude intitulée « Perspectives de l’intégration économique et institutionnelle de l’Arménie dans différents systèmes économiques » ont été présentés et analysés.

Selon Armenpress, les intervenants ont examiné l’évolution de l’économie arménienne et ses principales tendances depuis l’adhésion de l’Arménie à l’Union économique eurasiatique (UEE), ainsi que la situation actuelle et les perspectives.

Jakob Wöllenstein, directeur du programme régional « Dialogue politique dans le Caucase du Sud », a établi des parallèles entre la situation économique actuelle de l’Arménie et les évolutions économiques survenues au Bélarus il y a environ sept ans.

« L’Arménie présente différentes formes de dépendance économique. Celles-ci ne sont pas nécessairement négatives en soi. Toutefois, mon expérience passée m’amène à formuler deux mises en garde importantes. Premièrement, si le système dont dépend un pays entre en crise ou s’effondre, les conséquences peuvent se répercuter en chaîne sur le pays qui en dépend. Deuxièmement, l’interdépendance économique peut devenir un instrument de pression politique », a-t-il souligné.

Comment l’Arménie peut-elle diversifier ses liens avec différents espaces économiques ? Répondant à cette question qu’il avait lui-même soulevée, Jakob Wöllenstein a déclaré :

« Je pense que l’une des principales conclusions est que l’Arménie peut consolider sa position en diversifiant ses partenariats économiques. Lorsque nous examinons la politisation de l’adhésion à l’Union économique eurasiatique, nous constatons que les instruments économiques peuvent être utilisés à des fins de pression politique. Ainsi, les prix de l’énergie peuvent devenir un moyen de pression, tandis que l’adhésion elle-même peut servir de levier d’influence politique. L’Arménie a donc raison de réfléchir à la diversification de ses relations économiques. »

Jakob Wöllenstein a également souligné que le rapprochement avec l’Union européenne, voire l’intégration à celle-ci, comportait ses propres spécificités et conditions, et que la coopération économique pouvait également exposer un pays à des risques de sanctions.

« L’Union européenne a elle aussi recours aux dépendances économiques et aux relations commerciales comme instruments de sanctions. La différence tient au fait que ses sanctions sont généralement liées à des violations des normes démocratiques, au comportement d’un État en matière de paix et de guerre ou au non-respect de ses engagements. Autrement dit, lorsqu’un pays fait l’objet de sanctions économiques de l’Union européenne, il existe généralement des motifs précis à cela.

Il en va de même pour les questions de qualité des produits. Nous entendons souvent des affirmations selon lesquelles tel ou tel produit ne répondrait plus aux exigences requises. Si, par exemple, l’Union européenne annonçait soudainement qu’un produit donné, y compris l’eau, ne satisfait plus aux normes établies, il conviendrait de vérifier s’il existe réellement un problème à cet égard.

La diversification des dépendances économiques, tout en gardant à l’esprit que chaque alliance comporte ses propres conditions et limites, constitue donc une approche judicieuse », a-t-il déclaré.

Ensuite, Sos Khachikyan, doyen de la faculté d’informatique et de statistique de l’Université d’État d’économie d’Arménie, a présenté les résultats de l’étude, précisant que celle-ci avait porté sur les principales orientations des relations économiques et sur les possibilités susceptibles de se présenter dans le cadre de différentes formes d’intégration économique.

« Du point de vue de l’intégration économique avec l’Union européenne, les possibilités de l’Arménie restent limitées dans certains secteurs. Dans le même temps, le secteur des ressources énergétiques revêt une importance particulière, compte tenu des volumes considérables de ressources, d’importations et d’exportations qu’il représente.

Les relations économiques de l’Arménie avec ses différents partenaires ne sont pas développées de manière équilibrée. Dans certains domaines, la dépendance est relativement forte, tandis que les liens économiques restent limités et peu stables. Il est important de tenir compte de ces tendances lors de l’élaboration de la politique économique pour les années à venir », a-t-il déclaré.

Sos Khachikyan estime qu’une attention particulière doit être accordée à la structure du marché des ressources énergétiques. Selon lui, certains indicateurs présentés dans le cadre de l’étude montrent que, pour certains produits ou marchés, la dépendance à l’égard d’une seule source peut atteindre 92 %, voire dépasser ce niveau.

« Cela signifie que ces marchés ne sont pas suffisamment diversifiés. Une telle situation peut avoir de graves conséquences pour la sécurité économique, l’industrie et le développement global du pays », a-t-il souligné.

Évoquant les évolutions récentes des prix et des approvisionnements en essence et en gazole sur le marché arménien, Sos Khachikyan a fait observer que, sans les possibilités d’importation en provenance d’autres pays, notamment de Roumanie, de Bulgarie et d’Égypte, la situation aurait pu être beaucoup plus difficile. Cela montre que la diversification des voies d’approvisionnement et des partenaires commerciaux peut réduire l’impact des chocs extérieurs.

Selon Sos Khachikyan, la diversification du marché du gaz naturel constitue un défi beaucoup plus complexe, les scénarios alternatifs étant plus limités dans ce domaine.

L’étude a également examiné la possibilité de remplacer le gaz par l’électricité. Il a été indiqué que, même si l’utilisation de l’électricité peut, dans certains cas, coûter plus cher que celle du gaz, elle peut constituer une solution de substitution en cas d’interruption des approvisionnements.

Il a été souligné que, dans le cas du gaz naturel, les possibilités de substitution permettant de prévenir les perturbations des marchés énergétiques et les restrictions d’approvisionnement sont plus limitées. En effet, une simple décision politique ne suffit pas à modifier les sources d’importation du gaz : des infrastructures adaptées sont nécessaires.

En particulier, la mise en œuvre de l’option consistant à importer du gaz depuis l’Iran nécessite non seulement des infrastructures appropriées, mais aussi le règlement de plusieurs questions techniques et contractuelles.

Sos Khachikyan a également indiqué que les capacités limitées des infrastructures de transport et de logistique constituaient un obstacle important à l’élargissement des relations économiques avec l’Union européenne. Selon lui, l’Arménie ne dispose actuellement pas de capacités suffisantes pour mettre en place des chaînes d’approvisionnement à grande échelle avec l’Union européenne, en raison tant des limites de ses infrastructures que de sa situation géographique et de l’accessibilité de ses frontières. Il estime que l’ouverture de la frontière arméno-turque pourrait modifier sensiblement cette situation, en permettant des liaisons de transport plus courtes et plus efficaces.

L’importance du système financier dans le processus d’intégration économique a été particulièrement soulignée. Il a été indiqué que le développement du système financier arménien et son alignement sur les normes internationales pourraient favoriser la coopération avec les marchés européens.

À l’issue de la présentation, une table ronde a réuni Sos Khachikyan, le directeur du bureau du Conseil des investissements d’Arménie, Hovsep Patvakanyan, le cofondateur du Centre pour le développement économique, Gagik Makaryan, et Karen Azaryan, expert des politiques commerciales de l’Union européenne, de la coopération économique et du dialogue politique. Les intervenants ont approfondi différents aspects du sujet présenté et répondu aux questions de plusieurs participants.

 

 

 

   

 

 

 

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