Une plaque en l'honneur de l’amiral Louis Dartige du Fournet dévoilée au Mémorial de Tsitsernakaberd

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La terre ramenée de la tombe de l'amiral français Louis Dartige Du Fournet, qui a aidé les Arméniens de Musa Dagh à résister héroïquement au massacre pendant le génocide arménien, a été enterrée dans le mur commémoratif du complexe commémoratif du génocide arménien, et une plaque commémorative dédiée à sa mémoire a été installée à Tsitsernakaberd. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan et l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Arménie Olivier Decottignies ont assisté à la cérémonie d'ouverture de la plaque commémorative, rapporte Armenpress.

«110 ans après le génocide, nous commémorons la mémoire des Arméniens du Musa Dagh, qui, en entendant l’ordre de déportation forcée, décidèrent de résister. Au 53e jour du siège, alors que leurs forces, leur nourriture et leurs munitions s’épuisaient, ils levèrent des drapeaux confectionnés avec des draps et tournèrent leur regard vers la mer, là où se trouvaient les navires français venus leur porter secours. Nous rendons hommage à la mémoire de l’amiral Louis Dartige du Fournet et, à travers lui, à tout l’équipage de la 3e escadre de la flotte française en Méditerranée, qui a sauvé plus de 4 000 Arméniens des griffes du génocide. Il a agi sans ordre, guidé uniquement par sa conscience et l’honneur d’un officier français,» a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Jean-Noël Barrot a également cité les paroles de l’amiral Louis Dartige du Fournet :
«Les petits enfants du Musa Dagh, que l’on se passait de main en main au-dessus des vagues, ne sauront jamais de quel danger ils ont été sauvés.»

«Nous rendons aujourd’hui hommage ici à l’esprit du Musa Dagh, à l’esprit de la détermination à résister et de la fidélité, à l’esprit de résistance des habitants du Musa Dagh, à l’esprit de détermination de l’amiral Louis Dartige du Fournet, qui a su, au cœur du tumulte de la guerre, prendre une décision juste et équitable. Nous rendons aussi hommage à l’esprit de fidélité des descendants des rescapés», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères.

Il a remercié pour la décision de lier à jamais la mémoire de Louis Dartige du Fournet à celle des victimes du génocide des Arméniens de 1915.

 

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a souligné que cette histoire et cette cérémonie avaient pour lui une résonance profondément personnelle. Bien avant d’entrer en politique et de devenir ministre, Mirzoyan s’est consacré à l’étude des récits de ceux qui ont risqué leur vie pour sauver les survivants du génocide arménien. «L’histoire du génocide est bien sûr, avant tout, une histoire de tragédie. Mais d’un autre côté, c’est aussi une histoire d’espoir, car il y a eu ces personnes-là. L’amiral Louis Dartige du Fournet et d’autres, qui ont sauvé des Arméniens victimes du génocide, l’ont fait au péril de leur vie, de leur carrière. Et c’est cela qui nous pousse encore aujourd’hui à croire en l’humanité. L’amiral du Fournet n’a pas attendu d’ordre, il n’a pas obéi à un ordre. Il a décidé d’agir. Et c’est là une manifestation exceptionnelle de leadership», a déclaré Ararat Mirzoyan.

 

Le ministre arménien des Affaires étrangères a souligné que cette cérémonie rend hommage à l’amiral, à tous ceux qui ont accompli le même acte héroïque, et bien sûr à la France, qui est devenue un foyer pour des milliers d’Arméniens.

La directrice du Musée-Institut du génocide des Arméniens, Edita Gzoyan, a souligné que cette journée est une date historique dans l’histoire des peuples arménien et français. «Cent dix ans après le génocide des Arméniens et l'autodéfense de Musa Dagh, le peuple arménien exprime sa gratitude à l'amiral français qui a sauvé environ 4 000 Arméniens pendant les années du génocide. Après plus de 13 ans d'interruption, nous ajoutons aujourd’hui de la terre provenant de la tombe de Louis Dartige du Fournet au mur commémoratif du Mémorial du génocide des Arméniens et inaugurons une plaque en son honneur», a déclaré Mme Gzoyan.

En 1915, les Arméniens résistants au programme génocidaire ottoman, attirèrent l’attention du navire de guerre français Guichen à l’aide d’un drapeau blanc. L’amiral Louis Dartige du Fournet envoya un télégramme au haut commandement pour demander l’autorisation de porter secours aux Arméniens. N’ayant pas reçu de réponse claire, il prit la décision, sous sa propre responsabilité, d’évacuer plus de 4 000 Arméniens les 12 et 13 septembre à bord des navires de guerre Guichen, Amiral Charner, Desaix, Foudre et D’Estrées. L’escadre méditerranéenne de la marine française transporta les réfugiés jusqu’au port de Port-Saïd, en Égypte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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