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Approfondissement sans précédent du partenariat, sommet Arménie-UE et perspectives européennes d'Erevan: entretien avec l’ambassadeur de l’UE

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Approfondissement sans précédent du partenariat, sommet Arménie-UE et perspectives européennes d'Erevan: entretien avec l’ambassadeur de l’UE

Les relations entre la République d’Arménie et l’Union européenne sont aujourd’hui plus étroites que jamais. Telle est l’évaluation formulée par l’ambassadeur de l’UE en Arménie, Vassilis Maragos, qui, en caractérisant les relations bilatérales, a souligné que cette coopération repose sur des valeurs communes, une vision partagée de l’avenir et un respect clair du choix souverain de l’Arménie.

Selon l’ambassadeur, Bruxelles n’apporte pas seulement un soutien politique, mais met également en œuvre des investissements concrets visant à renforcer l’économie, les infrastructures et la sécurité de l’Arménie, dans le but de produire des résultats tangibles au bénéfice des citoyens arméniens.

Dans un entretien accordé au correspondant de Armenpress, l’ambassadeur de l’UE en Arménie a abordé en détail plusieurs thématiques clés, notamment le développement sans précédent des relations entre l’Arménie et l’Union européenne, les perspectives européennes de l’Arménie, l’importance du sommet de la Communauté politique européenne, prévu le 4 mai à Erevan, ainsi que du sommet Union européenne–Arménie des 4 et 5 mai, de même que les questions relatives à la paix dans le Caucase du Sud et à d’autres enjeux d’actualité.

Vassilis Maragos souligne également que l’Arménie se trouve aujourd’hui au cœur de l’attention politique européenne, et que les prochains sommets prévus à Erevan témoignent du niveau atteint par les relations entre Erevan et Bruxelles. L’ambassadeur indique que la coopération bilatérale a déjà dépassé son cadre initial et continue de s’élargir en intégrant de nouveaux domaines.

-Votre Excellence, compte tenu de l’approfondissement et du développement sans précédent des relations et du partenariat entre l’Arménie et l’Union européenne, comment évaluez-vous le niveau actuel du dialogue Arménie–Union européenne ?

 

<p-Les relations entre l’Union européenne et l’Arménie sont plus étroites que jamais. Notre coopération repose sur des valeurs communes, une vision partagée de l’avenir et un respect clair du droit souverain de l’Arménie de choisir ses partenaires. L’UE se tient aux côtés de l’Arménie pour contribuer à renforcer la sécurité, la prospérité et la stabilité, au bénéfice des citoyens arméniens.

En pratique, cette coopération s’élargit et s’approfondit continuellement. À travers le programme « Résilience et croissance », doté d’un montant global de 270 millions d’euros, nous réalisons des investissements directs dans l’économie et le secteur des entreprises en Arménie, en soutenant les entreprises arméniennes afin qu’elles se développent, innovent et accèdent à de nouveaux marchés.

Dans le cadre de la stratégie « Global Gateway », les investissements de l’Union européenne en Arménie devraient atteindre 2,5 milliards d’euros. Ils seront orientés vers le développement des réseaux routiers et ferroviaires, des systèmes électriques et des infrastructures énergétiques, contribuant ainsi à élargir les voies commerciales de l’Arménie, à diversifier ses partenaires et à réduire sa dépendance à un fournisseur unique. Il ne s’agit pas de simples déclarations politiques, mais de projets concrets visant à améliorer les conditions de vie des citoyens et les opportunités économiques.

<p>Le 2 décembre, dans le cadre du Conseil de partenariat Arménie–UE, le document « Agenda stratégique de partenariat Arménie–UE » a été signé, définissant un ensemble de priorités ambitieuses qui orienteront notre coopération dans les années à venir. Il convient de souligner que cet agenda est d’ores et déjà en cours de mise en œuvre, notamment à travers nos travaux dans le cadre du processus de libéralisation des visas, visant, une fois les critères pleinement remplis, à permettre aux citoyens de la République d’Arménie d’effectuer des séjours de courte durée (jusqu’à 90 jours) sans visa vers l’Union européenne et l’espace Schengen.</p><p>Notre coopération couvre également le domaine de la sécurité, ainsi que le soutien aux investissements et au développement économique. À titre d’exemple, dans la région de Syunik, dans le cadre de l’initiative « Team Europe pour une Syunik résiliente », nous mettons en œuvre, conjointement avec les États membres de l’UE, des projets visant à développer les infrastructures locales, à soutenir le secteur privé, l’agriculture, le capital humain et à promouvoir le tourisme.</p><p>La Mission de l’Union européenne en Arménie, forte de plus de 200 membres, assure une présence continue et visible dans les communautés frontalières touchées par le conflit. Cette présence contribue au renforcement de la stabilité en instaurant un climat de confiance sécuritaire essentiel parmi les populations locales. Il convient également de souligner que tout incident signalé en lien avec les activités de la mission fait l’objet d’une vérification et d’une documentation rigoureuses, avant d’être transmis aux autorités compétentes de la République d’Arménie. La mission opère en toute transparence, dans le strict respect de son mandat civil.</p><p>Récemment, le Conseil de l’Union européenne a approuvé le déploiement d’une nouvelle mission civile en Arménie, à savoir une mission partenariale de l’Union européenne. Celle-ci apportera un soutien à l’Arménie dans la lutte contre les menaces, notamment la désinformation, les cyberattaques et les flux financiers illicites. Plus précisément, cette mission fournira un appui, à travers des conseils stratégiques et opérationnels ainsi que le renforcement des capacités des ministères et des institutions publiques, afin de contribuer à l’élaboration de politiques de réponse aux menaces pesant sur la société et les institutions de l’État. Déployée à la demande des autorités arméniennes, cette mission opérera indépendamment de la mission d’observation de l’UE, dans le cadre d’un mandat distinct.</p><p>Les relations entre l’Union européenne et l’Arménie ne se limitent pas aux dimensions politique et économique ; elles reposent sur une approche centrée sur l’humain. L’Arménie est un pays doté d’un riche patrimoine culturel et d’une identité singulière, disposant d’industries créatives en plein essor et d’un potentiel considérable dans le domaine du tourisme spécialisé, dont l’Union européenne soutient activement le développement.</p><p>Le sommet Union européenne–Arménie prévu le 5 mai constitue une nouvelle étape majeure dans le développement des relations bilatérales. Tenu à Erevan, au lendemain du 8e sommet de la Communauté politique européenne, ce sommet bilatéral place l’Arménie au cœur des discussions politiques européennes, reflétant le niveau atteint par nos relations.</p><p>En définitive, une Arménie stable et prospère est bénéfique pour ses citoyens, pour la région et pour l’Europe.</p><p>- <strong>Depuis 2023, vous dirigez la Délégation de l’Union européenne en Arménie et vous êtes pleinement familiarisé avec les évolutions et processus en cours dans le pays. Quelles sont vos principales priorités en tant qu’ambassadeur de l’UE en Arménie ?</strong></p><p>- Ma priorité principale est le renforcement global des relations entre l’Union européenne et la République d’Arménie. Je peux me réjouir des progrès accomplis à cet égard. Dans le même temps, je tiens à souligner clairement que ce partenariat s’est construit grâce à des efforts conjoints. Chaque étape reflète un choix souverain de l’Arménie, et lorsque le pays a sollicité un soutien, l’Union européenne a été à ses côtés.</p><p>Une attention particulière a été accordée au processus de libéralisation des visas, qui revêt une importance majeure pour les citoyens arméniens, notamment en termes de mobilité, d’éducation, d’emploi et de renforcement des liens avec l’Europe. Je me réjouis particulièrement du lancement de ce dialogue, rendu possible grâce à un important capital politique bilatéral. Je tiens également à souligner que les États membres de l’UE ont, dès le début, démontré un engagement fort en accompagnant la Commission européenne tout au long du processus.</p><p>Depuis le lancement du dialogue en 2024, des progrès tangibles et constants ont été enregistrés. Sous réserve de la mise en œuvre complète des critères définis par le plan d’action sur la libéralisation des visas et du maintien de la dynamique des réformes, les voyages de courte durée sans visa pourraient devenir une perspective réaliste dans les années à venir. En dernière analyse, cette décision relèvera des institutions de l’Union européenne et de ses États membres, et ne constituera en aucun cas une mesure politique liée à un gouvernement ou à des cycles électoraux spécifiques.</p><p>Les voyages de courte durée sans visa faciliteraient considérablement les visites des citoyens arméniens à leurs proches dans l’espace Schengen, leur participation à des conférences internationales et à des programmes éducatifs de courte durée, ainsi que l’exploration des opportunités touristiques et professionnelles.</p><p>Dans le cadre du sommet du 5 mai, le premier rapport sur les progrès du plan d’action de libéralisation des visas sera publié. Comme l’a souligné lors de sa visite à Erevan le commissaire européen aux affaires intérieures et à la migration, Magnus Brunner, la poursuite des réformes pourrait rendre les voyages sans visa une perspective réaliste dans un avenir proche.</p><p>Parallèlement, nous avons travaillé à donner une nouvelle impulsion aux investissements dans les domaines du transport, de l’énergie, des infrastructures locales et du secteur privé, en coopération avec le gouvernement arménien et les institutions financières, à travers des plateformes conjointes.</p><p>En outre, je me suis activement engagé en faveur de l’agenda de paix et de règlement. La mission de l’Mission de l’Union européenne en Arménie, ainsi que le travail de l’envoyé spécial de l’UE, qui coopère étroitement avec les partenaires arméniens et régionaux sur les questions de paix et de connectivité, ont également joué un rôle central dans les efforts de l’Union européenne.</p><p>À l’avenir, la connectivité interrégionale deviendra une priorité de plus en plus déterminante. Pour les Arméniens, cela signifie de nouveaux corridors commerciaux, une énergie plus fiable et plus abordable, ainsi que des infrastructures numériques ouvrant de nouvelles perspectives aux entreprises et aux jeunes. Le potentiel de l’agenda de connectivité, ainsi que les nouveaux investissements dans ce domaine, non seulement dans les transports, mais aussi dans l’énergie, les technologies numériques et l’intégration des chaînes de valeur, ne peuvent qu’être bénéfiques pour l’Arménie, ses entreprises et ses citoyens.</p><p>Par ailleurs, notre soutien au secteur privé a été particulièrement significatif ces deux dernières années. Les investissements de l’UE dans le secteur privé ont dépassé 400 millions d’euros, et rien qu’en 2024, ils ont contribué à la création de plus de 27 000 emplois dans l’économie arménienne, notamment dans les petites et moyennes entreprises. Les organisations soutenues par l’UE ont également enregistré une croissance des exportations de 7,2 %.</p><p>Je tiens également à souligner le rôle des États membres de l’UE. Nous disposons d’une forte « Équipe Europe » : de plus en plus d’ambassades européennes ouvrent à Erevan, et au cours des deux dernières années et demie, trois nouvelles missions diplomatiques d’États membres de l’UE ont été inaugurées, témoignant de la solidité des relations.</p><p>Dans l’ensemble de nos actions, mon équipe et moi-même avons accordé une attention particulière à rendre notre travail accessible aux citoyens. C’est pourquoi, avec les États membres de l’UE, nous avons également lancé un dialogue culturel réunissant acteurs culturels arméniens et européens, mettant en valeur le patrimoine remarquable de l’Arménie et favorisant les échanges artistiques. L’Arménie possède une identité culturelle unique, qui fait partie intégrante de notre patrimoine européen commun, et il est essentiel pour nous de le refléter de manière concrète.</p><p>- <strong>Selon vous, quels facteurs ont contribué au développement actuel du partenariat entre l’Union européenne et la République d’Arménie, et quelles perspectives envisagez-vous pour l’approfondissement des relations Arménie–UE dans les années à venir ?</strong></p><p>- L’approfondissement récent des relations entre l’Union européenne et l’Arménie reflète une convergence profonde d’intérêts et de valeurs. L’Arménie a clairement exprimé sa volonté de renforcer ses liens avec l’Union européenne, et l’UE y a répondu par un soutien constant, un engagement soutenu et des investissements concrets.</p><p>Cette combinaison, associée à une volonté politique partagée et à une compréhension commune des perspectives de développement du partenariat, constitue le principal moteur de cette dynamique positive. La poursuite des progrès dépendra du travail conjoint mené dans le cadre des réformes en cours, de la mise en œuvre de l’Accord de partenariat global et renforcé (CEPA), ainsi que de l’Agenda stratégique de partenariat UE–Arménie adopté en décembre 2025.</p><p>En regardant vers l’avenir, les fondations sont solides. Le dialogue sur la libéralisation des visas, le renforcement de la coopération dans le domaine de la sécurité, ainsi que les investissements dans la connectivité et la stabilité économique témoignent d’un niveau de relations qui a largement dépassé sa phase initiale et continue de s’étendre à de nouveaux domaines.</p><p>Le sommet UE–Arménie du 5 mai offrira l’occasion de faire le point sur les progrès accomplis et de définir les orientations futures de notre agenda commun.</p><p>-<strong>En décembre 2025, le ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie, Ararat Mirzoyan, et la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, ont signé l’Agenda stratégique de partenariat Arménie–UE. Comment évaluez-vous ce document et quel rôle joue l’Accord de partenariat global et renforcé (CEPA) dans ce contexte ?</strong></p><p>- L’Agenda stratégique de partenariat UE–Arménie, adopté le 2 décembre 2025 dans le cadre du Conseil de partenariat, constitue un document majeur, dans la mesure où il définit de manière claire et ambitieuse les principales orientations du développement futur des relations bilatérales. Il reflète la dynamique positive déjà établie et fournit un cadre nécessaire pour transformer cette impulsion en une coopération durable et structurée dans les domaines politique, économique et de sécurité.</p><p>L’Accord de partenariat global et renforcé (CEPA) demeure le fondement juridique et structurel de cette relation. L’Agenda stratégique s’appuie sur cette base, en mobilisant pleinement son potentiel et en définissant une orientation politique plus précise. Je tiens également à souligner que de nombreuses actions actuellement engagées découlent directement du CEPA, notamment le dialogue sur la libéralisation des visas, les travaux relatifs aux indications géographiques pour les produits arméniens, ainsi que la ratification par l’Arménie du Statut de Rome.</p><p>Toutefois, la mise en œuvre effective de cet accord exige des efforts soutenus, notamment en matière d’indépendance du système judiciaire, de développement d’institutions crédibles de lutte contre la corruption, ainsi que d’alignement du cadre réglementaire dans les domaines du commerce, de l’énergie et des infrastructures de qualité sur les normes de l’Union européenne.</p><p>Bien que ces réformes puissent sembler techniques, leur impact est concret et tangible. Un environnement économique fondé sur des règles prévisibles et internationalement reconnues favorise l’attraction des investissements. Un système judiciaire fiable réduit les risques d’abus. Les producteurs arméniens conformes aux normes européennes obtiennent un accès au marché de près de 450 millions de consommateurs et peuvent étendre leur présence sur les marchés européens.</p><p>Ce sont des réformes qui, en définitive, rendent l’Arménie plus forte, plus résiliente et mieux à même de tracer sa propre trajectoire.</p><p>- <strong>Monsieur l’Ambassadeur, en 2025, la déclaration signée à Washington entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ainsi que l’accord de paix paraphé en présence du Président Trump à la Maison-Blanche, ont placé la situation dans le Caucase du Sud à un niveau qualitativement nouveau. Dans ce contexte, comment évaluez-vous la situation sécuritaire dans la région et quel rôle l’Union européenne peut-elle jouer dans la consolidation de la stabilité régionale ?</strong></p><p>- Les accords conclus le 8 août 2025 entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à la Maison-Blanche, en présence du Président Trump, constituent une avancée historique après des décennies de conflit. L’Union européenne a chaleureusement salué cet accord. Nous encourageons les deux parties à progresser rapidement vers la signature et la ratification d’un traité de paix, dès lors qu’elles estimeront que les conditions d’un accord durable, juste et équilibré sont réunies.</p><p>Ces accords reposent sur le plein respect de la souveraineté et de la juridiction de l’Arménie sur son territoire et ses infrastructures. Il n’est absolument pas question de corridor extraterritorial. Depuis août 2025, nous avons été témoins d’un ensemble de mesures inédites prises dans le cadre du processus de paix bilatéral, visant à rendre ce processus irréversible et à renforcer son institutionnalisation. Cette nouvelle dynamique et l’évolution positive entre les deux gouvernements ne doivent pas être sous-estimées : elles constituent la base d’une réconciliation durable et mutuellement bénéfique.</p><p>Il reste néanmoins essentiel d’intensifier les efforts en vue d’une réconciliation plus large entre les deux sociétés.</p><p>L’Union européenne travaille depuis des années à la réalisation de ces objectifs, en coopération avec les deux parties et les partenaires internationaux, afin de créer les conditions d’une paix durable. Nous sommes prêts à poursuivre notre soutien et notre assistance technique au fur et à mesure de la mise en œuvre du processus. Cela inclut également un soutien opérationnel, notamment dans le domaine humanitaire, comme le déminage, essentiel pour la sécurité des communautés vivant le long des anciennes lignes de conflit et pour les processus de délimitation et de démarcation des frontières.</p><p>Les progrès sur le terrain, dans les communautés où vivent les populations, constituent l’essence même d’une paix durable.</p><p>En matière de connectivité, la position de l’Union européenne est claire et sans ambiguïté. La réouverture des communications et des infrastructures fiables crée des opportunités économiques qui renforcent l’intérêt mutuel pour la préservation de la paix, tant pour l’Arménie que pour l’Azerbaïdjan.</p><p>Le cadre de mise en œuvre TRIPP, publié en janvier 2026, cartographie de manière claire et opérationnelle la manière dont la connectivité de transit à travers le territoire arménien peut être structurée et comment les communications entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan peuvent être rétablies.</p><p>L’UE soutient également l’initiative arménienne « Carrefour de la paix », ainsi que l’intérêt de l’Arménie pour le corridor de transport transcaspien. Le projet de « réseau électrique du Caucase », qui reliera le système énergétique arménien à celui de la Géorgie et, à terme, au réseau européen, constitue une étape concrète dans cette direction : il élargit les options énergétiques de l’Arménie, contribue à la réduction des coûts et diminue la dépendance à un seul fournisseur.</p><p>Par ailleurs, l’Union européenne soutient la participation de l’Arménie au projet de câble électrique de la mer Noire. Il ne s’agit pas de projets lointains : pour le seul réseau de transmission électrique, des accords d’une valeur supérieure à 313 millions d’euros ont déjà été signés, et les travaux sont en cours.</p><p>-<strong>Comment évaluez-vous les réformes démocratiques et juridiques mises en œuvre en Arménie, la politique actuelle des autorités visant une intégration plus étroite avec l’Union européenne, ainsi que les perspectives européennes d’Erevan ?</strong></p><p>- Ces dernières années, l’Arménie a enregistré des progrès tangibles dans la mise en œuvre de son programme de réformes, et nous saluons sincèrement cet engagement, en particulier au regard des défis multidimensionnels auxquels le pays a simultanément dû faire face.</p><p>Nous continuons à suivre de près les réformes dans le domaine de la justice ainsi que la lutte contre la corruption. Un système judiciaire efficace et indépendant, tout comme un cadre anticorruption crédible, ne sont pas uniquement des conditions nécessaires à un rapprochement avec l’Union européenne : ils répondent avant tout aux attentes des citoyens arméniens et constituent des éléments essentiels de la confiance dans les institutions publiques.</p><p>Le rapprochement avec l’UE est la conséquence de ces progrès, et non une condition imposée de l’extérieur. Dans le cadre du processus de libéralisation des visas, les avancées réalisées en matière de documents biométriques et de gestion des migrations constituent un exemple concret de l’accélération des réformes.</p><p>Les efforts plus larges visant à aligner le cadre réglementaire arménien dans les domaines du commerce, de l’énergie et des services sur les normes de l’Union européenne représentent également un facteur clé. Ces transformations prennent du temps, mais elles constituent les fondations d’une économie plus compétitive et plus souveraine.</p><p>Nous suivons régulièrement les évolutions démocratiques en Arménie. Il s’agit d’un domaine essentiel. Lorsque des préoccupations apparaissent, nous les abordons dans un esprit de partenariat avec les autorités arméniennes.</p><p>La démocratie, les droits humains, l’État de droit et la bonne gouvernance constituent le socle du partenariat entre l’Union européenne et l’Arménie. Une gouvernance transparente, équitable et responsable, ainsi qu’un système judiciaire indépendant et crédible, sont essentiels pour instaurer la confiance et garantir la protection des droits des citoyens.</p><p>Nous menons un dialogue régulier avec les autorités arméniennes sur ces questions. Elles constituent des éléments centraux du programme de réformes dans le cadre de l’Accord de partenariat global et renforcé (CEPA), ainsi que du nouvel Agenda stratégique de partenariat UE-Arménie.</p><p>Malgré les progrès réalisés ces dernières années, nous sommes conscients que les citoyens arméniens attendent davantage. Des représentants de la société civile, ainsi que certains milieux de l’opposition, continuent d’exprimer des préoccupations concernant les droits humains, notamment l’usage de la détention provisoire.</p><p>Je tiens à souligner que le respect plein et entier des droits humains repose sur la mise en place d’institutions solides et efficaces. Dans ce contexte, je salue le travail important accompli par le Défenseur des droits de l’homme.</p><p>Une approche globale de la société, dans laquelle le gouvernement, l’opposition, la société civile et les institutions indépendantes remplissent pleinement leur rôle, est essentielle afin de garantir que personne ne soit laissé de côté.</p><p>-<strong>Récemment, le ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie, Ararat Mirzoyan, a déclaré, sans entrer dans les détails, qu’Erevan avait présenté une demande dans le cadre du troisième volet de l’Instrument européen pour la paix. Pouvez-vous préciser le montant de l’aide sollicitée par l’Arménie et l’état d’avancement de ce processus ?</strong></p><p>-À ce jour, deux paquets d’assistance ont été approuvés pour l’Arménie : le premier d’un montant de 10 millions d’euros, annoncé en juillet 2024, et le second d’un montant de 20 millions d’euros, annoncé en janvier de cette année.</p><p>Nous nous préparons actuellement à livrer le premier ensemble d’équipements, comprenant un campement modulaire de type tente déployable, qui sera complété par le second paquet. Cette assistance contribuera à renforcer les capacités logistiques et la résilience de l’Arménie.</p><p>À ce stade, nous n’avons pas encore reçu de demande formelle concernant un éventuel nouveau volet d’assistance, bien que des idées aient été évoquées dans le cadre de nos échanges avec nos partenaires arméniens.</p><p>-<strong>En mai, l’attention de presque le monde entier se portera sur l’Arménie. Erevan accueillera le 8e sommet de la Communauté politique européenne ainsi que le premier sommet bilatéral Union européenne</strong><strong>-Arménie. Dans ce contexte, quel message politique portez-vous à travers la tenue du sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, et comment évaluez-vous la portée historique du premier sommet UE–Arménie ?</strong></p><p>- Accueillir, au cours de la même semaine, le sommet de la Communauté politique européenne et le premier sommet bilatéral UE-Arménie constitue un message clair quant à la place qu’occupe aujourd’hui l’Arménie dans l’espace politique européen. L’attention de l’ensemble du continent sera tournée vers Erevan. Les dirigeants de toute l’Europe seront présents, et l’Arménie sera à la fois hôte, participante et partenaire.</p><p><img src=-Le sommet bilatéral UE-Arménie, qui se tiendra le lendemain, offrira l’occasion d’approfondir les discussions, de faire le point sur les progrès accomplis et de définir un agenda clair et tourné vers l’avenir dans les domaines de la sécurité, de la connectivité, du développement économique et des contacts humains.

Je souhaite que le message principal pour les citoyens arméniens ne se limite pas au fait que deux sommets majeurs se tiennent à Erevan au cours de cette semaine. Le message essentiel est que l’Arménie est un partenaire important et fiable à un moment historique décisif, et que nos relations ont déjà produit  et continueront de produire  des résultats concrets pour les citoyens arméniens.

Cela reflète les choix et les priorités de la population arménienne, ainsi que les efforts déployés en faveur de la démocratie et de la souveraineté dans des conditions difficiles.

Les investissements annoncés, les accords signés et la présentation officielle du rapport d’avancement sur la libéralisation des visas lors du sommet ne sont pas des gestes symboliques. Ils constituent des résultats concrets d’un partenariat existant.

Le fait que l’Arménie se trouve au centre des discussions politiques européennes cette semaine est la reconnaissance de cette réalité, et je pense que c’est une source légitime de fierté pour les citoyens arméniens, tant dans le pays que dans la diaspora.

<p-Immédiatement après ces événements d’importance mondiale, l’Arménie entrera dans la phase préélectorale des élections parlementaires. Dans ce contexte, quel message principal souhaiteriez-vous adresser aux citoyens arméniens ?

- Les élections parlementaires prévues en juin constituent une étape importante, et mon message aux citoyens de l’Arménie est clair : ces élections vous appartiennent. Le droit de déterminer l’avenir du pays revient exclusivement aux électeurs, librement et sans ingérence. Le rôle de l’Union européenne, à la demande des autorités arméniennes, est de soutenir les institutions afin de garantir pleinement l’intégrité de ce processus.

Concrètement, nous apportons notre soutien aux institutions qui assurent la tenue d’élections libres et équitables  de la Commission électorale centrale aux organisations de la société civile et aux médias indépendants. Il s’agit d’un engagement civique de long terme, fondé sur la coopération institutionnelle, qui ne constitue ni une mission d’observation électorale ni une participation au processus électoral lui-même.

<pL’objectif de notre soutien est de contribuer à la protection de la souveraineté de l’Arménie, afin de garantir que, le 7 juin, l’avenir du pays soit déterminé exclusivement par ses citoyens  et par personne d’autre. Nous tenons également à souligner clairement que cet appui n’est en aucune manière lié à une force politique ou à un candidat particulier.

L’Union européenne ne désigne pas les gagnants. Nous travaillerons avec le gouvernement qui sera formé à la suite du choix des citoyens arméniens, en restant guidés par les mêmes principes et le même agenda.

Qui remportera ces élections relève exclusivement des électeurs arméniens, et j’encourage chacun à exercer ce droit sans se laisser influencer par des narratifs de désinformation prétendant que les citoyens n’ont aucun rôle dans la décision : en réalité, la décision leur appartient entièrement.

Il est essentiel pour nous que le processus soit crédible, que les citoyens puissent voter librement, et que les résultats reflètent véritablement la volonté du peuple arménien. C’est cela, des élections démocratiques  et c’est ce que mérite l’Arménie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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