Discours du président de l’Assemblée nationale d’Arménie lors du débat général de la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire
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En visite de travail à Istanbul, le président de l’Assemblée nationale de la République d’Arménie, Alen Simonyan, a prononcé un discours lors de la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP). Armenpress présente le discours dans son intégralité.
Madame la Présidente,
Excellences,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un grand honneur d’accepter l’invitation de la Turquie et de m’exprimer, au nom de l’Assemblée nationale de la République d’Arménie, lors de la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire.
Je tiens à souligner qu’il est difficile de surestimer l’importance du thème à l’ordre du jour, intitulé « Semer l’espoir, assurer la paix et garantir la justice pour les générations futures ». Permettez-moi de rappeler une évidence : un présent et un avenir prospères reposent sur les fondements de l’espoir, de la paix et de la justice.
Dans le cas de l’Arménie, cette idée constitue le socle de notre politique et guide nos actions. Nous aspirons à un avenir dans lequel chacun disposera d’opportunités égales en matière de bien-être social et économique.
Mais qui se contente de rêver d’un avenir meilleur, et qui œuvre réellement à sa construction ? Les générations futures ne peuvent construire le monde qu’elles hériteront. Au mieux, elles ne peuvent que nous accorder leur confiance pour agir avec sagesse en leur nom.
L’espoir nourrit notre aspiration à la justice et renforce notre capacité à faire confiance. Nos actions d’aujourd’hui doivent contribuer à bâtir cette confiance. Les générations à venir doivent être convaincues que la paix que nous construisons aujourd’hui est durable.
Ne nous y trompons pas : les fractures de notre monde sont profondes et préoccupantes. Nous sommes profondément préoccupés par la situation en Iran, et mes pensées vont au peuple iranien. La crise au Liban ne saurait non plus être ignorée. Certes, les défis auxquels nous sommes confrontés sont considérables. Mais qui, sinon nous, possède la volonté et la responsabilité morale de guérir notre monde ?
L’Arménie assume pleinement cette responsabilité.
Depuis l’accord signé en 2025 par les dirigeants de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan et des États-Unis, la paix prévaut dans notre région. Il s’agit véritablement d’une réalisation majeure. Toutefois, notre vision est plus large. Nous invitons la Turquie à devenir un partenaire et à se joindre à nous pour tisser la trame de la paix. Dans cet objectif, nous sommes prêts à approfondir nos relations avec la Turquie.
Après des décennies de méfiance et d’hostilité, une nouvelle ère de construction de la confiance s’est ouverte entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les efforts visant à consolider ces avancées se concentrent désormais sur le renforcement des communications et sur la concrétisation effective de la paix sur le terrain.
La mise en œuvre du projet « Trump Roadmap for International Peace and Prosperity » (TRIPP) constitue une autre étape importante. Cette initiative vise à développer simultanément les connexions régionales et à élargir les routes commerciales internationales.
Fondé sur les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de juridiction, TRIPP a le potentiel de promouvoir la stabilité, la coopération économique et la prospérité dans le Caucase du Sud et au-delà.
Les signes encourageants de normalisation sont indéniables. Pour la première fois depuis des années, des échanges commerciaux commencent à se développer entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. L’importation de produits azerbaïdjanais en Arménie constitue une étape à la fois symbolique et concrète vers le rétablissement des liens économiques. Tels sont les fruits de la paix : des améliorations tangibles qui bénéficient directement à nos populations.
Dans le même temps, des questions humanitaires sérieuses demeurent et doivent être résolues. Afin de poursuivre le renforcement de la confiance et de parvenir à une véritable réconciliation, les 19 Arméniens détenus en Azerbaïdjan doivent être libérés et réunis avec leurs familles, et le sort des autres personnes disparues doit être élucidé.
Chers collègues,
Le moment est venu de définir nos priorités, et nous devons le faire avec sagesse dans l’intérêt des générations futures. Et qui sont ces générations ? Ce sont nos enfants et nos petits-enfants. Il est de notre devoir sacré de nous montrer dignes d’eux, en leur léguant non pas un héritage de guerre, mais un héritage de paix.
Je vous remercie.