La santé humaine, animale et environnementale abordée dans une même perspective : une discussion sur l’approche « Une seule santé » s’est tenue à la COP17
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Dans le cadre de la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17), le ministère arménien de la Santé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a organisé le 23 octobre, au centre Meridian, une discussion intitulée « L’approche “Une seule santé”: de l’observation des changements écologiques à la prévention des risques sanitaires, solutions stratégiques et pratiques ».
Selon Armenpress, le ministre arménien de l’Environnement, Hambardzum Matevosyan, a souligné à cette occasion que la biodiversité constituait notre système immunitaire commun et que des écosystèmes sains nous fournissaient de l’eau propre, des aliments sûrs et un climat stable.
Il a indiqué qu’environ la moitié des maladies infectieuses étaient liées aux changements dans l’utilisation des terres et les pratiques agricoles, ainsi qu’à l’empiètement sur les habitats naturels, qui rapprochent les animaux sauvages, les animaux d’élevage et les êtres humains.
« C’est pourquoi je souhaite inscrire la discussion d’aujourd’hui dans le contexte de l’enjeu central de la COP17 : le premier bilan mondial collectif des progrès accomplis dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Nous sommes à mi-parcours de la période qui nous sépare de l’échéance de 2030. Le rapport mondial, établi à partir des rapports nationaux de 129 Parties, des stratégies actualisées de 89 Parties et des objectifs nationaux fixés par 162 Parties, envoie un message clair. La mobilisation est sans précédent, mais nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs.
Certains des écarts les plus importants concernent des domaines dans lesquels les progrès dépendent de secteurs qui dépassent le seul champ de l’environnement, notamment le financement et la réforme des subventions préjudiciables. De même, les objectifs relatifs à la pollution ou à l’agriculture ne peuvent être atteints par les seuls ministres de l’Environnement.
C’est précisément la question sur laquelle les Parties négocient ici, à Erevan : comment corriger notre trajectoire au cours des quatre années restantes ? L’une des voies possibles consiste à adopter une décision spécifique sur le bilan des progrès, fondée sur une approche mobilisant l’ensemble du gouvernement et de la société », a souligné le ministre.
Selon lui, l’approche « Une seule santé » repose précisément sur cette vision, mise en œuvre là où elle revêt la plus grande importance pour la vie humaine. Hambardzum Matevosyan a assuré que la nouvelle Stratégie nationale pour la biodiversité de l’Arménie et son plan d’action pour la période 2026-2030 traduisaient ce lien en engagements concrets : réduire d’au moins 30 % la pollution du lac Sevan par le phosphore et l’azote, nettoyer au moins dix rivières des déchets plastiques et solides, interdire les sacs en plastique à usage unique et réglementer l’utilisation des pesticides indésirables, assurer la gestion durable d’au moins 150 000 hectares de pâturages et de prairies, et préserver au moins 20 % des écosystèmes terrestres et d’eau douce d’ici à 2030.
Hambardzum Matevosyan a souligné que chacune de ces mesures relevait à la fois de la protection de la biodiversité et de la santé publique.
La ministre arménienne de la Santé, Anahit Avanesyan, a également souligné que l’approche « Une seule santé » établissait un lien étroit entre la biodiversité et la santé.
« La santé humaine ne peut être dissociée de celle de l’environnement. Cette compréhension est au cœur de l’approche “Une seule santé”, qui souligne l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et celle de l’environnement, et appelle à une action coordonnée entre les différents secteurs. La perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes représentent des risques considérables pour la santé publique, notamment en augmentant la probabilité de transmission de maladies zoonotiques. Ayant obtenu avec succès et conservé le statut de pays exempt de paludisme, certifié par l’Organisation mondiale de la santé, l’Arménie reste pleinement consciente que les changements climatiques et les modifications des habitats naturels peuvent menacer les acquis, obtenus au prix de nombreux efforts, dans le domaine de la santé publique, en créant de nouvelles vulnérabilités face aux maladies à transmission vectorielle », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la biodiversité offre des possibilités inestimables pour la recherche scientifique et l’innovation médicale, notamment pour la découverte de nouveaux médicaments et traitements.
« L’Arménie est consciente de l’importance d’intégrer les principes de l’approche “Une seule santé” dans ses politiques nationales et de promouvoir la coopération entre les secteurs de la santé, de l’environnement, de la protection de la nature et de l’économie. Nous sommes convaincus qu’un renforcement de la coopération entre les responsables de l’élaboration des politiques, les scientifiques et les spécialistes de la santé publique est essentiel pour relever les défis complexes qui dépassent les frontières institutionnelles et nationales », a assuré Anahit Avanesyan.
Selon la ministre, dans le cadre de l’approche « Une seule santé », il est indispensable de s’appuyer sur des échanges électroniques précis de données et sur la mise en place d’une base de données unifiée et interopérable. Elle a également souligné l’importance de tirer parti du potentiel transformateur de l’intelligence artificielle et des capacités avancées d’analyse afin d’aborder de manière globale les changements de la biodiversité et leurs profondes répercussions sur la santé humaine.
« La COP17 offre une occasion exceptionnelle de renforcer la coopération internationale, de promouvoir des solutions fondées sur des données probantes et de réaffirmer notre engagement collectif en faveur de la préservation de la biodiversité. Les décisions que nous prenons aujourd’hui peuvent contribuer à bâtir un avenir plus sain et plus durable pour les générations à venir. En nous tournant vers l’avenir, nous devons garder à l’esprit un principe fondamental : les politiques environnementales sont également une composante indissociable des politiques de santé publique », a déclaré la ministre arménienne de la Santé, Anahit Avanesyan.
Le représentant de l’OMS en Arménie et chef du bureau de l’organisation dans le pays, Siddhartha Datta, a considéré cette discussion comme une avancée, soulignant que l’organisation d’un tel événement consacré à la biodiversité, aux écosystèmes et à la santé par la présidence arménienne, avec la participation des États membres et des partenaires, témoignait de la volonté de concrétiser l’approche « Une seule santé».
« L’approche “Une seule santé” n’est plus une option. Les défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés en matière d’interdépendance entre la biodiversité, les écosystèmes et la santé ne peuvent être relevés par un seul secteur. C’est pourquoi nous accordons une très grande importance à la participation des deux hauts responsables gouvernementaux présents ici, qui contribuent à la mise en œuvre de l’approche “Une seule santé”. À nos yeux, l’Arménie montre aujourd’hui qu’un leadership local peut avoir un impact mondial. Nous remercions l’Arménie pour cet engagement », a déclaré Siddhartha Datta.
Selon lui, l’engagement politique d’un État membre doit s’accompagner d’investissements financiers durables à la hauteur des enjeux.
« Lorsque nous parlons du bien-être des populations, nous envisageons souvent la question sous l’angle de l’avenir. Permettez-moi de présenter le coût économique de l’inaction face à la perte de biodiversité. Selon les estimations de la Banque mondiale, la dégradation des écosystèmes essentiels pourrait réduire le PIB mondial de 2 700 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Plus de la moitié du PIB mondial dépendant de la nature, la perte continue de biodiversité menace la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance, la santé et la stabilité économique à long terme. Les conséquences de la perte de biodiversité sur la santé ne constituent pas un risque théorique. La COVID-19, les cas d’infection par le virus du Nil occidental enregistrés en Arménie et l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale nous indiquent tous une même chose: le risque est réel », a souligné Siddhartha Datta.
Le représentant de l’OMS en Arménie et chef du bureau de l’organisation dans le pays a affirmé que l’approche « Une seule santé » devait dépasser le stade d’un concept général et être intégrée aux politiques nationales, aux dispositifs institutionnels, aux programmes opérationnels et aux investissements durables.