La COP17 constitue une opportunité politique et diplomatique exceptionnelle pour l’Arménie, selon le ministère de l’Environnement

12 minutes de lecture

Actuellement, l’un des principaux défis liés à l’environnement en Arménie est l’adoption de lois et d’actes juridiques visant la préservation et la protection de la biodiversité, ainsi que la mise en œuvre de mesures concrètes en ce sens.

Dans un entretien accordé à Armenpress, le secrétaire général adjoint du ministère de l’Environnement, Arkadi Khachatryan, a évoqué ces enjeux ainsi que d’autres problématiques urgentes du secteur.

– Quelles sont les attentes de l’Arménie vis-à-vis de la COP17 qui se tiendra cette année à Erevan, notamment en matière de biodiversité ?

L’Arménie considère l’accueil de la COP17 comme une opportunité politique et diplomatique exceptionnelle pour conjuguer les agendas mondiaux et nationaux en matière de biodiversité. Il est notamment attendu d’évaluer les progrès du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en décembre 2022 et visant à enrayer et inverser la perte de la nature d’ici 2030, ainsi que de renforcer sa mise en œuvre au niveau national.

La conférence constitue une plateforme importante réunissant les partenaires internationaux, étatiques, scientifiques, communautaires et privés  afin de promouvoir des actions environnementales coordonnées et efficaces, mobiliser des soutiens financiers et techniques et préciser les objectifs nationaux.

Elle offre également à l’Arménie l’opportunité de se positionner comme un acteur régional actif dans les initiatives environnementales et de renforcer son rôle dans l’agenda international.

L’un des objectifs clés est d’assurer la conservation des écosystèmes, des espèces et des ressources génétiques tout en favorisant leur utilisation durable et leur restauration. Cet enjeu est particulièrement crucial pour un pays comme l’Arménie, où la biodiversité est étroitement liée à la gestion des ressources en eau, des terres et des forêts, à la résilience climatique, ainsi qu’au développement du tourisme et de l’agriculture.

– Quels sont aujourd’hui les principaux défis en matière de biodiversité en Arménie ?

Au cours des dernières décennies, les activités humaines à grande échelle ont entraîné une perte rapide et irréversible de la biodiversité et des écosystèmes naturels.

Les menaces pesant sur la biodiversité sont largement liées à la perte, à la dégradation et à la transformation des habitats. Elles peuvent être d’origine anthropique ou naturelle, directes ou indirectes, et sont souvent combinées.

Parmi les principales menaces figurent notamment l’exploitation minière, le développement industriel, les grands projets d’infrastructures, l’hydroélectricité, l’agriculture intensive, la déforestation, le tourisme non régulé, la pollution domestique, la surexploitation des ressources biologiques, les espèces invasives, les conflits armés, les incendies de forêt, les maladies, ainsi que le changement climatique.

Des défis systémiques existent également en matière de gouvernance, notamment des lacunes dans les systèmes de données et de suivi, des ressources financières limitées et un manque de coordination entre les politiques sectorielles.

– Quelles évolutions ont été observées au cours des 5 à 10 dernières années ?

Des tendances à la fois négatives et positives ont été observées. Les évolutions négatives se traduisent par une réduction des habitats, un déclin de certaines espèces et une perturbation des écosystèmes.

Parallèlement, grâce à l’extension des zones protégées, à la mise en œuvre de programmes de restauration et à l’amélioration des mécanismes de gestion, certaines régions enregistrent des progrès, notamment en matière de stabilisation des écosystèmes forestiers et aquatiques.

Ces évolutions varient selon les régions, en fonction des facteurs naturels et socio-économiques.

– Quelles sont les conséquences les plus significatives de la dégradation des écosystèmes pour les populations ?

La dégradation des écosystèmes a un impact direct sur la qualité de vie et la stabilité économique. Parmi les effets les plus importants figurent la perte de biodiversité, l’apparition d’espèces invasives, la diminution et l’instabilité des ressources en eau, la dégradation des sols, l’augmentation des risques dans l’agriculture, l’intensification des effets climatiques et la hausse de la fréquence des catastrophes naturelles.

L’usage incontrôlé des ressources en eau, l’agriculture intensive, l’écotourisme non régulé et l’urbanisation rapide peuvent aggraver ces impacts s’ils ne sont pas encadrés par des principes de développement durable.

– Quelles priorités politiques nécessitent une attention immédiate ?

Il est essentiel d’adopter des lois et des actes normatifs visant la protection de la biodiversité, ainsi que de mettre en place des politiques et programmes adaptés.

Il est également nécessaire de renforcer les systèmes de suivi et de surveillance, d’élaborer des méthodologies appropriées et de mener des études à l’échelle nationale.

– Dans quelle mesure les politiques publiques répondent-elles aux besoins réels ?

Le cadre législatif arménien en matière de biodiversité est relativement développé et couvre les principes essentiels de protection et d’utilisation.

Cependant, les dispositions légales ne suffisent pas toujours à répondre pleinement aux défis existants. Il est nécessaire de mettre en place un cadre juridique plus intégré et orienté vers l’action, fondé sur une gestion scientifique et la participation active des communautés.

Les programmes publics sont globalement conformes aux engagements internationaux et visent à atteindre les principaux objectifs de conservation de la biodiversité. Ils couvrent à la fois les volets de protection, de restauration et de gestion.

Néanmoins, les besoins réels du secteur dépassent souvent les capacités financières et institutionnelles existantes, ce qui nécessite un développement continu des programmes, une amélioration de leur efficacité ainsi qu’un renforcement de la coopération international

– Quel rôle jouent les communautés locales dans la collecte de données et la protection de la nature ?

Situées à proximité des aires protégées et en tant que premiers bénéficiaires, les communautés locales jouent un rôle clé dans le système de conservation de la biodiversité. Elles participent à la gestion des ressources naturelles ainsi qu’aux գործընթաց de suivi et de collecte de données, garantissant la disponibilité et la fiabilité des informations au niveau local.

L’exemple du paysage protégé d’Arpa montre clairement que les communautés constituent un maillon essentiel de la conservation, en conciliant les intérêts environnementaux et socio-économiques et en contribuant au développement durable. Cela est particulièrement important dans les zones montagneuses éloignées, où le contrôle de l’État est limité.

L’implication des communautés renforce l’efficacité des programmes. À cette fin, des programmes éducatifs visant le développement des capacités sont mis en œuvre, afin d’assurer des résultats durables à long terme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

Français English Español Հայերեն Русский