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Entretien du Premier ministre avec l'agence de presse espagnole EFE

Entretien du Premier ministre avec l'agence de presse espagnole EFE

EREVAN, 28 OCTOBRE, ARMENPRESS. Le Premier ministre Nikol Pashinyan a accordé une interview à l'agence de presse espagnole EFE. "Armenpress" présente l'interview ci-dessous.

EFE- Vous avez récemment dit, à plusieurs reprises, que la situation en première ligne est difficile. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, prétend s'emparer chaque jour de nouveaux territoires, semble-t-il. Avez-vous quelque chose à ajouter?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Il faut noter que la situation en première ligne est assez difficile. Le peuple du Haut-Karabakh se défend par tous les moyens dont il dispose et le peuple arménien le soutient, par tous les moyens dont il dispose.

EFE - Vous avez toujours dit que la seule solution au conflit était une solution pacifique. Cependant, mercredi mercredi 21 octobre, vous avez annoncé  qu'au moins qu'au moins à ce stade, la question du Haut-Karabakh n'a pas de solution diplomatique. Qu'est ce qui a changé?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Rien n'a changé dans ma position. Nous avons toujours dit et continuons de dire que la question du Haut-Karabakh ne doit être résolue que par des moyens pacifiques. J'ai dit autre chose, que l'Arménie a toujours été et est prête - et que le Karabakh est également prêt - pour un règlement pacifique et diplomatique de la question, mais nous avons un problème: le compromis sur lequel l'Arménie accepte n'est plus quelque chose auquel l'Azerbaïdjan est d'accord. Il faut un compromis, pour que les parties assouplissent leur position. Cela n’a rien de nouveau.

 Cela a toujours été le cas. Cela est prouvé par des faits concrets depuis 2011, lorsque l'Arménie a légèrement abaissé sa barre initiale et recherché un compromis. A partir de là, l'Azerbaïdjan n'est pas d'accord, exige plus. Et, en parallèle, des pressions militaires se manifestent et c'est dans ce contexte que j'ai dit qu'en réalité, une solution diplomatique n'est pas faisable dans ces conditions, car l'autre partie ne veut pas d'une solution diplomatique.

L'autre côté veut une solution militaire. Nous devons donc nous concentrer davantage sur l’objectif militaire, afin de parvenir à une solution diplomatique. Telle est l'histoire.

EFE - L'Azerbaïdjan a un allié fort dans cette guerre sous la forme de la Turquie. Et l'Arménie? La Russie a un traité de sécurité avec l'Arménie. Pensez-vous que Moscou met tout en œuvre pour tenir ses engagements dans le cadre de son alliance stratégique avec Erevan?

Premier ministre Nikol Pashinyan-  Tout d'abord, nous devons reconnaître que la Russie est le partenaire stratégique de l'Arménie et, en ce sens, nous ressentons le soutien de la Russie. Mais la Russie est également un pays coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE et son mandat, sa mission, est d'être un médiateur dans la résolution du Haut-Karabakh, un médiateur entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et le Haut-Karabakh. Et donc ses positions et ses décisions s'inscrivent dans cette ampleur. Et  oui, nous ressentons en effet le soutien de la Russie en tant que partenaire stratégique de l’Arménie. Nous ressentons les efforts de médiation de la Russie. Nous voyons ces efforts de médiation pour établir la stabilité dans la région et parvenir à un règlement pacifique.

Malheureusement, ces efforts ne donnent pas encore de résultats. Pour la simple raison que l’Azerbaïdjan ne respecte pas ses engagements, à savoir les engagements énoncés dans la déclaration de Moscou (le cessez-le-feu du 10 octobre) et il est évident d’ailleurs que l’Azerbaïdjan ne le fait pas en raison des encouragements de la Turquie et de la position de la Turquie. À chaque fois, la Turquie déclare que l'Azerbaïdjan ne doit pas arrêter les combats et doit aller vers une solution militaire du problème. C'est un facteur clé. L'Azerbaïdjan, au lieu de se concentrer sur ses engagements, se concentre davantage sur les déclarations de la Turquie.

EFE - À votre avis, qui est capable d'arrêter l'effusion de sang dans le Haut-Karabakh? Russie?  L'ONU ?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Il existe un format pour les discussions et ce sont les coprésidents du groupe de l'OSCE Minsk, composé de la Russie, de la France et des États-Unis. La réponse à votre question doit être recherchée dans ce contexte. Bien sûr, la Russie est plus proche de la région. La Russie a une plus grande influence et un plus grand poids et elle a de plus grandes possibilités. Je pense donc que les autres coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE devraient soutenir et encourager la Russie à remplir cette fonction.

EFE - Dans quelles conditions l'Arménie era-t-elle prête à reconnaître l'indépendance du Haut-Karabakh? Le ferait-il sans le soutien de la communauté internationale?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Bien sûr, l'Arménie peut prendre cette décision à tout moment. Mais cette décision serait beaucoup plus significative si l’Arménie agissait non en tant que pays autonome mais en tant que membre de la communauté internationale, en tant que participant à un processus continu. Et maintenant, nous pouvons voir qu'avec l'encouragement de la diaspora arménienne, un mouvement a commencé à travers le monde pour la reconnaissance internationale de l'Artsakh.

Mais je tiens à souligner que cette reconnaissance ne s'inscrit pas du tout dans une logique de séparatisme. Ce n'est pas lié au séparatisme. Au Haut-Karabakh - et c'est ainsi que le mouvement du Karabakh a commencé à l'origine - les Arméniens du Karabakh font face à une menace de survie, une menace existentielle. Nous avons donc mis l'accent sur le principe de la «sécession-rémède». Les gens veulent l'indépendance non pas parce que c'est simplement quelque chose qu'ils veulent sur un coup de tête. Mais c'est une nécessité vitale car ce qui se passe maintenant, ce qui s'est déjà passé au Haut-Karabakh, est essentiellement un processus de génocide qui a commencé contre les Arméniens du Haut-Karabakh.  C'est une nuance très importante dont il faut tenir compte.

EFE - Je viens de rentrer du Haut-Karabakh, le génocide est l'une des plus grandes craintes pour les gens qui y vivent. Pensez-vous que la communauté internationale en est consciente?

Premier ministre Nikol Pashinyan - En utilisant tous les moyens possibles, nous avons parlé de ce problème. Dans des dizaines de villes à travers le monde, il y a des manifestations, des rassemblements, des manifestations qui en parlent.

La communauté internationale a besoin de savoir qu'il y a vraiment une menace sérieuse et que cette menace est une menace sérieuse non seulement pour le contexte du Haut-Karabakh, mais qu'en parallèle il y a des menaces géopolitiques, car il s'agit d'une tentative de poursuivre la politique impériale de la Turquie par le génocide.

Et cette menace plane non seulement sur le Haut-Karabakh, mais aussi sur tous les Arméniens du Caucase du Sud, car les Arméniens du Caucase du Sud sont le dernier obstacle sur le chemin de la Turquie vers la poursuite des politiques impérialistes vers le nord, l'est et le sud-est. Et cela doit être vu dans le contexte des politiques menées par la Turquie en Méditerranée contre la Grèce et Chypre ou en Syrie, en Irak et en Libye.

Nous devons également reconnaître que sans la Turquie, cette guerre n'aurait pas eu lieu. Tout d'abord, l'armée turque participe officieusement aux côtés de l'Azerbaïdjan. Ils sont impliqués dans ce processus. Leurs propres drones appelés Bayraktar sont utilisés, et la Turquie est celle qui a recruté des mercenaires et des terroristes et les a transportés en Azerbaïdjan pour lancer l'attaque sur le Haut-Karabakh.

EFE - La présence présumée de ces groupes dans la région constitue-t-elle une menace pour la communauté internationale?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Il est désormais prouvé qu’ils y sont utilisés. Nous avons également publié des documents officiels et il existe d'autres documents sur Internet qui prouvent sans aucun doute ce fait.

EFE - Votre ministre des Affaires étrangères est en visite à Washington pour tenir des réunions. Qu'attendez-vous des discussions avec les États-Unis?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Cette visite était prévue il y a longtemps. Et comme je l'ai dit, les États-Unis sont l'un des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE et les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE sont le format où le conflit du Haut-Karabakh devrait être résolu. Et je pense que les coprésidents doivent redoubler d’efforts pour amener l’Azerbaïdjan sur un terrain constructif.

EFE - S'il s'avère impossible d'arrêter la guerre par des moyens diplomatiques, y a-t-il un risque réel que ce conflit devienne quelque chose de plus grand et impliquera davantage d'acteurs régionaux?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Cette menace existe depuis le premier jour et elle continue d'exister. La menace persistera tant que la guerre n'aura pas été arrêtée.

EFE - Pourquoi la Russie et l'Union européenne ne sont-elles pas plus activement impliquées dans la recherche d'une solution diplomatique?

Premier ministre Nikol Pashinyan - Comme je l'ai dit, il y a une raison et c'est que l'Azerbaïdjan a décidé de ne pas arrêter la guerre, de ne pas arrêter la guerre malgré ses propres engagements. Et comme je vous l’ai dit, la raison en est st la position destructrice et agressive de la Turquie.

Pour mettre fin à la guerre, la communauté internationale doit condamner clairement l’implication de la Turquie et celle des terroristes dans ce processus et prendre des mesures concrètes, y compris des sanctions, pour contenir l’agressivité de la Turquie et celle de l’Azerbaïdjan. Et les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE doivent faire un effort plus actif et plus pratique.

 





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