Ambassadeur d’Arménie en France: la coopération décentralisée avec la France revêt un caractère stratégique pour l’Arménie
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L’ambassadeur d’Arménie en France, Arman Khachatryan, estime que la coopération décentralisée entre l’Arménie et la France doit être envisagée dans le contexte des relations multiformes et multidimensionnelles entre les deux pays.
Selon « Armenpress », l’ambassadeur a exprimé cette opinion lors d’un panel tenu dans le cadre de la 5ᵉ conférence Arménie–France sur la coopération décentralisée, en cours à Goris.
« Il a été souvent souligné que les relations arméno-françaises ont un riche passé historique, fondé sur des valeurs communes et des liens profonds. Aujourd’hui, l’Arménie et la France entretiennent des relations stables et privilégiées, qui incluent désormais des domaines d’importance stratégique tels que la défense, les infrastructures et l’économie », a déclaré l’ambassadeur, ajoutant que les relations entre les deux pays connaissent un développement dynamique dans tous les domaines.
L’ambassadeur a rappelé que le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères , Jean-Noël Barrot, avait visité l’Arménie une semaine auparavant. « Il s’agissait d’une visite intéressante et productive, au cours de laquelle des documents ont été signés et la coopération décentralisée a également été abordée. Cette coopération joue un rôle important dans les relations Arménie-France et remonte à l’indépendance de notre République. Elle ne cesse de se développer. Bien que l’Arménie et la France soient des États unitaires, la coopération décentralisée est rendue possible par la démocratisation des relations internationales, qui permet de développer des liens directs entre collectivités territoriales, en complément des relations intergouvernementales. C’est un domaine nouveau, qui permet de contribuer au développement durable des territoires, à la solidarité internationale et à la promotion des communautés locales », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette coopération a un caractère stratégique pour l’Arménie. « Je vais vous exposer les raisons. Premièrement, cette coopération contribue à notre sécurité. Les régions impliquées - Syunik, Gegharkunik, Vayots Dzor, Tavush - sont frontalières et donc vulnérables. Le fait que cette conférence se tienne aujourd’hui à Syunik est symbolique : elle exprime notre solidarité et celle de la partie française avec la résilience de Syunik, et plus largement avec les enjeux de sécurité de l’Arménie. Deuxièmement, sur le plan politique : après la guerre de 44 jours en 2020 et le déplacement de la population du Haut-Karabakh en 2023, la quasi-totalité des collectivités françaises ont adopté des résolutions, manifesté leur soutien, et fourni une aide humanitaire et politique importante à l’Arménie dans une période difficile. »
« L’un des axes clés de cette coopération est aussi le renforcement des capacités économiques des collectivités locales, avec de nombreux projets dans ce domaine. Un autre aspect important est l’implication de la diaspora arménienne. Cette coopération décentralisée offre un mécanisme structuré permettant de mobiliser le potentiel de la diaspora pour le développement des collectivités territoriales en Arménie. Enfin, je tiens à souligner que cette coopération représente également un soutien à la démocratie arménienne, notamment à la démocratie locale. Aujourd’hui, être un pays démocratique est une composante essentielle de notre identité, et la démocratie commence aussi au niveau local. Grâce à cette coopération, nous faisons venir l’expertise française pour aider nos communautés à résoudre leurs problèmes et à développer la gouvernance locale », a conclu Arman Khachatryan.