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L'Iran soutient les initiatives en matière de connectivité ; un représentant précise la position de Téhéran sur le TRIPP

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L'Iran soutient les initiatives en matière de connectivité ; un représentant précise la position de Téhéran sur le TRIPP

L’Iran estime que tout processus visant à instaurer la paix dans le Caucase du Sud doit être fondé sur le statu quo existant et que tout changement géopolitique est inacceptable pour Téhéran, a déclaré l’ambassadeur d’Iran en Arménie, Khalil Shirgholami.

« La position de principe de l’Iran consiste à préserver le statu quo existant dans le Caucase du Sud, tant sur le plan territorial que sur le plan géopolitique de la région », a-t-il déclaré lors du Forum APRI 2026.

« Le deuxième point est que nous avons besoin d’un nouvel équilibre dans la région, car le discours sur la paix est bon et utile, mais il ne suffit pas à lui seul à établir et à maintenir la paix dans la région. Si nous recherchons véritablement une paix réelle et durable, il faut un véritable équilibre des forces, en particulier entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan. C’est extrêmement important et significatif. Et c’est précisément ce que l’Iran cherche à instaurer dans cette région: un nouvel équilibre des forces, qui constitue la véritable garantie d’une paix durable et stable dans la région », a déclaré Shirgholami.

Selon lui, en l’absence d’un tel équilibre, la situation restera fragile. D’après l’ambassadeur, même si les intentions des parties sont positives, cela ne suffit pas à établir et à maintenir la paix.

« Nous estimons que les dynamiques et les formats régionaux sont plus stables et plus efficaces pour assurer une paix, une stabilité et un développement durables dans la région. Bien entendu, les intérêts légitimes d’autres puissances qui ne se trouvent pas dans cette région sont acceptables et compréhensibles. Elles ont certains intérêts légitimes, ce qui est tout à fait naturel, mais en même temps, si l’on tente de transformer cette région en une arène de compétition négative ou de conflit, cela n’aura pas d’impact positif sur la région. À long terme, cela aura de graves conséquences, compromettant la stabilité et le développement de cette région même », a souligné l’ambassadeur.

Shirgholami a assuré que la partie iranienne soutient les initiatives visant à renforcer la connectivité.

« Nous avons salué l’idée et le programme du Premier ministre Pachinian intitulés « Carrefour de la paix ». Nous estimons que ce carrefour comporte différentes directions : est-ouest, ouest-est, nord-sud, sud-nord. Et s’il existe des programmes visant à renforcer la connectivité, alors toutes les possibilités et tout le potentiel doivent être exploités et concrétisés », a déclaré le diplomate.

S’exprimant au sujet du projet TRIPP, Shirgholami a déclaré que, s’il répond à certaines conditions préalables, celui-ci sera positif pour le développement et la paix dans la région.

« Dans le même temps, nous estimons que l’Arménie dispose également d’un grand potentiel pour servir de maillon de connexion entre le golfe Persique, l’océan Indien et la région au sens large, et que ce potentiel doit lui aussi être exploité et concrétisé. Par conséquent, nous soutenons les idées du « Carrefour de la paix » et de la connectivité, à condition que certaines conditions ou conditions préalables soient remplies », a déclaré l’ambassadeur.

Abordant les relations entre l’Arménie et l’Iran, Shirgholami a souligné qu’à cet égard, il est très important que les deux partenaires traditionnels puissent s’adapter aux nouvelles orientations de la politique étrangère de l’Arménie. Selon lui, cela concerne la politique étrangère de l’Arménie tournée vers l’Occident et son rapprochement avec l’Union européenne et les États-Unis, tout en maintenant au même niveau le partenariat entre l’Iran et l’Arménie.

« C’est le défi le plus important, mais il offre également de nombreuses possibilités. Nous estimons qu’au moins avec l’Union européenne et les pays européens, nous avons de nombreux points communs en ce qui concerne les approches visant à préserver la paix et la stabilité dans cette région, ainsi qu’entre la République d’Azerbaïdjan et la République d’Arménie. Bien qu’à première vue, cela puisse sembler être un défi que l’Iran et l’Arménie doivent relever, il existe également, dans le même temps, de nombreuses possibilités. Nous estimons que, grâce à la profonde confiance mutuelle entre les dirigeants de l’Arménie et de l’Iran, nous serons en mesure de relever ce défi et non seulement de maintenir le niveau actuel de coopération, mais aussi de le rehausser », a déclaré Shirgholami.

Il a indiqué que la partie iranienne réfléchissait et œuvrait à l’établissement d’un partenariat stratégique avec l’Arménie et à l’institutionnalisation de ce partenariat à l’avenir.

« Nous comprenons la situation géopolitique de l’Arménie. L’Arménie, étant un pays enclavé, a historiquement été confrontée à de nombreux problèmes et obstacles en matière d’ouverture sur le monde et a besoin de mécanismes et de voies multiples ou différents pour établir des connexions avec le monde et différentes régions, ainsi que pour exploiter pleinement son rôle de carrefour de connexion. Par conséquent, nous comprenons la situation ainsi que cette vision stratégique de la politique étrangère de l’Arménie. S’agissant du projet TRIPP, compte tenu de l’approche fondamentale de l’Iran concernant la nécessité de préserver le statu quo dans la région, que j’ai déjà évoquée, nous estimons que la mise en œuvre de ce projet ne doit porter aucunement atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté nationale de la République d’Arménie », a déclaré le diplomate.

Il a ajouté que la République d’Azerbaïdjan et ses dirigeants continuent de parler très clairement et ouvertement du soi-disant « corridor de Zanguezour », tandis que la partie iranienne, selon l’ambassadeur, exprime tout aussi clairement sa position selon laquelle tout changement géopolitique ou toute action qui porterait atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de la République d’Arménie ne peut être toléré.

« Il s’agit de la première condition préalable. Deuxièmement, un point fondamentalement important est qu’aucune présence militaire des États-Unis ne peut être tolérée dans la région. Cette position repose sur le fait que l’attitude hostile des États-Unis à l’égard du peuple iranien a été démontrée à maintes reprises, y compris récemment. Par conséquent, compte tenu de ces deux conditions préalables  à savoir qu’aucune atteinte ne doit être portée à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de la République d’Arménie et qu’aucune présence sécuritaire ou militaire américaine ne doit être établie à l’intérieur des frontières du pays , nous n’avons aucune raison de nous opposer à ce projet s’il contribue positivement au développement et au bien-être du peuple arménien », a déclaré l’ambassadeur d’Iran.

 

 

 

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