Olivier Decottignies: Goris redeviendra un carrefour, et la présence de la partie française ici est significative

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«Goris est une ville située au cœur de la géopolitique de l’Arménie et revêt une importance stratégique », a déclaré l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Arménie, Olivier Decottignies, lors de la 5ᵉ conférence sur la coopération décentralisée Arménie-France, qui se tient à Goris, selon « Armenpress ».

« En ce moment important, votre présence ici à Goris est la preuve que cette ville revêt une importance stratégique. C’est une ville située au cœur de la géopolitique de l’Arménie. Goris a été la première à accueillir la population déplacée du Haut-Karabakh. C’est une ville qui construit la paix dans la région, qui a toujours été un carrefour, et dont l’action vise à bâtir la paix. Goris redeviendra un carrefour, et notre présence ici est très significative », a déclaré l’ambassadeur.

Selon lui, l’importance stratégique de la coopération décentralisée avec la France découle des événements récents. Cette coopération s’inscrit sous le signe de la solidarité, a-t-il ajouté, rappelant que de nombreux Français se sont mobilisés pour l’Arménie.
« Aujourd’hui, il y a une évolution positive dans l’approche : les collectivités françaises et arméniennes parlent d’amitié, tout en intégrant désormais des paramètres stratégiques. »

« Le fait même d’être aujourd’hui dans le Syunik montre clairement qu’un choix a été fait : celui de développer une coopération stratégique. Goris est ouverte sur le monde. Dans cette région, on sent que ses habitants ne sont pas abandonnés par la communauté internationale. Il y a des collectivités, parfois lointaines, qui pensent à vous. C’est un territoire où des choses se passent, où des emplois sont créés, où les services se développent, où des événements culturels sont organisés. Ce territoire est capable de résilience et de stabilité. Voilà tout le sens stratégique de la coopération décentralisée », a-t-il expliqué.

Le diplomate a également rappelé que Patrick Devedjian, ancien président du département des Hauts-de-Seine, avait décidé de concentrer ses efforts sur la région frontalière et agricole de Tavush, soulignant que c’était une décision pleinement justifiée par la situation. « Avoir une approche stratégique ne signifie pas nécessairement penser à de grands projets. C’était un vrai choix. Même si les capacités des collectivités des deux côtés sont modestes, cela reste un pas stratégique », a affirmé Decottignies.

Il a aussi rappelé que la coopération entre collectivités a précédé la coopération interétatique, citant l’exemple de Bagneux et Vanadzor, qui sont devenues villes jumelées en 1968, bien avant l’indépendance de l’Arménie.

« Aujourd’hui, les représentants de l’État cherchent à se rapprocher des collectivités. À cet égard, je veux souligner une spécificité : au sein de notre ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la fonction de coordinateur pour la coopération avec l’Arménie n’a pas d’équivalent pour d’autres pays. Cela reflète la nature multiforme de notre relation avec l’Arménie : elle implique la diaspora, les associations, les ONG, les entreprises. »

« Par ailleurs, tous les acteurs souhaitent engager un dialogue avec l’État sur les priorités stratégiques, en identifiant comment chacun, selon ses spécificités, peut avoir un impact sur la situation géopolitique. Le fait que nous soyons tous réunis ici à Goris - ville à laquelle, sous l’égide de Paris, d’autres collectivités et l’Union des Associations Arméniennes ont envoyé de l’aide humanitaire - montre que l’État français et la société française restent à vos côtés. Ce que nous construisons ensemble n’est pas simplement une coopération technique, ni uniquement une amitié : c’est un véritable levier pour agir, pour soutenir l’Arménie et œuvrer pour la paix », a conclu Olivier Decottignies.

 

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