Ararat Mirzoyan a soulevé la question des prisonniers arméniens détenus à Bakou lors de la session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
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Le 23 février, Ararat Mirzoyan, Ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie, a participé à la session de haut niveau du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et y a pris la parole. Selon le communiqué du Ministère arménien des Affaires étrangères relayé par Armenpress, M. Mirzoyan a également abordé la question des prisonniers arméniens détenus à Bakou lors de son intervention. Le discours intégral est présenté ci-dessous :
« Monsieur le Président, Excellences,
Permettez-moi tout d’abord de transmettre mes sincères félicitations au Président du Conseil des droits de l’homme ainsi qu’aux membres du Bureau pour leur élection. Profitant de cette occasion, je tiens également à exprimer ma profonde gratitude au Haut-Commissaire aux droits de l’homme et à son Bureau.
La vision et les intentions de l’Arménie reposent sur la conviction ferme que le pilier des droits de l’homme des Nations Unies doit être renforcé et correctement soutenu par les ressources nécessaires, afin de garantir la prévention des violations et abus du droit international des droits de l’homme et du droit humanitaire, la responsabilité, ainsi que l’exclusion de toute répétition de ces actes.
Les conflits croissants, les crises humanitaires ainsi que les inégalités systémiques et leurs conséquences irréversibles à l’échelle mondiale exigent une approche tout aussi déterminée. L’Arménie est prête à veiller à ce que l’initiative en cours « ONU 80 » et le processus de révision à venir du Conseil des droits de l’homme deviennent une opportunité sincère de réexamen et d’action concrète, afin de renforcer le Conseil des droits de l’homme et ses mécanismes, en tant que piliers essentiels de l’architecture des droits de l’homme de l’ONU.
Chers collègues,
Comme beaucoup d’autres démocraties contemporaines, notre société est confrontée à une puissante vague de menaces hybrides, incluant la désinformation, la manipulation et les ingérences extérieures. Il s’agit de campagnes ciblées, systématiques et hostiles, visant à atteindre des objectifs précis, y compris saper la confiance de nos citoyens dans les institutions démocratiques et l’exercice effectif des droits de l’homme. Faire face à ces défis est devenu notre travail quotidien, en renforçant continuellement la résilience démocratique.
Les réformes significatives entreprises au fil des années, le niveau élevé de politique fondée sur l’État de droit et les droits de l’homme, ainsi que la transparence et la responsabilité des institutions ont produit des résultats tangibles, reflétés également dans les indices reconnus à l’international. Dans le rapport 2025 « Freedom in the World » de Freedom House, l’Arménie a obtenu 54 points sur 100, enregistrant de bons résultats dans les domaines des droits politiques et des libertés civiles.
Il est également notable qu’en 2025, l’Arménie a occupé la 34ᵉ position dans le rapport 2025 de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, marquant un progrès significatif par rapport à la 43ᵉ position l’année précédente. Selon le rapport 2025 du Forum économique mondial sur l’écart mondial entre les sexes, l’Arménie figure parmi les pays leaders pour le niveau d’éducation des femmes et a enregistré une progression constante de la représentation des femmes dans tous les domaines de la vie politique.
Conformément à l’engagement de l’Arménie envers la mise en œuvre systématique et efficace de ses obligations internationales en matière de droits de l’homme, l’année dernière a vu le lancement d’un outil numérique national pour renforcer la responsabilité internationale dans le domaine des droits de l’homme : la plateforme numérique de suivi arménienne (AI-NEMRA). Il s’agit d’un système centralisé regroupant les recommandations issues des mécanismes internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’homme.
L’implication de l’Arménie ne se limite toutefois pas à la mise en œuvre nationale. Nous aspirons à contribuer de manière substantielle au renforcement des mécanismes de défense mondiaux contre les violations graves du droit international. Dans ce contexte, lors de la session en cours du Conseil des droits de l’homme, l’Arménie présentera à nouveau la résolution sur la « Prévention du génocide ». Le développement progressif de cette résolution reflète les nouveaux défis situés à l’intersection du droit international des droits de l’homme, du droit international humanitaire et du droit pénal international, et a consolidé le consensus international sur les moyens de les adresser.
Le soutien de tous les États membres à cette résolution importante constituera un signal indispensable de notre engagement commun à mettre fin à l’horreur du génocide.
Excellences,
Après des décennies de conflits armés et de crises humanitaires, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont entrepris des mesures décisives en vue d’établir une paix durable dans notre région. Le sommet sur la paix qui s’est tenu l’année dernière à Washington n’a pas seulement instauré la paix entre les deux pays, mais a également ouvert la voie au commerce, à l’interconnexion et aux échanges entre les populations.
Afin de prolonger cette dynamique au-delà des accords conclus entre les gouvernements, nous semons également les fondations d’un dialogue réel et de la confiance entre nos sociétés, y compris parmi les populations affectées.
Bien que les conséquences humanitaires douloureuses du conflit demeurent à résoudre, et que les blessures passées, tant lointaines que récentes, restent ouvertes, nous avons choisi la voie difficile de la réconciliation. Il s’agit, sans aucun doute, d’un processus complexe, compte tenu du fait que 19 ressortissants arméniens sont encore détenus à Bakou, que le sort des personnes portées disparues doit être élucidé et que des cas d’enlèvements forcés doivent être investigués, tout en faisant face à des récits historiques déformés.
Néanmoins, l’Arménie demeure résolument engagée à poursuivre cette voie, consciente que l’institutionnalisation future de la paix créera un environnement plus favorable pour traiter les conséquences du conflit.
Monsieur le Président,
Pour conclure, je tiens à souligner que, malgré la pression considérable exercée sur les institutions multilatérales, nous devons continuer à être des porteurs d’optimisme fondé sur des principes et exprimer notre conviction profonde que le système des droits de l’homme et l’Organisation des Nations Unies sortiront renforcés de ce processus, avec de nouvelles capacités leur permettant de réaliser pleinement leur mandat mondial.
Je vous remercie »