L'Azerbaïdjan délégitime la médiation américaine par ses actions sur le terrain, affirme un analyste arménien

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EREVAN, 30 JUIN, ARMENPRESS: L'Azerbaïdjan a toujours eu recours à l'escalade de la situation avant les négociations avec l'Arménie, mais l'attaque du 28 juin contre le Haut-Karabakh au milieu des discussions des ministres des Affaires étrangères à Washington D.C. est vraiment sans précédent, selon l'analyste politique Tigran Grigoryan.

"Par le passé, les négociations se sont déroulées au milieu des tirs azerbaïdjanais, mais il est difficile de se souvenir d'une seule réunion de haut niveau au cours de la dernière décennie avant laquelle l'Azerbaïdjan a eu recours à une telle escalade. Cette fois-ci, l'Azerbaïdjan a utilisé l'artillerie et des drones dans l'Artsakh, tuant quatre soldats de l'armée de défense. Les objectifs de Bakou sont clairs dans ce cas. L'Azerbaïdjan a transmis à l'Arménie et aux médiateurs le message que si l'Arménie n'acceptait pas les demandes de l'Azerbaïdjan à la table des négociations, il imposerait ces demandes sur le terrain", a averti M. Grigoryan.

M. Grigoryan pense que le deuxième message de l'Azerbaïdjan concerne son désir de désarmer l'armée de défense de l'Artsakh et que, apparemment, Bakou en a fait une condition préalable aux pourparlers. Ainsi, en déclenchant l'escalade, il a essayé d'attirer l'attention de tous sur cette question, après avoir planifié l'attaque par une campagne de désinformation accusant faussement l'armée de défense de l'Artsakh d'avoir ouvert le feu.

"Par ses actions, l'Azerbaïdjan délégitime, volontairement ou non, la médiation de Washington elle-même, ce qui est clair pour tout le monde. Le département d'État a publié une déclaration, mais son contenu était plutôt faible, car il appelait une fois de plus les deux parties à s'abstenir de toute provocation, alors qu'il est clair que c'est l'Azerbaïdjan qui a violé le cessez-le-feu. L'Azerbaïdjan utilise habilement le processus en cours sous médiation américaine. Bakou se rend bien compte que la partie américaine ne veut pas que le processus de paix échoue, mais qu'elle ne va pas non plus prendre des mesures unilatérales contre l'Azerbaïdjan", a déclaré M. Grigoryan.

Il a averti que les médiateurs devraient comprendre qu'il est inutile de parler de paix globale dans une telle atmosphère, et que si les médiateurs ne prennent pas de mesures préventives, l'Azerbaïdjan présentera ses demandes à l'Arménie avec force.

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, et le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Djeyhun Bayramov, ont tenu des négociations bilatérales du 27 au 29 juin au George Schultz National Foreign Affairs Training Center à Arlington, en Virginie.

Pendant leur séjour à Washington, ils ont rencontré le secrétaire d'État Antony Blinken et l'assistant du président et conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan.

Les ministres et leurs équipes ont continué à progresser sur le projet d'"accord de paix et d'établissement de relations interétatiques" bilatéral. Ils sont parvenus à un accord sur des articles supplémentaires et ont fait progresser la compréhension mutuelle du projet d'accord, tout en reconnaissant que les positions sur certaines questions clés nécessitent des travaux supplémentaires. Les deux ministres ont remercié les États-Unis d'avoir accueilli les négociations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et se sont engagés à les poursuivre.

La porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Ani Badalyan, a déclaré aux journalistes le 30 juin que les questions qui nécessitent encore un travail sont les questions de délimitation et le retrait des forces de la frontière, ainsi que les droits et la sécurité du peuple du Haut-Karabakh.

"L'une des questions concerne la délimitation, ce qui implique un engagement autour de la carte de 1975. L'autre concerne le retrait des forces de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Enfin, l'une des questions concerne le traitement en bonne et due forme des problèmes de droits et de sécurité du peuple du Haut-Karabakh dans le cadre d'un mécanisme international", a déclaré Mme Badalyan.

Manvel Margaryan

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