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Poutine reçoit Erdogan à Sotchi

Poutine reçoit Erdogan à Sotchi

EREVAN, 22 OCTOBRE, ARMENPRESS:   Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est rendu, mardi 22 octobre, en Russie, alliée du président syrien Bachar al-Assad, pour des discussions avec Vladimir Poutine au sujet de la situation dans le nord de la Syrie.


Malgré l'accord de trêve conclu avec les États-Unis prévoyant le retrait des Kurdes, la Turquie pourrait reprendre son offensive militaire, ce mardi à 19 h GMT, après une pause de cinq jours dans les combats, a déclaré Recep Tayyip Erdogan.


De leur côté, les combattants kurdes ont fait savoir mardi à l'administration américaine s'être totalement retirés de la "zone de sécurité" voulue par la Turquie au nord de la Syrie, quelques heures avant l'expiration de la trêve, selon un responsable américain.


Le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a indiqué dans une lettre au vice-président américain Mike Pence avoir retiré "toutes les forces des YPG", les Unités de protection du peuple, principale composante des FDS considérée par Ankara comme un groupe terroriste, a précisé ce responsable ayant requis l'anonymat.


"La situation dans la région est très grave", a estimé de son côté Vladimir Poutine au début de sa rencontre avec le président turc, appelant à "trouver une solution même aux questions les plus difficiles".


À son arrivée à Sotchi, Recep Tayyip Erdogan a indiqué espérer que ces pourparlers constituent "une opportunité de paix plus solide", alors qu'Ankara réclame le retrait des combattants kurdes du Nord-Est syrien, y compris dans les zones sous contrôle du régime syrien soutenu par Moscou.

 

Selon Cyrille Bret, maître de conférences à Sciences Po et cofondateur du blog EurAsia, à court terme, l’enjeu de cette rencontre est de discuter du cessez-le-feu négocié entre Ankara et Washington.


En revanche, l'enjeu "à plus long terme, c’est la recomposition complète des alliances au Moyen-Orient autour de la Syrie", précise-t-il sur France 24, alors que "l’intérêt de Moscou est de préserver sa position centrale depuis son intervention en Syrie, en 2015". Pour l'enseignant, la Turquie fait de son côté "cavalier seul", une stratégie "d’autant plus dramatique que plus aucune force militaire, stratégique et diplomatique ne s’oppose à elle".


"De l’autre côté, les forces kurdes opposées au gouvernement de Bachar al-Assad font aujourd’hui front avec elle contre l’offensive turque dans le nord du pays", constate Cyrille Bret.


À la suite de l'annonce par Donald Trump du retrait militaire américain de la zone, Ankara a lancé le 9 octobre une offensive contre une milice kurde, alliée des Occidentaux dans la lutte contre le groupe État islamique mais qualifiée de "terroriste" par la Turquie.


Ankara a suspendu son offensive jeudi, à la faveur d'une trêve négociée entre Turcs et Américains. Mais cette pause expire à 19 h GMT mardi et le pouvoir turc se dit prêt à frapper si les forces kurdes ne se sont pas retirées.


"Si les promesses faites par les Américains ne sont pas respectées, l'opération reprendra avec une plus grande détermination", a menacé Recep Tayyip Erdogan avant de partir en Russie.


Appelées à la rescousse par les Kurdes, les forces syriennes, accompagnées de patrouilles militaires russes, ont repris certaines zones sous contrôle kurde, contrecarrant les plans d'Ankara.


Jusqu'ici, Recep Tayyip Erdogan réclamait une "zone de sécurité" de 444 km le long de sa frontière avec la Syrie, mais après le retour des troupes de Damas dans le Nord-Est syrien, Ankara a dû revoir son ambition afin d'éviter tout affrontement direct.


"Aujourd’hui, les forces de Damas et les forces d’Ankara sont à quelques kilomètres les unes des autres dans cette bande, qui est une espèce de zone tampon dans laquelle la Turquie veut installer les réfugiés syriens présents sur son sol", commente Cyrille Bret.


Pour agrandir cette zone, Recep Tayyip Erdogan sait qu'il devra trouver une entente avec la Russie. "Nous allons avoir l'opportunité de discuter du (retrait) des YPG des zones où se trouve le régime", a déclaré le président turc. "Nous espérons délivrer cette région du fléau du terrorisme séparatiste à travers notre coopération avec la Russie."


Le dirigeant turc a en outre affirmé qu'il s'entretiendrait avec Vladimir Poutine de la situation à Idleb (nord-ouest), une province contrôlée par des rebelles et des jihadistes et que le régime syrien entend reprendre.


Source: France 24




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