La remise en service de la ligne ferroviaire Gyumri-Kars se concrétise : la Turquie entame la réhabilitation du tronçon Akyaka-Gyumri
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La remise en service de la ligne ferroviaire Gyumri-Kars figure parmi les principaux dossiers inscrits à l’agenda du processus de normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie.
Un accord de principe sur la réouverture de cette liaison ferroviaire avait été conclu dès septembre 2025, à l’occasion de la visite en Arménie du représentant spécial de la Turquie pour le processus de normalisation, Serdar Kılıç.
À l’issue de la rencontre entre Serdar Kılıç et le représentant spécial de l’Arménie pour le processus de normalisation des relations avec la Turquie, Ruben Rubinyan, le ministère arménien des Affaires étrangères avait indiqué, dans un communiqué, que les représentants spéciaux étaient convenus que les autorités compétentes des deux pays mèneraient les études techniques nécessaires en vue de la réhabilitation et de la remise en service de la ligne ferroviaire Gyumri-Kars ainsi que de la ligne de transport d’électricité.
Le 28 avril 2026, la ville de Kars a accueilli une réunion du groupe de travail conjoint arméno-turc chargé de la réhabilitation et de la remise en exploitation de la ligne ferroviaire Gyumri-Kars. Dans le contexte de l’élargissement des liaisons de transport régionales, les deux parties ont souligné l’importance d’une remise en service rapide de cette infrastructure ferroviaire.
Le 7 mai, lors d’un point de presse, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a, pour sa part, indiqué que des évaluations techniques étaient en cours en vue de la réouverture de la ligne ferroviaire Kars-Gyumri.
Dans le cadre d’un programme d’échanges de journalistes, une délégation de journalistes arméniens s’est rendue en Turquie, où elle a pu constater sur place l’état d’avancement des travaux engagés par la partie turque en vue de la réouverture de la ligne ferroviaire.
La délégation a effectué le trajet en train de Kars à Akyaka. Le parcours, d’une longueur d’environ 57 kilomètres, a duré près de 50 minutes. Depuis la gare d’Akyaka, la frontière arménienne se trouve à seulement 18 à 20 kilomètres par voie ferrée, soit un trajet qui pourrait être parcouru en 30 à 40 minutes. Toutefois, la frontière entre l’Arménie et la Turquie demeurant fermée, toute liaison ferroviaire entre Akyaka et Gyumri reste, à ce jour, impossible.
Dans un entretien accordé au correspondant d’Armenpress, le maire d’Akyaka, Erduger Toptaş, s’est montré optimiste quant aux perspectives de normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie.
Selon M. Toptaş, une fois le processus de normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan abouti, rien ne devrait plus faire obstacle à l’ouverture de la frontière entre l’Arménie et la Turquie.
Il a précisé que, sur instruction du président de la République de Turquie et sous la coordination du ministère des Transports, les travaux préparatoires avaient d’ores et déjà été engagés afin d’adapter les postes-frontières et les infrastructures ferroviaires en vue de la réouverture de la frontière.
Outre la fermeture de la frontière, qui constitue à ce stade le principal obstacle à la remise en service de la ligne ferroviaire, les infrastructures nécessitent également d’importants travaux de réhabilitation.
Le maire d’Akyaka a indiqué que les travaux de réhabilitation des infrastructures du tronçon ferroviaire Akyaka-Gyumri étaient actuellement en cours et qu’ils devraient, selon les estimations, être achevés dans un délai de deux à trois mois. Il a ajouté que plusieurs appels d’offres publics avaient déjà été lancés dans le cadre de ces travaux.
« Les travaux de construction ont donc commencé et se poursuivent conformément au calendrier prévu », a déclaré le maire d’Akyaka, réaffirmant que ces opérations s’inscrivent dans les préparatifs en vue de la réouverture de la frontière entre l’Arménie et la Turquie.
Mais le projet ne se limite pas au réseau ferroviaire. Un appel d’offres a également été lancé pour la construction de la liaison routière reliant Akyaka à Gyumri.
« L’appel d’offres relatif à la construction de la route reliant Akyaka à Gyumri a déjà été publié et nous espérons que les travaux débuteront prochainement. Cette initiative s’inscrit dans la politique menée par nos gouvernements en faveur du développement de relations de bon voisinage et d’amitié », a déclaré Erduger Toptaş.
Selon le maire d’Akyaka, la réouverture de la frontière entre l’Arménie et la Turquie serait mutuellement bénéfique sur le plan économique. Il a souligné que les possibilités de coopération étaient considérables, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie.
M. Toptaş a également souligné que la réouverture de la frontière offrirait à la Turquie une nouvelle voie d’accès vers le Caucase, tandis que l’Arménie disposerait, via la Turquie, d’un accès élargi au Moyen-Orient.
Il était également intéressant de recueillir l’avis des habitants des localités turques situées à proximité de la frontière arménienne sur une éventuelle réouverture de celle-ci et sur les perspectives qu’elle pourrait offrir. Armenpress s’est, ainsi entretenue avec plusieurs habitants d’Akyaka.
La plupart d’entre eux ont exprimé le souhait de voir la frontière rouvrir dans les meilleurs délais, estimant qu’une telle évolution créerait de nouvelles opportunités économiques, en particulier pour les localités turques frontalières de l’Arménie.