Un expert iranien estime qu’il est nécessaire d’approfondir davantage les relations entre Erevan et Téhéran

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Le président de l’Association d’amitié Iran–Arménie, Mohammad Reza Damavandi, salue le niveau politique actuel des relations entre Erevan et Téhéran, tout en soulignant la nécessité de renforcer et de développer davantage les autres domaines de la coopération bilatérale.

L’expert accorde également une grande importance à l’approfondissement des relations avec l’Arménie afin de maintenir la position de l’Iran dans le Caucase.

Selon « Armenpress », cité par l’agence IRNA, l’expert iranien a exprimé ce point de vue lors d’une rencontre conjointe organisée par l’Université de Téhéran et l’agence IRNA, intitulée :
« Les relations Iran–Arménie : une transition vers un nouvel ordre régional et mondial ».

Damavandi a rappelé que les relations entre l’Iran et l’Arménie sont profondément enracinées dans l’histoire et la culture.

« Les Arméniens vivent en Iran depuis des millénaires. Seule notre religion diffère. Le niveau de nos relations ne peut en aucun cas être comparé à la profondeur de nos liens culturels et historiques », a déclaré l’expert.

En évoquant les relations économiques irano-arméniennes, l’expert a souligné que les relations économiques entre Erevan et Téhéran restent très faibles, ne dépassant même pas un milliard de dollars.

Selon lui, le Caucase a été « le maillon manquant » de la politique étrangère de l’Iran au cours des dernières décennies :

« Nous avons toujours accordé de l’attention à d’autres régions géographiques, tout en restant indifférents au Caucase. Notre réaction face à cette région a été passive. Trente-quatre ans se sont écoulés depuis l’effondrement de l’Union soviétique, mais nous ne disposons toujours pas d’une politique claire et équilibrée à l’égard du Caucase. Nos ambassadeurs à Bakou et à Erevan font des déclarations contradictoires, chacune contredisant l’autre. »

Dans son discours, Mohammad Reza Damavandi a également cité l’ouvrage du regretté chef d’état-major des forces armées iraniennes, le martyr Mohammad Bagheri (ndlr : mort pendant la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran), intitulé « Analyse géopolitique du Caucase : une base pour une meilleure politique étrangère dans la région », notant que Bagheri avait compris, dès les années 1980, l’importance stratégique du Caucase et avait consacré sa thèse à cette région.

« Et pourtant, nous n’avons toujours pas pris conscience des réalités de cette région, et il n’existe aucune volonté politique de lui accorder l’attention nécessaire. Dans son livre, le général de division Bagheri écrivait clairement que nous devons construire les routes de l’Arménie pour occuper une position dominante dans le Caucase du Sud. Mais, malheureusement, il n’y a pas de volonté de le mettre en œuvre », a insisté l’expert iranien.

Il a également souligné le rôle crucial de l’Arménie pour l’Iran dans la perspective de contourner les sanctions imposées par les États-Unis.

«Pendant la période des sanctions, l’Arménie a montré à quel point elle pouvait être efficace pour faciliter notre accès aux marchés régionaux et mondiaux», a déclaré l’expert.

S’exprimant sur les relations économiques, Damavandi a estimé que le premier pont reliant l’Iran et l’Arménie au-dessus de la rivière Araxe est insuffisant pour la mise en œuvre du corridor Nord-Sud.

«Si Chabahar doit être relié à la mer Noire dans le cadre du corridor Nord-Sud, nous avons besoin d’un deuxième pont, car le pont actuel ne peut pas supporter le volume important de camions en transit», a-t-il souligné.

L’expert a également attiré l’attention, lors de la réunion, sur l’influence importante du lobby arménien sur les scènes politiques de nombreux pays à travers le monde, ajoutant qu’il pourrait être «efficace pour influencer les approches politiques des pays à l’égard de l’Iran».

Le président de l’Association d’amitié Iran-Arménie a par ailleurs estimé que la présence de l’Iran sur le marché arménien avait décliné ces dernières décennies.

«Le marché arménien était autrefois entièrement entre nos mains, mais parce que nous pensions que cela resterait ainsi pour toujours, nous l’avons négligé. Et si cette négligence se poursuit, nous risquons de le perdre», a averti Damavandi.

Il a également évoqué l’absence de coproductions cinématographiques entre l’Arménie et l’Iran, y voyant un signe d’inactivité dans les échanges culturels et sociaux entre les deux pays.

 

 

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