François Devedjian: l’implication de l’Église dans le champ politique la détourne de sa mission unificatrice et de son statut de pilier au-dessus des partis
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Le militant et avocat franco-arménien François Devedjian a publié une déclaration intitulée « Sur le rôle de la diaspora dans le conflit entre l’Église apostolique arménienne et le gouvernement de la République d’Arménie ».
Selon Armenpress, la déclaration complète, diffusée le 14 février, expose le point de vue suivant :
« Huit représentants éminents de la diaspora ont signé, le 12 février 2026, un article intitulé “Déclaration concernant le conflit entre le gouvernement arménien et l’Église apostolique arménienne”. Cette déclaration soulève des questions tant par son parti pris que par ses objectifs. Il ne fait aucun doute que le conflit actuel entre l’Église apostolique arménienne et le gouvernement de la République d’Arménie est préjudiciable tant pour les parties directement concernées que pour l’ensemble du peuple arménien. Cependant, les causes de ce conflit ne peuvent être imputées exclusivement au gouvernement arménien.
Ignorer les causes et se limiter à condamner les conséquences est une tendance fréquente au sein de la diaspora. L’ingérence du gouvernement dans les affaires de gestion de l’Église résulte également des actions de cette dernière, visant à intervenir dans la politique et même dans la souveraineté nationale. Bien que l’affirmation selon laquelle “les questions de gestion ecclésiale doivent être résolues par les instances compétentes de l’Église” soit justifiée, il est tout aussi nécessaire que l’Église limite son action à son domaine propre : spirituel et axé sur les valeurs.
L’implication de l’Église dans le champ politique la détourne de sa mission unificatrice et de son statut de pilier au-dessus des partis. Lorsqu’une telle ingérence se fait dans le cadre de relations étroites avec des régimes étrangers dont le soutien à la souveraineté arménienne peut être mis en doute, cela légitime sérieusement l’Église au détriment de tous.
Dans ce contexte, on peut supposer que le “célèbre bienfaiteur et homme d’affaires russo-arménien (…) incarcéré pour avoir publiquement défendu la position de l’Église” n’est autre que Samvel Karapetyan, dont les liens avec le régime de Vladimir Poutine sont connus et établis depuis au moins 2018.
Les membres de la diaspora gagneraient beaucoup à agir en véritables médiateurs : indépendants et objectifs. S’opposer à l’État en invoquant l’histoire, aussi solide et légitime soit-elle, ne peut constituer un argument absolu pour orienter les actions futures ; cela ne sert ni l’unité des Arméniens, ni le renforcement de la sécurité de l’Arménie, ni la légitimité de l’Église.
La République d’Arménie dispose d’un gouvernement élu démocratiquement et se prépare à de nouvelles élections afin que ses citoyens puissent librement choisir leur avenir. Si la diaspora arménienne souhaite aider l’Arménie, renforcer le pays et contribuer à sa stabilité, elle doit soutenir ce processus démocratique en cours, et non ceux qui le contestent, directement ou indirectement. Quel que soit le choix des citoyens de la République d’Arménie, le droit de décider de leur avenir leur appartient exclusivement. »
François Devedjian a été élu au Conseil national lors des dernières élections du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF). Il est le fils du célèbre homme politique franco-arménien Patrick Devedjian.