La tenue d’un référendum sur l’adhésion de l’Arménie à l’UE n’est pas possible à ce stade: le point de presse de Pashinyan avec les médias russes
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Le Premier ministre Nikol Pashinyan a déclaré que le Gouvernement arménien mène une politique étrangère fondée sur la diversification et la création d’alternatives pour l’Arménie, ce qui constitue le droit souverain et légitime de tout pays.
Selon Armenpress, le Premier ministre Nikol Pashinyan a fait cette déclaration lors d’un point de presse avec des médias russes au Kirghizstan, en réponse à une question lui demandant s’il était important pour lui que l’Arménie continue de rester membre de l’Union économique eurasiatique.
« J’ai déjà dit que notre objectif était de créer des alternatives pour l’Arménie. Je pense que c’est le droit légitime de chaque pays. Tous les pays œuvrent dans ce sens afin de disposer d’alternatives. Je pense qu’à ce stade, le meilleur positionnement pour l’UEE ne serait pas de torpiller ce processus, mais, au contraire, de travailler à renforcer la compétitivité et l’attractivité de l’UEE. Je pense que c’est la bonne approche et j’ai déjà dit que l’Arménie était prête à travailler dans ce sens.
À la question de savoir s’il ne serait pas plus juste de faire un choix, Pashinyan a répondu : « Il faut d’abord créer ce choix. Bien entendu, j’ai pris acte de la déclaration de mes partenaires du 29 mai (NDLR : il s’agit de la déclaration commune adoptée le 29 mai par les dirigeants des autres États membres de l’UEE- la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan et le Kirghizstan - appelant l’Arménie à organiser dans les meilleurs délais un référendum en Arménie sur le choix entre l’UE et l’UEE). Je la respecte. D’ailleurs, il est très intéressant de constater que nos partenaires soutiennent l’idée d’organiser en Arménie un référendum sur l’adhésion à l’UE. Je soutiens moi aussi cette approche. »
À la question de savoir s’il y aura un référendum, le Premier ministre arménien a répondu:
« Le référendum aura bien lieu, mais seulement après que l’Arménie aura officiellement présenté sa demande d’adhésion à l’Union européenne, et il est nécessaire de mener un travail institutionnel dans ce sens. Aujourd’hui, la tenue d’un référendum est impossible, car son objet n’existe pas. Imaginons que nous organisions maintenant un référendum et que nous disions qu’il faut choisir entre l’UE et l’UEE. Quelle serait la réaction de nos citoyens ? Ils demanderaient : quelles perspectives avons-nous d’adhérer à l’UE, quelle est notre feuille de route, etc. Et de nombreuses questions se poseraient, auxquelles nous n’avons pas de réponses et auxquelles personne n’a de réponses. »
Pashinyan a également évoqué les restrictions appliquées par la Russie aux importations de produits arméniens, soulignant que, dans ce contexte, ce qui se passe sur le territoire de l’UEE ne fait que créer en Arménie une perception négative de l’UEE.
« Je fais référence aux restrictions que nos estimés partenaires russes appliquent aux produits arméniens », a souligné Pashinyan.
À la question de savoir s’il avait comparé les perspectives de commercialisation des produits arméniens dans l’UEE et dans l’UE, Pashinyan a répondu que, pour chaque pays, l’amélioration de la compétitivité de ses produits et l’élévation des normes de production constituent des enjeux très importants.
« Nous travaillons dans ce sens, tout comme tous nos partenaires au sein de l’UEE et partout ailleurs. Car la compétitivité de chaque produit et de chaque économie est essentielle. L’idée principale que j’ai soulevée dans mon intervention (NDLR : il fait référence à son intervention lors de la réunion du Conseil intergouvernemental eurasiatique du 7 août) était que nous ne devions pas rendre ce processus négatif, et qu’il s’agit d’une très bonne occasion pour l’UEE de travailler ensemble afin de renforcer son attractivité et sa compétitivité.
Mais il est très important de comprendre que, sans principes fondamentaux et sans possibilité de les mettre en œuvre, l’UEE va se retrouver en situation de crise, car ce qui se passe actuellement concernant les produits arméniens constitue certes un problème pour l’Arménie, mais c’est également un problème majeur pour l’UEE, car, dans la pratique, il apparaît aujourd’hui que l’UEE ne fonctionne pas. Si les principes ne fonctionnent pas, l’UEE ne fonctionne pas non plus.
Tous les États et tous les gouvernements mettent en œuvre une politique de diversification ; c’est un droit souverain et légitime. »
Répondant à la question de savoir s’il avait comparé les échanges commerciaux de l’Arménie avec l’UEE et l’UE, Pashinyan a indiqué qu’il n’avait pas fait une telle comparaison, car cela ne fait pas partie de l’ordre du jour de l’Arménie.
« La question n’est pas, à ce stade, de faire une telle comparaison. Il s’agit maintenant de créer des alternatives pour l’Arménie. D’ailleurs, certains de nos partenaires au sein de l’UEE ont provoqué ce processus en déclarant que l’Arménie n’était nécessaire à personne et qu’elle n’était attendue nulle part. Nous n’avons pas perçu ce message de manière négative, mais de manière positive, et nous avons commencé à travailler pour montrer que, dans la réalité, la situation est tout autre », a déclaré Nikol Pashinyan.
À la question de savoir si l’Union européenne contraignait l’Arménie à rompre ses liens avec la Russie, Pashinyan a répondu : « Si quelqu’un dispose de leviers lui permettant de contraindre l’Arménie à faire quoi que ce soit, ces leviers ne se trouvent certainement pas à Bruxelles, ni en Occident, ni au Sud, ni à l’Est. »