Le Prix de la paix de Hesse a été remis au Premier ministre
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À Wiesbaden, au Landtag de Hesse, s’est tenue la cérémonie solennelle de remise du Prix de la paix de Hesse au Premier ministre de la République d’Arménie, Nikol Pashinyan. Information du service de presse de cabinet du Premier ministre.
À l’entrée du Parlement du Land de Hesse, le Premier ministre a été accueilli par Daniela Sommer, vice-présidente du Landtag de Hesse, et Karl Starzacher, président du conseil d’administration de la Fondation Albert Oswald, après quoi Nikol Pashinyan a inscrit un message dans le livre d’or réservé aux hôtes d’honneur.


Lors de la cérémonie de remise du prix, Serap Güler, ministre d’État au ministère fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, Karl Starzacher, président du conseil d’administration de la Fondation Albert Oswald, ainsi que Michaela Jeckel-Oswald, membre du conseil d’administration de la Fondation et fille d’Albert Oswald, ont prononcé des allocutions. Dans leurs interventions, ils ont évoqué la décision d’attribuer le Prix de la paix au Premier ministre arménien et ont hautement apprécié ses efforts en faveur de l’instauration de la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ainsi que de la promotion des réformes démocratiques menées en Arménie et du développement des relations avec l’Union européenne. La biographie de Nikol Pashinyan, ainsi que son activité en tant que journaliste, rédacteur en chef, député, dirigeant de la révolution populaire, de velours et non violente en Arménie, puis Premier ministre, ont également été présentées.
Le certificat du Prix de la paix de Hesse a ensuite été remis au Premier ministre Nikol Pashinyan, qui a prononcé une allocution.
Nikol Pashinyan a notamment déclaré :
« Madame Sommer,
Monsieur Starzacher,
Mesdames et Messieurs les membres du Landtag de Hesse,
Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un grand honneur de recevoir le Prix de la paix de Hesse. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au conseil d’administration de la Fondation Albert Oswald pour cette haute distinction.
Le 8 août 2025, la paix a été établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à la suite du sommet de la paix de Washington et de la déclaration conjointe adoptée à cette occasion par le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, et moi-même, et signée en présence du président des États-Unis, Donald Trump.

Il est important que la paix ait été établie non seulement sur le papier et dans les médias, mais également sur le terrain, permettant aux peuples arménien et azerbaïdjanais d’en faire l’expérience d’une autre manière.
La véritable voie vers la paix a commencé au printemps 2024, lorsque, pour la première fois dans notre histoire post-soviétique, un processus de délimitation de la frontière a été engagé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Depuis lors, aucune victime n’a été enregistrée de part et d’autre à la suite d’incidents frontaliers, ce qui constitue un fait sans précédent depuis le début des années 1990.
En 2024, l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont parvenus à signer et à ratifier le premier document à caractère interétatique : le règlement relatif aux activités conjointes des commissions chargées de la délimitation et de la démarcation de la frontière entre les deux pays.
Ce document établit que la Déclaration d’Alma-Ata de 1991 constitue un principe fondamental pour la délimitation et la démarcation de la frontière entre nos deux pays.
Cela signifie que l’Arménie et l’Azerbaïdjan reconnaissent l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’un et de l’autre, conformément aux territoires des deux républiques soviétiques.
C’est ce même principe qui est également consacré dans l’accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, que nos ministres des Affaires étrangères ont paraphé lors du Sommet de la paix de Washington.
Le paraphe de l’accord susmentionné et l’adoption de la déclaration de paix de Washington ont constitué une rupture historique dans les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. À cette occasion, je tiens à exprimer ma reconnaissance au président des États-Unis, Donald Trump, dont l’implication personnelle et le leadership ont revêtu une importance déterminante.
Je tiens également à exprimer ma reconnaissance au président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, qui mérite tout autant ce prix.
Je souhaite également exprimer ma gratitude aux peuples arménien et azerbaïdjanais. Malgré les difficultés, les pertes humaines et les souffrances causées par le conflit, ils ont accepté et fait le choix de défendre la paix, conscients qu’ils ne peuvent pas changer le passé, mais qu’ils peuvent changer le présent et l’avenir, choisissant, plutôt qu’un conflit qui semblait interminable, la perspective de la paix, de la prospérité et de la coopération.
Mesdames et Messieurs,
Le projet TRIPP, la « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales », constitue un autre résultat important du sommet de la paix de Washington. Des travaux sont actuellement menés quotidiennement en vue de sa mise en œuvre.
Ce projet ouvrira les voies de communication de l’Arménie à l’Azerbaïdjan et inversement, bien qu’en réalité, depuis novembre 2025 déjà, le chemin de fer azerbaïdjanais soit ouvert à l’Arménie via le territoire de la Géorgie, et que les échanges commerciaux bilatéraux entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan aient déjà commencé.
Le projet TRIPP prévoit la remise en état de la voie ferrée sur le territoire arménien, ainsi que la construction de routes, de gazoducs et de lignes de transport d’électricité, qui serviront non seulement à des fins nationales ou régionales, mais également à des fins internationales et de transit, ouvrant de nouvelles possibilités de connectivité dans les directions Est-Ouest et Nord-Sud.
La mise en œuvre de ce projet contribuera également à favoriser les échanges et les contacts pacifiques entre les peuples arménien et azerbaïdjanais.
De tels échanges ne sont pas moins importants que les documents signés et ratifiés, ou que les rencontres et accords de haut niveau.
Les peuples arménien et azerbaïdjanais ont une expérience séculaire de coexistence pacifique, qui a été presque oubliée au cours des plus de trente années de conflit.
Et notre véritable tâche n’est pas de faire revivre le passé, mais de transformer ces traditions en une nouvelle ère de relations interétatiques et de bon voisinage, dans le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chacun.
Mesdames et Messieurs,
La paix est établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Elle n’est certainement pas parfaite. De nombreux problèmes subsistent, notamment d’ordre humanitaire, qui préoccupent nos sociétés. Les personnes disparues, les personnes détenues, le déminage… ce sont autant de questions dont la résolution nécessitera des efforts supplémentaires de la part de l’Arménie comme de l’Azerbaïdjan. Et j’espère que nous parviendrons à résoudre avec succès tous ces problèmes.
Chers amis,
Recevoir ce prix ici, en Hesse, revêt pour moi une signification particulière. En 1988, lorsque l’Arménie a été frappée par le terrible tremblement de terre de Spitak, la Hesse a été parmi ceux qui sont venus en aide au peuple arménien. Avec le soutien de la Hesse, différentes infrastructures ont été construites, notamment une école maternelle et un hôpital. À cette époque, l’Arménie traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine. Et c’est alors que le peuple de Hesse nous a apporté une aide généreuse.
Monsieur Starzacher, vous-même vous êtes rendu en Arménie au cours de ces années difficiles et avez pu constater de vos propres yeux les conséquences de cette catastrophe.
Aujourd’hui, des décennies plus tard, nous nous retrouvons, mais dans des circonstances totalement différentes. À l’époque, la Hesse avait tendu la main à l’Arménie au moment de la tragédie. Aujourd’hui, la Hesse nous tend la main en reconnaissance de nos efforts en faveur de la paix.
Cette belle ville de Wiesbaden est également liée à moi de manière plus personnelle. Il y a de nombreuses années, lorsque j’écrivais mon livre « L’autre côté du pays », Wiesbaden était l’une des étapes de mon voyage imaginaire, envisagé à travers les yeux d’un homme qui cherchait à comprendre le monde au-delà de l’Arménie.
Et aujourd’hui, je me tiens ici, à Wiesbaden, non pas en tant qu’écrivain imaginant un lieu lointain, mais en tant que Premier ministre de l’Arménie qui reçoit un prix de la paix. Et peut-être y a-t-il là quelque chose de symbolique, notamment dans le contexte de la révolution populaire, de velours et non violente de 2018, car nous considérons la paix comme l’environnement le plus favorable pour consolider et institutionnaliser nos réformes démocratiques, ainsi que pour rendre notre démocratie stable et irréversible.
Dans ce contexte, je souhaiterais remercier l’Union européenne, l’Allemagne et les autres États membres pour leur soutien durable à notre résilience démocratique. Nos relations avec l’UE se trouvent aujourd’hui à leur plus haut niveau historique, dans le cadre d’un partenariat stratégique, et nous continuons d’examiner les possibilités qui s’offrent à nous pour aller plus loin.
Mesdames et Messieurs,
L’Arménie est profondément reconnaissante à tous nos partenaires internationaux qui ont soutenu la paix dans notre région. Nous considérons ce prix comme l’une des expressions de ce soutien.
Je voudrais profiter de cette occasion pour adresser mes chaleureuses félicitations au Land de Hesse à l’occasion de son 80e anniversaire. La reconstruction de la Hesse après la guerre constitue une leçon importante pour l’humanité, montrant comment il est possible de se relever, de trouver la force d’aller de l’avant et de travailler ensemble à la construction d’un avenir pacifique et prospère.
Je vous remercie. »