Un programme de soutien destiné aux entreprises arméniennes pour l’accès au marché de l’Union européenne a été présenté au Gouvernement à la suite des restrictions imposées par la Russie
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Le ministère arménien de l’Économie a soumis au Gouvernement un programme de soutien destiné à permettre aux entreprises arméniennes d’exporter leurs produits vers le marché de l’Union européenne.
Selon Armenpress, cette annonce a été faite par le ministre de l’Économie de la République d’Arménie, Gevorg Papoyan, lors d’un entretien avec des journalistes.
Cette initiative intervient dans un contexte de restrictions imposées par la Russie à l’importation de nombreux produits arméniens.
Répondant à une question sur la faisabilité des exportations arméniennes vers l’Union européenne, compte tenu des normes européennes et de la qualité des produits arméniens, le ministre a souligné :
« C’est tout à fait réaliste, car nos fruits et légumes destinés à l’exportation disposent de la certification GlobalG.A.P., qui figure parmi les certifications les plus exigeantes. Il s’agit précisément des produits commercialisés dans les supermarchés européens. Le principal défi réside aujourd’hui dans les coûts logistiques. À titre d’exemple, nous produisons des fraises selon les mêmes technologies, méthodes et dans les mêmes types de serres qu’en Europe. La différence est que, par exemple, un agriculteur français achète ses plants auprès d’un producteur néerlandais, les transporte sur 200 kilomètres, les plante, puis transporte les fraises sur une distance similaire avant de les commercialiser. Dans ce cas, les coûts logistiques peuvent atteindre au maximum 500 dollars. Pour nous, en revanche, il faut dépenser environ 8 000 dollars pour acheminer les plants jusqu’en Arménie, puis encore 8 000 dollars pour exporter les fraises vers l’Europe, auxquels s’ajoutent des droits de douane de 8,8 % à 14 %. »
Le ministre a rappelé que les produits arméniens répondent aujourd’hui aux normes les plus élevées, tant sur le marché de l’Union économique eurasiatique que sur celui de l’Union européenne.
« Les questions de conformité aux normes ne se posent plus. Nos produits satisfont déjà aux exigences les plus élevées. Le principal obstacle reste le transport. C’est pourquoi nous avons présenté aujourd’hui au Gouvernement un programme de compensation destiné à subventionner les exportateurs de produits agricoles afin qu’ils puissent proposer des prix compétitifs sur le marché européen », a-t-il ajouté.
M. Papoyan a précisé que le Gouvernement était prêt à consacrer des ressources financières importantes à ce programme afin d’éviter que les opérateurs économiques ne subissent des pertes.
« Nous apporterons un soutien financier substantiel. Les montants de compensation ont été calculés pour chaque catégorie de produits. À titre d’exemple, jusqu’à la fin de l’année, l’aide prévue atteindra 5,5 millions de dollars pour les fleurs, 3,5 millions de dollars pour les tomates et 3,5 millions de dollars pour les poivrons », a-t-il déclaré.
Interrogé sur les pays européens susceptibles d’accueillir les exportations arméniennes, le ministre a répondu :
« Tous les pays européens, de la Grèce à l’Allemagne. »
Évoquant les restrictions imposées par la Russie à l’importation de plusieurs produits arméniens, Gevorg Papoyan a indiqué que son vice-ministre avait rencontré des représentants russes à Astana.
Selon lui, l’atmosphère des discussions a été très positive et toutes les parties souhaitent parvenir à une solution aux problèmes existants.
Le ministre s’est déclaré convaincu qu’après les élections législatives prévues en Arménie le 7 juin, la partie arménienne sera en mesure de régler rapidement l’ensemble de ces questions.
Le Rosselkhoznadzor a annoncé l’introduction, à compter du 2 juin 2026, de restrictions temporaires à l’importation en Russie de cerises, griottes, abricots, prunes, pêches, nectarines et raisins en provenance d’Arménie. L’organisme russe a justifié cette décision par des violations des exigences phytosanitaires et par une augmentation des infractions constatées lors des livraisons de produits arméniens.
Auparavant, la Russie avait déjà restreint les importations de tomates, concombres, poivrons et fraises arméniens. Les importations de fleurs, de produits de la pêche, de certaines boissons alcoolisées ainsi que de l’eau minérale « Jermuk » en provenance d’Arménie sont également interdites à ce jour sur le marché russe.