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«Allergie» des noms arméniens : Bagrat Estoukian a parlé de la dénomination d’une rue au nom arménien à Istanbul


EREVAN, LE 18 JANVIER, ARMENPRESS: Certaines questions continuent à préoccuper la communauté arménienne de Turquie, à savoir la question du patriarche arménien, les élections des conseils d’administration des  établissements communautaires. C’est au sujet de ces questions que l’agence «Armenpress», s’est entretenue avec Bagrat Estoukian, éditeur responsable de la section arménienne de l’hebdomadaire  «Akos».

-Monsieur Estoukian, quelles sont les questions importantes pour la communauté arménienne de Turquie en 2019?

-L’une des questions à l’ordre du jour au cours de ces dix dernières années est l’élections du patriarche. Vous savez que l'archevêque Mesrop Moutafian, le patriarche arménien est malade et a perdu la conscience et ne peut pas remplir ses fonctions. Par conséquent, sa place est vacante. Certes, un remplaçant a été nommé, mais il n’est pas élu. C’est pourquoi, il ne peut pas assumer les obligations du patriarche. Pour nous c’est une question importante.

En outre, il existe un autre problème, concernant les élections des Conseils d’administration des établissements communautaires. Il n'y a pas eu d'élections  depuis longtemps. Il existe 35 établissements, dont le Conseil administratif est élu par le peuple. L’Etat nous en empêche sous prétexte de la création d’un nouveau règlement qui n’a pas abouti jusqu’à présent. Il est à noter que ce problème existe pas seulement au sein de la communauté arménienne, mais aussi dans les communautés grecques et juives. Toutes les trois communautés sont privées de ce droit.  

Nous tenons à ces élections car leur absence a provoqué une désolidarisation au sein de la communauté et nous sommes en face d’une polarisation. Ce qui complique la réalisation des travaux. En bref, tous les problèmes proviennent de l’absence d'un  leader.

-Y a-t-il des perspectives de la résolution de ces deux problèmes?

-Il n’y a pas de perspective, ni d’attente parce qu’il n’y a pas d’exigence nette de la part des autorités, autrement dit, l’église du patriarcat et les représentants d’autres établissements. Des déclarations sur le souhait des élections du patriarche existent, mais ne se tranforment pas en actions.   

-Dites s’il vous plait, qu’est ce qu’il faut faire pour la préservation des écoles arméniennes en Turquie au cours de cette année? Qu’est-ce qui manque dans les écoles et de quoi ont-ils besoin?

-Ce sont  des problèmes qui, d’habitude, se résolvent.  Cependant, il existe une régression quant à la fréquentation des écoles arménienne et à la langue arménienne. Le nombre des élèves  a diminué. Néanmoins, l’enseignement va son train. Quant à la nouvelle littérature et à la formation des enseignants, là il y a toujours du travail à faire. Les écoles présentent différentes initiatives de formation de l’équipe des enseignants.   

-Monsieur Estoukian, la commémoration de l’assassinat de Hrant Dink est proche.  Des événements sont-ils prévus?

-D'habitude, nous n’initions aucun événement ce jour-là. Des organisation différentes organisent différents événements auquels nous participons.  Nous n’avons jamais été les organisateurs des événéments ce jour-là. Cette année il y aura un événement de commémoration devant l’ancien bâtiment de la rédaction  «Akos». Des milliers de gens y assisteront et un commandement symbolique leur sera transmis. D’autres événements sont également prévus dans les autres villes de Turquie.

L’Etat n’est pas tenu responsable d’aucun crime commis par lui et l'assassinat de Hrant Dink n’en est pas une exception.

-Monsieur Estoukian, nous voyons les poursuites subies par Garo Paylan, homme politique d’origine arménienne et député de l’Assemblée nationale turque. Quels événements prévoyez-vous par la suite?

-Le dirigeant du parti auquel adhère Garo Paylan, se trouve en prison comme beaucoup d’autres personnalités politiques. Par conséquent, je n’exclus pas les menaces pour Garo Paylan. Actuellement on essaye de le priver  de l’immunité parlemenatire. Les discours de Garo Paylan préoccupent le Gouvernement et sont considérés des menaces directes à leur pays. Garo soulève la question du génocide comme le faisait Hrant Dink.

-Encore une question sur la dénomination d’une rue au nom arménien. Selon nos informations, la rue Tatian à Istanbul pourrait etre denommée. Quel est l’objectif de cette dénomination?

-C’est une toute petite rue, qui se trouve entre l’église et l’école arménienne. Le nom arménien de cette rue est très appropriée car Tatian est le fondateur de l’école. Les autorités locales ont pris la décision de la dénommer. Selon moi, c'est en raison de l’arménophobie à la base de la pensée politique turque que cette décision a été prise et c’est également sur elle que se base l'idéologie dominante quoique certains milieux aient éventuellement su s’en affranchir. Par conséquent, la dénomination de la rue n’est pas due à un hasard, et nous avons qualifié cette situation d’«allergie» des noms arméniens.

Anna Gzirian




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