Discours de l’ambassadeur de France en Arménie, M. Olivier Decottignies, à l’occasion du 30ème anniversaire de l’Ambassade de France en Arménie
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L’ambassadeur de France en Arménie, M.Olivier Decottignies, a prononcé un discours lors de l’événement organisé à l’occasion du 30ᵉ anniversaire de l’Ambassade de France en Arménie.
Comme l’a indiqué « Armenpress » citant l’Ambassade de France en Arménie, M. Decottignies a souligné que la France fut l’un des premiers pays à reconnaître l’indépendance de l’Arménie et l’une premières puissances à ouvrir une ambassade dans sa capitale, Erevan.
"Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Secrétaire général,
Monsieur le Maire adjoint,
Chers collègues,
Chers Amis Arméniens et Français,
C’est une fête de famille qui nous réunit, Français et Arméniens, collègues d’hier et collègues d’aujourd’hui.
La France fut un des premiers pays à reconnaître l’Arménie indépendante. Elle fut aussi une des premières puissances à ouvrir une ambassade dans sa capitale, Erevan.
Car il y a trente ans, le 7 novembre 1995, pour la première fois, on hissait nos couleurs sur ce bâtiment.
Il faut se figurer ce qu’était cette époque, dont les Arméniens se souviennent comme des « années de froid et d’obscurité. » L’Arménie était encore marquée par les stigmates du terrible tremblement de terre de 1988. Elle faisait face à la guerre et à la pénurie. A Erevan, pour pouvoir se chauffer, on coupait les arbres des parcs et des boulevards, on arrachait les lattes du parquet.
Que de chemin parcouru, depuis, par l’Arménie ! Erevan est devenue une métropole prospère, innovante et dynamique. Le peuple arménien a fait le choix de la démocratie et regarde aujourd’hui vers l’Europe. L’Arménie a diversifié ses partenariats stratégiques. Elle a trouvé le courage de faire la paix, qui n’est pas moins grand que celui de faire la guerre. Elle a vocation à redevenir un carrefour dans la région.
Ce chemin, nous l’avons parcouru ensemble, Français et Arméniens. Depuis trente ans, la France s’est toujours tenue au côté de l’Arménie, dans les bons comme dans les mauvais jours. Notre soutien à l’Arménie, le Président de la République l’a dit, « est inconditionnel, il est entier, et il est constant. » Ce sont ses mots. C’est notre boussole. C’est ce à quoi travaille chaque jour l’équipe de l’ambassade
En trente ans, cette ambassade a beaucoup grandi. Jamais nous n’avons été aussi nombreux à y travailler. Jamais elle n’a compté autant de femmes, ni autant de jeunes. Elle accueille une antenne de l’Agence française de développement et un bureau de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Elle comprend une mission de défense, que j’ai eu l’honneur d’ouvrir à vos côtés, mon colonel, et qui a marqué un tournant dans nos relations avec l’Arménie.
En trente ans, cette ambassade a beaucoup grandi, mais comme nous tous, elle a aussi un peu vieilli. C’est pourquoi nous avons entrepris d’importants travaux de rénovation, qui nous permettront de travailler dans de meilleures conditions, de mieux servir nos compatriotes et de mieux représenter la France en Arménie.
Je voudrais tout particulièrement remercier le Président de la République d’Arménie, qui aujourd’hui, pour cet anniversaire, a honoré notre ambassade de sa visite. C’est lui qui, alors Maire d’Erevan, en accord avec le Président Ter Petrossian, nous a offert ce bâtiment, l’ancienne maison des artistes du Théâtre Sundukyan. C’était un magnifique cadeau et un beau clin d’œil, car la diplomatie, c’est aussi un théâtre.
Je voudrais saluer la mémoire de l’architecte Alain Daronian, disparu en 2024, qui avait été chargé par le gouvernement français de transformer la Maison des artistes en ambassade. C’est lui également qui a fait découvrir l’Arménie à un autre grand architecte français, Jean-Michel Wilmotte, qui a été chargé par la ville d’Erevan d’achever le complexe emblématique de Cascade. Nous allons, dans quelques minutes, dévoiler une plaque dessinée par Jean-Michel Wilmotte, qui perpétuera le souvenir d’Alain Daronian.
Je voudrais remercier le ministère arménien des Affaires étrangères et la Mairie d’Erevan, notre ville hôte, pour leur appui amical et constant. Ce sont depuis trente ans nos partenaires fidèles.
Je voudrais remercier la société ARFRATEC, créée à l’occasion du chantier de cette ambassade, et qui reste présente à nos côtés. Je voudrais remercier l’ensemble de nos partenaires présents ici.
Je voudrais dire mon admiration pour notre première ambassadrice, Mme France de Hartingue, qui a jeté les bases de nos relations avec l’Arménie, dans une période si difficile, d’abord à l’Hotel Hrazdan, puis dans cette ambassade. Elle fut une femme ambassadrice à une époque où il n’y en avait guère. Elle reste pour nous tous un exemple.
Je voudrais enfin saluer l’ensemble mes prédécesseurs, et tous nos collègues, français et arméniens, qui ont travaillé et qui continuent de travailler dans ces murs. Ceux qui sont là aujourd’hui, ceux qui nous ont précédés et ceux qui nous ont quittés.
Je voudrais, en particulier, dire toute ma gratitude à nos agents de droit local. Les ambassadeurs, les agents expatriés, vont et viennent – c’est la vie diplomatique. Nos collègues arméniens restent, ils sont notre force et notre mémoire.
Et notre cœur se serre au souvenir de Khatchik Sariboghossian, qui nous a quittés cette année, et au souvenir de Hacop Ghazarian, disparu il y a quatre ans. Ils sont aujourd’hui parmi nous.
Chers amis,
On dit de certaines maisons qu’elles ont une âme. C’est vrai aussi des ambassades. Elle résonnent du souvenir des fêtes, et du passage des jours, des cancans de la machine à café de la joie des rencontre et de la peine des départs.
C’est ici votre maison.
Soyez toutes et tous les bienvenus chez vous.
Vive la République,
Vive la France,
Vive l’Arménie,
Et vive l’amitiés franco-arménienne !"