L’Arménie fait tout son possible pour garantir la pleine réalisation des droits culturels des réfugiés arméniens, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères
9 minutes de lecture

La cérémonie d’ouverture de la Conférence internationale de deux jours à Erevan intitulé « Carrefour culturel », consacré au 20ᵉ anniversaire de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, s’est tenue à l’Institut de recherche scientifique sur les manuscrits anciens de Matenadaran, du nom de M. Mashtots.
Selon Armenpress, le ministère arménien des Affaires étrangères a précisé que le vice-ministre des Affaires étrangères, Mnatsakan Safaryan, a également participé au colloque.
Lors de l’ouverture, la ministre de l’Éducation, de la Science, de la Culture et des Sports, Zhanna Andreasyan, a pris la parole, et un message vidéo a été présenté par Ernesto Ottone, directeur général adjoint de l’UNESCO pour la culture.
Dans son discours, Mnatsakan Safaryan a notamment souligné que ce document important, adopté il y a vingt ans grâce à la volonté ferme de la communauté internationale, reconnaît la culture comme pierre angulaire de l’identité, de la dignité et de la créativité. Selon le vice-ministre, deux décennies après son adoption, la Convention reste d’actualité dans un monde globalisé, numérisé et rempli de défis.
« La révolution numérique et le développement rapide de l’intelligence artificielle reconfigurent et redéfinissent les modes de création, de diffusion et de consommation des valeurs culturelles, apportant de nouvelles opportunités mais aussi des défis éthiques, liés aux droits d’auteur et à l’accès équitable. Les menaces liées aux inégalités économiques et au changement climatique, qui perturbent les écosystèmes culturels existants, restent également pertinentes », a déclaré le vice-ministre Safaryan.
Il a souligné que le 20ᵉ anniversaire de la Convention constitue avant tout une occasion de redéfinir la portée de ce document fondamental et de réaffirmer notre engagement pour sa mise en œuvre effective.
« Dans ce processus, il ne faut pas oublier que la diversité culturelle est l’un des piliers de la paix, de la cohésion sociale et du développement durable. Des efforts conjoints sont nécessaires pour garantir aux professionnels de la culture, en particulier aux femmes, aux jeunes et aux créateurs autochtones, un accès équitable aux conditions de travail et au financement. Une attention particulière doit être accordée à la diversité numérique des expressions culturelles, afin d’assurer à tous le droit et la possibilité de s’exprimer sur les plateformes en ligne », a indiqué le vice-ministre.
Safaryan a souligné que l’Arménie a à plusieurs reprises réaffirmé son engagement envers la lettre et l’esprit de la Convention, et que cet événement en constitue une nouvelle manifestation.
« Nous continuerons à promouvoir l’agenda de la diversité culturelle, tant au sein de l’UNESCO que sur d’autres plateformes internationales et multilatérales. Dans le cadre de cet engagement, Erevan accueillera dans deux ans les 10ᵉ Jeux internationaux franco-culturels, réunissant la jeunesse francophone sous les valeurs de la diversité culturelle », a conclu Mnatsakan Safaryan.
Il a également ajouté que la culture est particulièrement vulnérable en période de crise : les conflits, les guerres, les catastrophes naturelles et le changement climatique mettent en danger non seulement des vies humaines, mais aussi les expressions culturelles qui préservent l’identité et la mémoire.
« Dans l’histoire millénaire du peuple arménien, marquée par de lourdes épreuves, la culture a été un moyen de résistance, de persévérance et de sauvegarde de l’identité dans les moments difficiles, ainsi qu’une source d’inspiration pour construire un avenir pacifique et stable. Dans cette perspective, ces dernières années n’ont pas fait exception, lorsque l’Arménie a accueilli environ 120 000 compatriotes déplacés, parmi lesquels des artistes, des enseignants, des artisans et des acteurs culturels, des individus dont les connaissances et la créativité font partie intégrante du patrimoine culturel de notre région », a déclaré Safaryan.
Le vice-ministre a souligné que malgré toutes les difficultés, l’Arménie fait aujourd’hui tout son possible pour assurer la pleine réalisation des droits culturels des réfugiés arméniens.
« Cependant, notre expérience, ainsi que celle d’autres États, montre qu’aucun pays ne peut faire face seul à de telles crises, et que seule la solidarité internationale permet de les surmonter. Nous sommes convaincus que, dans ce contexte, l’UNESCO joue un rôle central pour veiller à la mise en œuvre des dispositions de la Convention de 2005 et garantir que chaque individu, y compris les déplacés et les réfugiés, ait le droit de créer, de se souvenir et de préserver son identité. Nous sommes persuadés que la protection des droits culturels des déplacés et des réfugiés n’est pas seulement un impératif humanitaire, mais également un investissement dans la stabilité, la réconciliation et la paix. À cet égard, l’Arménie poursuivra son dialogue actif avec l’UNESCO, tant pour répondre aux besoins des réfugiés présents en Arménie que pour renforcer les efforts internationaux dans le cadre de la Convention de 2005 », a souligné le vice-ministre des Affaires étrangères.