Martin Galstyan : une croissance a été enregistrée dans tous les segments du système financier
7 minutes de lecture

Le système financier arménien a poursuivi sa croissance en 2025 tout en conservant une forte résilience face aux chocs. Une progression a été enregistrée dans l’ensemble des secteurs du système financier.
C’est ce qu’a déclaré le gouverneur de la Banque centrale d’Arménie, Martin Galstyan, lors d’une rencontre avec les journalistes consacrée à la présentation du Rapport sur la stabilité financière 2025.
Selon lui, les actifs du secteur bancaire continuent de représenter la part prépondérante des actifs du système financier, soit environ 82 %.
« Les fonds de pension occupent la deuxième place avec une part de 9,3 % des actifs du système financier. Leurs actifs ont progressé plus rapidement que ceux de tous les autres segments. En 2025, le portefeuille de crédits accordés à l’économie par le système bancaire a enregistré une croissance d’environ 23 %, tandis que le portefeuille des dépôts a augmenté de 13 % », a-t-il indiqué.
Selon Martin Galstyan, au cours des trois dernières années, la croissance du crédit a été presque deux fois supérieure à celle des dépôts, ce qui signifie que la forte demande de financement de l’économie a également été soutenue par les fonds propres du système bancaire.
« Des taux de croissance élevés ont été observés aussi bien pour les crédits accordés aux ménages que pour ceux destinés aux entreprises. Cette dynamique s’explique principalement par la forte progression des revenus dans l’économie. Dans le secteur du crédit hypothécaire, un ralentissement naturel des taux de croissance a été constaté, tandis que le volume des nouveaux prêts est demeuré élevé », a-t-il précisé.
Le gouverneur de la Banque centrale a souligné l’importance d’une évaluation rigoureuse du niveau d’endettement des emprunteurs et de leur capacité de remboursement, intégrant non seulement les conditions macroéconomiques actuelles, mais également les risques découlant de scénarios défavorables.
« Dans un contexte marqué par la hausse des revenus et une forte activité de crédit, la part des prêts non performants ainsi que les pertes sur crédits demeurent à un niveau faible », a ajouté Martin Galstyan.
Abordant le marché immobilier, il a indiqué qu’en 2025 celui-ci avait connu une relative stabilisation de la demande ainsi qu’un ralentissement de la hausse des prix.
« Le rapport entre les prix des logements et les loyers a augmenté à l’échelle nationale, ce qui pourrait réduire l’attractivité de l’immobilier en tant qu’investissement. Ces dernières années, nous avons observé une légère hausse des prix, tandis que les loyers ont diminué », a-t-il expliqué.
Martin Galstyan a également souligné que la forte croissance du financement du secteur de la construction et l’augmentation continue des surfaces résidentielles mises en service ces dernières années pourraient, dans un contexte de saturation progressive de la demande, entraîner un excédent d’offre et accroître les risques de pertes sur les crédits accordés à la construction.
« À la fin de l’année, le système bancaire a affiché une rentabilité élevée, principalement grâce à la progression du revenu net d’intérêts. Dans un contexte d’expansion de l’intermédiation bancaire, cette évolution est essentiellement attribuable à l’augmentation des volumes d’activité. Le ratio d’adéquation des fonds propres du système bancaire est demeuré à un niveau élevé », a déclaré le gouverneur.
Il a également souligné qu’en 2025 les principaux risques pesant sur la stabilité financière continuaient d’être liés aux fortes incertitudes politiques et économiques mondiales.
« En 2026, le conflit en cours au Moyen-Orient a constitué un choc d’offre négatif majeur pour l’économie mondiale, entraînant une forte hausse des prix de l’énergie ainsi qu’une augmentation de la volatilité sur les marchés financiers. Certaines estimations indiquent que, même si ce conflit venait à prendre fin, ses conséquences continueront à se faire sentir pendant plusieurs mois. Parmi les risques d’origine interne, l’accumulation potentielle de risques de crédit liée au rythme élevé de croissance des prêts demeure la principale préoccupation », a conclu Martin Galstyan.