Le président de l’Assemblée nationale présente son analyse des principales menaces pour la sécurité de l’Arménie
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L’absence d’une paix encore irréversible et pleinement institutionnalisée avec l’Azerbaïdjan, la fermeture de la frontière avec la Turquie et l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays, ainsi qu’une diversification encore insuffisante des liens économiques, sécuritaires et énergétiques figurent parmi les principales menaces pesant sur la sécurité de l’Arménie.
Selon Armenpress, le président de l’Assemblée nationale, Ruben Rubinyan, l’a déclaré au Parlement en réponse à une intervention de la députée du groupe « Arménie », Kristine Vardanyan, qui l’interrogeait sur les principales sources de menace auxquelles le pays est confronté.
« La première source de menace est l’Azerbaïdjan. Nous sommes en paix avec l’Azerbaïdjan, mais cette paix n’est pas encore irréversible ni définitivement institutionnalisée. En d’autres termes, l’absence d’une paix pleine et entière avec l’Azerbaïdjan constitue, sans l’ombre d’un doute, une menace pour la sécurité de la République d’Arménie », a déclaré Ruben Rubinyan.
Selon lui, la fermeture de la frontière avec la Turquie et l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays constituent également une menace.
« La Turquie représente également une source de menace, car le fait de maintenir une frontière fermée avec un voisin immédiat constitue, à tout le moins, une menace sur le plan économique, tandis que l’absence de relations diplomatiques établies représente, à tout le moins, une menace sur le plan diplomatique », a souligné le président de l’Assemblée nationale.
Ruben Rubinyan a également cité, parmi les menaces auxquelles l’Arménie est confrontée, la diversification encore insuffisante de ses partenariats économiques et sécuritaires, de ses sources d’approvisionnement énergétique ainsi que de ses corridors de transit.
Selon lui, la différence fondamentale entre l’approche du pouvoir et celle de l’opposition réside dans le fait que les autorités cherchent à neutraliser les menaces identifiées et à y apporter des solutions.
« Nous identifions les menaces et nous voulons les éliminer ou les neutraliser. Nous avons constaté qu’il n’y avait pas de paix et nous sommes parvenus à en instaurer une. Aujourd’hui, nous constatons qu’elle n’est pas encore irréversible ni pleinement institutionnalisée ; notre objectif est donc de la rendre irréversible et de l’institutionnaliser », a déclaré Ruben Rubinyan.
Évoquant les relations entre l’Arménie et la Turquie, il a indiqué que la partie arménienne poursuivait les négociations afin de parvenir à l’ouverture de la frontière et à la normalisation des relations.
« Nous constatons que la frontière avec la Turquie demeure fermée et que cette situation constitue une menace pour nos acteurs économiques et, plus largement, pour l’Arménie. Nous poursuivons les négociations afin de parvenir à une solution et avançons progressivement dans cette direction », a souligné le président de l’Assemblée nationale.
Ruben Rubinyan a également critiqué l’approche politique de la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA-Dachnaktsoutioun), estimant que ce parti cherche moins à neutraliser les menaces qu’à en tirer un avantage politique.
Selon Ruben Rubinyan, nul en Arménie n’ignore que l’absence de normalisation des relations avec la Turquie et l’absence d’une paix définitivement institutionnalisée avec l’Azerbaïdjan constituent des menaces pour le pays.
« Il n’existe personne en Arménie qui ne sache que l’absence de relations normalisées avec la Turquie constitue une menace, ou que l’absence d’une paix définitivement institutionnalisée avec l’Azerbaïdjan représente également une menace », a déclaré le président de l’Assemblée nationale.
Il a également évoqué les restrictions imposées par la Russie aux importations de produits arméniens, invitant Kristine Vardanyan à exprimer clairement sa position sur cette question.
Ruben Rubinyan a demandé si le groupe parlementaire d’opposition estimait que les produits arméniens ne respectaient pas les normes de l’Union économique eurasiatique, et si les difficultés rencontrées, par exemple, par l’eau minérale Jermuk étaient, selon lui, fondées.
« Si vous estimez que nos produits ne contreviennent à aucune norme, dites-nous clairement s’il est, selon vous, conforme à l’esprit de partenariat d’imposer des restrictions économiques à des produits qui respectent toutes les normes applicables. Ne sommes-nous pas, dans ce cas, face à une forme de pression ? Et cette pression ne constitue-t-elle pas, en elle-même, une menace, notamment pour notre souveraineté ? », a interrogé Ruben Rubinyan.
Le président de l’Assemblée nationale a appelé Kristine Vardanyan à répondre directement et sans ambiguïté à ces questions dans son intervention, soulignant qu’il s’agissait d’un débat politique de fond.