Un cerf élaphe observé dans la région de Lori a été réintroduit dans le parc national de Dilidjan
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L’importante attention du public suscitée récemment autour du cerf élaphe observé dans la région de Lori, ainsi que les cas de contact direct entre des citoyens et l’animal, ont constitué un motif pour son transfert à titre préventif vers le parc national de Dilidjan.
Comme Armenpress l’a appris auprès de la branche arménienne du Fonds mondial pour la nature (WWF), la décision a été prise et mise en œuvre par le WWF-Arménie et le ministère arménien de l’Environnement, dans le but de réduire au minimum les dommages potentiels résultant de l’intervention humaine, ainsi que les risques pour la sécurité de l’homme et de l’animal sauvage.
Des vidéos et des photographies se sont largement répandues sur les réseaux sociaux, montrant des citoyens nourrissant le cerf élaphe, s’en approchant, se faisant photographier avec lui ou tentant d’entrer en contact avec l’animal. Selon les spécialistes, un tel comportement perturbe les schémas naturels de comportement de l’animal, crée une dépendance à l’alimentation fournie par l’homme et peut représenter un danger sérieux tant pour l’animal que pour l’être humain. Un animal sauvage, même en adoptant un comportement calme et non agressif, peut involontairement causer des blessures à une personne, ce qui constitue déjà un problème de sécurité majeur.
« Les cerfs élaphes sont par nature des animaux relativement paisibles et proches de l’homme, c’est pourquoi le rôle de la responsabilité humaine est particulièrement important. Les personnes doivent strictement respecter les règles établies, ne pas s’approcher de l’animal, ne pas le nourrir et ne pas interférer de quelque manière que ce soit dans sa vie naturelle, en assurant ainsi leur propre sécurité ainsi que celle de l’animal », a déclaré le directeur du WWF-Arménie, Levon Aghasyan.
Le programme « Réintroduction du cerf élaphe du Caucase en Arménie » a été lancé en 2013 et est mis en œuvre en coopération entre le WWF-Arménie et le ministère arménien de l’Environnement. Le programme vise à restaurer la population de cerfs élaphes en Arménie, espèce qui avait totalement disparu dès 1954.
En 2014, la construction du centre de reproduction des cerfs élaphes dans le parc national de Dilidjan a débuté et s’est achevée en 2018. La même année, 14 cerfs élaphes ont été transférés en Arménie depuis l’Iran, et c’est également cette année-là que la première naissance a été enregistrée au centre de reproduction.
Entre 2020 et 2022, le programme est entré dans une phase de reproduction ciblée, à l’issue de laquelle, en 2022, le premier groupe expérimental composé de trois individus a été relâché dans la nature à Dilidjan. En 2024, dix autres cerfs élaphes y ont été relâchés, et en 2025, neuf individus ont été réintroduits pour la première fois dans la région de Lori, l’un des habitats historiques du cerf élaphe.
Au total, à ce jour, 22 cerfs élaphes ont été relâchés dans la nature, lesquels ont déjà commencé à se reproduire également en milieu naturel (quatre naissances ont été enregistrées à l’état sauvage). Actuellement, 23 individus se trouvent au centre de reproduction. Ainsi, au cours de l’ensemble du programme, le nombre de cerfs élaphes est passé de 14 individus initiaux à 49.
Selon les évaluations des spécialistes, la restauration complète et autosuffisante de la population nécessite la présence d’au moins 500 individus à l’état sauvage, ce qui requiert un travail à long terme, cohérent et strictement contrôlé.
Le WWF-Arménie rappelle que l’ensemble du processus de reproduction et de préparation des cerfs élaphes est organisé de manière à ce que, avant leur relâchement dans la nature, les animaux ne dépendent en aucune manière de l’être humain. À cette fin, le centre de reproduction dispose de six enclos semi-naturels, dont un seul est accessible au public, exclusivement à des fins de démonstration. Cet enclos accueille les animaux qui, pour diverses raisons — manque de viabilité, particularités de santé ou autres facteurs — ne peuvent être relâchés dans la nature. Les autres enclos sont fermés au public et totalement isolés de toute présence humaine.
Les cerfs élaphes sélectionnés pour être relâchés dans la nature passent d’abord par une phase de quarantaine, après quoi des groupes sont constitués, dont les membres sont maintenus ensemble afin de favoriser leur cohésion ultérieure dans le milieu naturel. Durant les six derniers mois précédant leur relâchement, ces animaux n’ont aucun contact avec l’homme et se nourrissent exclusivement de sources alimentaires naturelles, afin d’être pleinement autonomes et préparés aux conditions sauvages au moment de leur retour à la nature.
Le WWF-Arménie et le ministère arménien de l’Environnement appellent le public à respecter strictement les règles de sécurité. Ils demandent instamment de ne pas s’approcher des cerfs élaphes, de ne pas tenter de les toucher ni de les nourrir, d’éviter les bruits forts et les mouvements brusques, et, en cas d’observation d’un animal lors des déplacements, de réduire la vitesse afin d’éviter tout accident. Il est également important d’informer les autres personnes de la présence possible de ces animaux, afin de minimiser le risque de conflit entre l’homme et la faune sauvage.
Les déplacements des cerfs élaphes sont suivis par radiopistage. Les animaux sont placés sous protection de l’État, et toute atteinte à leur intégrité engage la responsabilité prévue par la loi. En cas de dommage causé à un cerf élaphe, le préjudice infligé à l’État est évalué à 15 millions de drams, et des mesures de responsabilité sont appliquées conformément à l’article 386 du Code pénal de la République d’Arménie.