Nikol Pashinyan : « L’Arménie doit se doter d’une nouvelle opposition centrée sur l’État »
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Nikol Pashinyan appelle à l’émergence d’une nouvelle opposition attachée aux intérêts de l’État en Arménie.
Selon Armenpress, le Premier ministre a fait cette déclaration lors d’un direct sur sa page Facebook, en commentant les résultats des élections aux organes d’autonomie locale qui se sont tenues le 25 octobre dans 19 communes d’Arménie.
appelons que, dans la plupart des communes, le parti au pouvoir en Arménie, le Contrat civil, a remporté une victoire écrasante.
« Hier, des élections locales ont eu lieu dans plusieurs communes d’Arménie. À l’issue de ces élections, le Contrat civil, ou, pour ainsi dire, les candidats et les équipes pro-Contrat civil, ont remporté une victoire écrasante. Cette situation appelle une analyse politique sous plusieurs angles. Elle est loin d’être simple et je souhaite présenter mon appréciation et ma perception des événements.
Premièrement, lors des élections législatives, j’avais promis — et c’était mon engagement — que les forces dites « robas-serj-kalougiennes-ktritchiennes », ou, en un mot, les forces d’espionnage, ainsi que le parti de la guerre à trois ou quatre têtes, seraient anéanties. Or, les résultats des élections locales montrent que cela s’est produit grâce à l’aide et au soutien des citoyens arméniens.
Mais, d’un autre côté, je tiens à le dire franchement et sans détour : en tant que personne ayant accédé au poste de Premier ministre de l’Arménie à la suite de la révolution non violente et de velours de 2018, je ne suis nullement heureux que nous ayons obtenu, dans plusieurs communes, plus de 90 %, 80 % ou 70 % des voix. Car, aussi réjouissants que ces chiffres puissent paraître à première vue, ils suscitent certaines associations. Mais ils soulèvent également la question de l’opposition en Arménie.
Nous devons évaluer correctement cette situation : d’une part, nous devons véritablement éradiquer d’Arménie l’opposition d’espionnage, dirigée depuis l’étranger ; d’autre part, l’Arménie doit disposer d’une opposition centrée sur les intérêts de l’État », a déclaré le Premier ministre arménien.
Il a souligné que cette question avait été examinée dans différents cadres, avant de poser la question de savoir ce que le gouvernement pouvait et devait faire pour favoriser l’émergence d’une nouvelle opposition.
« Notre conclusion est que nous ne devons rien faire, c’est-à-dire ne pas intervenir de manière concrète et active dans ce processus. Dans le cas contraire, nous risquerions de nous retrouver dans une situation encore pire et de tenter de rétablir les pires pratiques en Arménie. Vous vous souvenez qu’il existait en Arménie ce que l’on appelait une opposition de clientèle, soumise et contrôlable. C’est tout aussi désastreux pour l’Arménie.
Je pense toutefois qu’une nouvelle opposition doit émerger en Arménie : une opposition centrée sur les intérêts de l’État et une véritable opposition, qui se consacrerait à une activité politique réelle plutôt qu’à des activités d’espionnage. La nécessité d’une telle opposition est évidente. Mais, d’un autre côté, le gouvernement ne peut pas et ne doit pas créer une opposition, car celle-ci serait alors une opposition contrôlée, une fausse opposition », a précisé Nikol Pachinian.
Selon lui, la solution consiste à ce que les forces non gouvernementales attachées aux intérêts de l’État deviennent plus actives en Arménie.
« Bien entendu, nous ne pouvons pas les soutenir, mais nous ne leur mettrons aucun obstacle. Nous avons intérêt à ce qu’émerge véritablement en Arménie une opposition qui agisse dans l’intérêt de l’Arménie et du peuple arménien, et qui s’appuie sur les valeurs et les principes démocratiques. Il ne s’agit pas d’une opposition qui chercherait à acheter des voix ou à réinvestir dans la politique l’argent volé et détourné, faisant de la politique un instrument de protection des biens pillés.
Je présente cette question comme un axe de réflexion particulièrement important, mais, à ce stade, mes propos relèvent de la rhétorique. Pour l’heure, je peux féliciter chacun d’entre nous pour les progrès accomplis dans l’élimination de l’opposition d’espionnage, ou du parti de la guerre à quatre têtes, avec, bien entendu, le soutien du peuple arménien. Mais il est également évident que l’Arménie a besoin d’une nouvelle opposition politique, démocratique et centrée sur les intérêts de l’État », a déclaré Nikol Pashinyan.
Selon lui, le gouvernement arménien mène et poursuivra des réformes institutionnelles afin de permettre l’émergence d’une telle opposition centrée sur les intérêts de l’État.
« Je souhaitais attirer l’attention de tous sur cet enjeu. Tout en félicitant, bien entendu, l’ensemble de nos candidats et de nos équipes qui ont remporté des victoires écrasantes dans les communes, je tiens à souligner que notre joie suscite également certaines préoccupations. Dans les prochains temps, nous devrons organiser des débats publics sur cette question : que faire et comment œuvrer à la mise en place d’un système politique permettant l’émergence en Arménie d’une opposition centrée sur les intérêts de l’État, qui exerce également un contrôle réel et constructif sur l’action du pouvoir ?
Je tiens à souligner que, dans nos communes où les résultats des élections n’ont pas permis l’émergence d’une opposition forte, la question du contrôle citoyen reste entière. J’espère que les groupes citoyens et les représentants de la société civile assumeront cette fonction, en s’appuyant toutefois sur la vérité », a-t-il indiqué.
Nikol Pashinyan a une nouvelle fois souligné que « le parti de la guerre à quatre têtes doit être éradiqué d’Arménie, tout comme l’oligarchie criminelle et la mafia ».
« Avec les élections locales du 25 octobre, le problème est résolu dans cette mesure et dans ces limites. Mais, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, lorsqu’on résout un problème, deux ou trois nouveaux surgissent. Nous avons résolu un problème lors des élections d’hier, mais trois nouveaux se posent désormais.
Premièrement, comment faire en sorte que les résultats des élections ne donnent pas une impression d’autoritarisme et de dictature ?
Deuxièmement, comment mettre en place un mécanisme objectif de contrôle citoyen dans les communes où les élus ont obtenu un niveau élevé de confiance ?
Troisièmement, comment faire émerger en Arménie une opposition centrée sur les intérêts de l’État, jeune, intellectuelle, objective, honnête, et guidée et dirigée uniquement par ses propres électeurs et les citoyens ?
Ce sont des questions auxquelles nous devons réfléchir », a conclu Nikol Pashinyan.