La Déclaration du MAE de la République d’Artsakh

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STEPANAKERT, 11 AOÛT, ARMENPRESS: Le ministère des Affaires étrangères du Haut-Karabakh (Artsakh) a réagi à un article du journal russe qui citait une source anonyme du gouvernement russe selon laquelle la Russie avait proposé d'ouvrir d'abord la route à travers Aghdam et de reprendre ensuite la circulation à travers le corridor de Latchine.

En réponse aux demandes de commentaires des médias, le ministère des Affaires étrangères du Haut-Karabakh a publié la déclaration suivante :

"La République d’Artsakh a toujours maintenu une position de principe face à la crise humanitaire aiguë résultant du blocus illégal du corridor de Latchine par l’Azerbaïdjan. Cette position est fermement ancrée dans les dispositions de la déclaration trilatérale du 9 novembre 2020, en particulier l’article 6 qui définit clairement les paramètres opérationnels et le régime du corridor de Latchine, ainsi que dans les principes du droit humanitaire international.

 Il convient de noter que toute initiative visant à établir un lien entre l’utilisation du corridor de Latchine, et ce de manière restreinte, et des questions sans rapport ou des itinéraires alternatifs, y compris via Aghdam, constitue essentiellement une tentative de légitimer la violation par l’Azerbaïdjan de ses engagements internationaux concernant le corridor de Latchine et de remettre en question la déclaration trilatérale signée par le président de leur pays le 9 novembre 2020. Cette approche, proposée par l’Azerbaïdjan, porte intentionnellement atteinte aux droits et à la dignité du peuple d’Artsakh et est en contradiction avec les normes du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

 Nous réitérons que la proposition concernant l’utilisation de voies de transport alternatives fait partie de la politique de l’Azerbaïdjan visant à exploiter la catastrophe humanitaire qu’il a créée et la menace de la faim comme une arme et un moyen de soumettre par la force l’Artsakh et son peuple. 

Il faut également noter que la proposition de la partie azerbaïdjanaise vise essentiellement à restreindre l’utilisation du corridor de Lachin uniquement à l’évacuation des patients nécessitant un traitement médical en Arménie, et éventuellement à des importations extrêmement limitées de l’Arménie vers l’Artsakh, sous réserve de l’approbation de Bakou. En refusant d’assurer pleinement la circulation sûre et sans entrave des personnes, des véhicules et des marchandises le long du corridor de Latchine dans les deux sens et en proposant des itinéraires alternatifs, les autorités azerbaïdjanaises tentent constamment de rompre les liens profondément enracinés entre les peuples d’Artsakh et d’Arménie, dans l’intention de les priver de leur identité, de leur autosuffisance et de leurs possibilités de développement. Cette initiative vise également à saper le concept du corridor de Lachin, un élément clé d’une résolution globale, juste et digne du conflit. 

Il faut souligner que ni les dispositions de la déclaration trilatérale du 9 novembre 2020, ni les décisions de la Cour internationale de justice datées du 22 février et du 6 juillet 2023 n’envisagent une quelconque présence azerbaïdjanaise dans le corridor de Latchine ou une quelconque limitation de la circulation des personnes, des véhicules et des marchandises dans les deux sens. Il faut noter que le 28 février 2023, alors qu’il se trouvait à Bakou, le ministre russe des Affaires étrangères a confirmé que l’établissement de points de contrôle dans le corridor de Latchine n’était pas envisagé par la Déclaration trilatérale.

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