Le Premier ministre Pashinyan présente un programme de réforme pour l'Église apostolique arménienne

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Le Premier ministre de la République d’Arménie, Nikol Pashinyan, a présenté la voie par laquelle il envisage de mettre en œuvre un programme de réforme au sein de l’Église apostolique arménienne.

Selon Armenpress, le Premier ministre a exposé son programme proposé à travers une publication sur sa page Facebook :

« Libérer le Saint-Siège de Ktrich Nersisyan est avant tout un enjeu spirituel.
Notre Église,  et, à travers elle, notre État et notre société,  est confrontée à l’agenda du renouveau intérieur, à l’établissement d’un standard moral dans la vie de notre pays.
Car il est difficile, pour ne pas dire impossible, de faire du niveau moral rêvé et prôné par Hovhannes Toumanian – des gens honnêtes, des cœurs bienveillants, des esprits élevés,  une norme moyenne dans la société, si l’élite de l’Église elle-même ne respecte pas, par serment, le standard qu’elle a hérité de ses ancêtres. »

« D’ailleurs, il s’agit là des conséquences de la désacralisation de l’État. Les empires ont encouragé les écarts par rapport au standard du vœu monastique afin d’utiliser cela comme un levier pour garder l’Église apostolique arménienne sous contrôle, freinant ainsi l’ascension de notre peuple.

Dans ce sens, notre objectif ne peut pas être de remplacer Ktrich Nersisyan par un autre prêtre ayant lui aussi violé son vœu de célibat, car cela relèverait d’une manœuvre politique, et non d’un véritable projet de renouveau spirituel.

Je comprends que cela complique la situation, mais la manipulation politique n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais notre but.

Par conséquent, je propose le programme suivant :

Ktrich Nersisyan est relevé de ses fonctions au Saint-Siège.
Un prêtre intègre et marié est nommé locum tenens (remplaçant temporaire du Catholicos), sans qu’il puisse prétendre au trône catholicosal.
Aucune nouvelle élection du Catholicos n’aura lieu tant que le règlement canonique de l’Église apostolique arménienne ne sera pas établi sur la base du Kanonagirq Hayots (Code canonique arménien).
Ce document devra être rédigé en langue arménienne moderne, être succinct et accessible à tous. En effet, actuellement, il n’existe pas de version moderne du Kanonagirq Hayots, dont les milliers de règles ont été élaborées au cours de 17 siècles. De ce fait, même de nombreux fidèles et membres du clergé ne sont pas en mesure d’y accéder ni de connaître les règles qu’il contient, ce qui nuit gravement à sa valeur pratique. »

« Une fois le Règlement canonique approuvé, des élections du Catholicos de Tous les Arméniens devront être organisées, lors desquelles la moralité de tous les candidats au poste de Catholicos devra être vérifiée.

En outre, les procédures de vérification de la moralité des candidats, les critères d’éligibilité et les modalités d’organisation des élections devront être définies dans le Règlement, qui devra être adopté par un Conseil ecclésiastique national ou une structure équivalente.

Concernant maintenant le mouvement « Que le Saint-Siège soit saint ! » : il s’agit d’un mouvement de fidèles de l’Église apostolique arménienne.
Le problème ici, c’est que l’on ne peut pas vérifier l’appartenance religieuse de chaque personne qui prend la parole sur les places publiques ou les réseaux sociaux, ni empêcher quiconque d’exprimer son opinion.

Cependant, les dirigeants du mouvement doivent satisfaire aux critères suivants, déjà énoncés précédemment :

a) Être baptisé dans l’Église apostolique arménienne ;
b) Croire de tout cœur en notre Seigneur vivant, Jésus-Christ ;
c) Avoir lu la Bible en entier au moins une fois dans leur vie ;
d) Avoir observé au moins une fois le Grand Carême (le jeûne du Carême) au cours des cinq dernières années ;
e) Prier tous les jours ;
f) Croire que le programme de renouveau du Saint-Siège est dans l’intérêt de l’Église apostolique arménienne, du peuple et de l’État arméniens, et qu’il est conforme aux saintes traditions de nos ancêtres.

Bien entendu, il ne sera pas facile de vérifier empiriquement certaines de ces conditions, mais ici aussi s’applique la logique de la vérification par la communication, qui est tout à fait réalisable.

Il est également clair qu’en annonçant que je dirigerai le mouvement "Que le Saint-Siège soit saint !", je dois moi-même répondre à tous ces critères. »

« Et puisque j’ai déclaré que je dirigerai le mouvement ‘Que le Saint-Siège soit saint !’, cela signifie que je réponds moi-même à ces critères.

Je comprends également que ces critères rendent la formation de la direction du mouvement significativement plus difficile. Mais c’est nécessaire pour ne pas dévier de l’agenda spirituel qui est prioritaire.
Notre Seigneur Jésus-Christ enseigne :

‘Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui passent par là. Mais étroite est la porte, resserré est le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent.’ (Matthieu 7:13-14)

En post-scriptum, le Premier ministre précise : « L’agenda de renouveau ne doit en aucun cas être interprété comme une tentative de théocratie. Il ne limitera, ni ne pourra limiter la liberté d’aucun citoyen, de quelque manière que ce soit.

Mais cet agenda doit aussi clairement transmettre un message à la société : Elle a le droit d’attendre une totale responsabilité, aussi bien dans la vie publique que personnelle, de la part de ses dirigeants , qu’ils soient de l’Église, de l’État ou de la politique.

Ceux qui ne sont pas certains de pouvoir respecter cela ne doivent pas postuler à des fonctions spirituelles ou politiques. » 

 

 

 

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