Olivier Decottignies: les relations entre l’Arménie et la France n’ont jamais été aussi intenses et solides

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La Fête nationale de la République française, marquant la prise de la Bastille, a été célébrée dans une atmosphère solennelle dans l’Ambassade de France en Arménie.

Selon Armenpress, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Arménie, Olivier Decottignies, a déclaré dans son discours:  

" Monsieur le Vice-Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Monsieur le Co-Président du CCAF,

Monsieur le Président du Fonds arménien de France,

Monsieur le Président du Jury du Festival Golden Apricot, 

Mesdames et Messieurs,

Chers Compatriotes,

Chers amis Arméniens,

Chers partenaires internationaux,

Bari yereko bolorin, yev bari galust.

Bienvenue à toutes et à tous et merci d’être à nos côtés par cette chaude soirée d’été. 

Le 14 Juillet 1789, déjà, il faisait chaud, et le peuple de Paris avait soif – soif de liberté. 

Avec la prise de la Bastille, emblème de l’arbitraire de l’Ancien Régime, la Révolution française prenait conscience d’elle-même. Depuis, le 14 Juillet, devenu en France Fête nationale, symbolise notre Révolution et en synthétise les principes : la liberté, l’égalité et la fraternité.  Ces principes ne sont pas l’apanage du peuple français. Ils sont l’aspiration de tous les peuples et la conquête, fragile, de toutes les démocraties. 

Nos amis Arméniens le savent. Ils ont secoué bien des chaînes, fait tomber bien des Bastilles. Leur nation arrachée au génocide, leur Etat soustrait à la domination des empires, leur démocratie affermie par la volonté du peuple sont un trésor pour le monde et un espoir pour la région. Leur République est pour nous, Français, une République sœur. 

Et ce ne sont pas que des mots. En ce moment même, le Président de la République et le Premier ministre arménien sont réunis au Palais de l’Elysée, à Paris. Et ce matin, le Président du Parlement arménien représentait l’Arménie, au côté des Français, aux cérémonies du 14 juillet. C’est dire à quel point nous sommes liés.

Mesdames et Messieurs,

L’an dernier, nous avons célébré le centenaire de Charles Aznavour et accueilli au Panthéon Missak et Mélinée Manouchian. Cette année, nous nous souvenons de l’Amiral Dartige du Fournet, qui à l’été 1915, avec ses marins de la 3ème escadre française en Méditerranée, arracha au génocide plus de 4.000 Arméniens de Musaler. 

Il avait agi sans ordre, n’écoutant que sa conscience et son honneur d’officier français. 110 ans plus tard, le Mémorial du génocide arménien lui a rendu hommage, en présence des ministres des Affaires étrangères arménien et français. 

110 ans plus tard, l’esprit de Musaler continue de nous animer, Arméniens et Français. Et nous pouvons dire que nos relations n’ont jamais été aussi denses, ni aussi confiantes. 

Au plan diplomatique, la France, vous le savez, soutient les efforts courageux du Gouvernement arménien pour parvenir à la paix avec l’Azerbaïdjan et à la normalisation dans la région. Dans le même temps, l’Arménie s’affirme comme un carrefour des relations internationales. Elle accueillera en 2026 la COP sur la biodiversité et le Sommet de la Communauté politique européenne. Nous serons aux-côté de nos amis Arméniens pour ces grandes échéances ;

Au plan militaire, notre coopération de défense avance résolument. Elle vise à permettre à l’Arménie de se donner les moyens de défendre sa population, son territoire et sa souveraineté. Et je le dis ici, nous sommes fiers de contribuer à armer, à former et à conseiller les soldats arméniens. Et nous pensons à eux, qui en ce moment même, veillent sur notre sécurité à tous. 

Au plan économique, aussi, les choses avancent. L’Arménie a confié à la société française IDEMIA la fabrication des passeports et des cartes d’identité de ses citoyens.  Carrefour poursuit son expansion à travers le pays. Mistral construit un partenariat avec l’Arménie dans le domaine de l’intelligence artificielle.  Le Groupe Richel bâtit des serres agricoles de dernière génération dans le Gegharkunik. Et de grands projets sont en préparation, en particulier dans les infrastructures.

Au plan européen, la France a appuyé l’ouverture des négociations avec l’Arménie sur la libéralisation des visas. Elle continuera de soutenir les aspirations de ce pays qui se tourne courageusement vers l’Europe ; 

Au plan humanitaire, enfin, nous continuons de nous tenir aux côtés des réfugiés arméniens du Haut-Karabagh et de l’Arménie qui les accueille. Deux ans après leur exode forcé, nous ne les oublions pas.

Mesdames et Messieurs,

Le Président de la République nous a fixé un cap (et je le cite) : « le soutien de la France à l’Arménie est inconditionnel, il est entier, il est constant. » 

Ce soutien va se poursuivre, résolument, à-travers des projet communs, que nous mènerons ensemble, Arméniens et Français.

Il va se poursuivre dans tous les domaines : la culture, la diplomatie, l’éducation, la francophonie, l’économie, la défense, l’environnement, les infrastructures – et je pense en particulier au chantier de Vedi, le plus grand barrage construit en Arménie depuis l’Indépendance, financé par un prêt de l’Agence française de développement, qui sera achevé cet automne ;

Et il va se poursuivre sur tout le territoire de l’Arménie, avec une attention particulière pour les régions les plus exposées, comme le Syunik, où nous avons ouvert, il y a quelques semaines une agence consulaire, et où nous avons organisé, à Goris, les Assises de la coopération décentralisée franco-arménienne. Mais je pense également à Vanadzor qui a accueilli le 21 juin la Fête de la musique. 

Mesdames et Messieurs,

Nous savons que nous pouvons compter dans notre mission sur le soutien toujours amical et bienveillant des autorités arméniennes, qu’il s’agisse du Gouvernement, du Parlement, des Gouverneurs, des Maires, des responsables des nombreux services publics avec lesquels nous coopérons au quotidien. 

Nous sommes aussi portés par toutes celles et ceux qui, en France, ont l’Arménie à cœur : parlementaires, collectivités territoriales, artistes, intellectuels, entreprises, organisations de la société civile et de la diaspora. Le peuple arménien a nourri les sources de notre culture. Il a honoré notre pays de son amitié et de sa fidélité. Il nous a donné des filles et des fils qui ont contribué à faire la France. Les Français le savent, et s’ils se disputent sur bien des sujets, ils se retrouvent sur l’Arménie. C’est pour nous une force.

Je voudrai ici remercier la communauté française d’Arménie, si active et si atypique. C’est vous, dans votre diversité – retournants de 1947 et leurs descendants, professeurs, entrepreneurs, travailleurs humanitaires, journalistes, artistes, volontaires de multiples organisations, observateurs de la Mission civile européenne – c’est vous qui êtes les artisans de notre relation.

Je voudrais également remercier mon équipe, l’équipe de l’Ambassade bien sûr, mais aussi toutes celles et ceux qui, à l’Institut français, au Lycée français Anatole France, à l’UFAR, au sein de l’AFD et d’Expertise France, de l’OFII, dans nos Armées, représentent avec talent, conviction et dévouement la France en Arménie."

 

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